selon une étude, les critiques hommes sous-notent les films réalisés par des femmes

La preuve, s'il en fallait encore une cette année, qu'à tous les niveaux cette industrie est dominée par les hommes.

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juil. 23 2018, 9:50am

Image courtesy of A24. 

Récemment, le centre d’étude de la représentation des femmes à la télévision et au cinéma (Center for the Study of Women in Television and Film) publiait une étude démontrant que les critiques femmes avaient tendance à donner des notes plus hautes que les hommes aux films dont les premiers rôles sont féminins. Si ce n’est pas particulièrement surprenant, on peut se permettre de trouver ça déprimant en pensant au fait qu’il y a au moins deux fois plus de critiques hommes que de critiques femmes. En moyenne, les femmes notent à 74% les films avec des femmes en premiers rôles, quand les hommes leur donnent 62%.

L’étude, issue d’un programme de l’université de San Diego et qui est menée depuis 2007, dévoile également que les femmes sont plus à même de faire la critique d’un film réalisé par une femme, avec des femmes, et de mentionner les noms des réalisatrices en question.

Dr. Martha Lauzen, qui dirige le projet, expliquait dans une déclaration : « Ces déséquilibres de genre sont importants parce qu’ils ont un impact direct sur la visibilité des films réalisés par des femmes, ou avec des protagonistes femmes, tout comme la nature même des critiques qui leur sont adressées. » Les données de Martha Lauzen sont extirpées de quelque 4111 critiques écrites par 241 critiques pour la presse, la télévision et le web au printemps de cette année, et dont le travail est intégré dans le site de référence RottenTomatoes.com. Il est aussi noté que, sur les 32% des critiques femmes, 83% sont blanches (le pourcentage pour les hommes est similaire).

Dans une tribune écrite plus tôt cette année dans Variety Dr. Lauzen indiquait que « le pourcentage des femmes qui travaillent dans le cinéma est encore incroyablement bas. Pour preuve : le ratio femmes/hommes des postes clé en coulisses en 2017 était exactement le même, ou presque, qu’il y a vingt ans. »