© Jack Davison 

margaret howell, la jeunesse éternelle de la mode anglaise

À l'occasion de sa nouvelle campagne, la créatrice de mode s'est associée au jeune photographe Jack Davison. Des images (d'une beauté rare) à découvrir en exclusivité sur i-D.

|
juil. 26 2018, 8:35am

© Jack Davison 

Lorsqu’elle dessine ses silhouettes, la créatrice anglaise Margaret Howell rédige l’histoire de son pays au présent. La vision humble et imperturbable qu’elle développe et ajuste sans relâche depuis les années 1970 s'inspire du territoire qui l'a vue naître, son peuple et ses mythes. Derrière chacune de ses collections s’esquisse un portrait unitaire de l’Angleterre, une image juste. Et chaque campagne constitue pour elle l’occasion de rétablir la vérité de sa mode, de son temps, et de la jeunesse qu’elle habille et chérit, dans un geste simple et surtout sincère. À rebours de certaines campagnes de mode usuelles, trop grandiloquentes, presque bruyantes, la créatrice anglaise préfère rester réaliste et livrer des séries photographiques proches d'un registre naturaliste.

Pour cela, Margaret Howell sait très bien s'entourer : tout au long de sa carrière, elle a su faire confiance au regard de photographes tels que Bruce Weber, Venetia Scott, Alasdair McLellan ou encore Koto Bolofo. « J'aime collaborer avec des photographes qui comprennent mes valeurs. J'attache beaucoup d'importance à l'authenticité, au réalisme, au côté naturel des choses, à l'attention qu'un photographe porte aux détails, à sa façon d'éditer et la manière dont il est capable de poser un regard nouveau sur les traditions, nous a-t-elle expliqué. Les campagnes photo sont normalement tout sauf réalistes mais j'aime justement dépasser cette contradiction. Je prends du plaisir à suggérer mes idées aux photographes avec lesquels je travaille sans ne jamais les restreindre pour autant. C'est un travail collégial. »

C'est aussi tout près de la jeunesse que Margaret Howell a continuellement su développer son intuition. À chaque génération, elle consacre une nouvelle version de sa mode, presque inchangée mais toujours ré-alignée. Une attention toute particulière qu'elle applique également à la façon dont sont retranscrites visuellement ses collections et en portant son soutien à la nouvelle garde de la mode, de la création photographique ou musicale. « Il me semble très important d'encourager les nouvelles générations créatives et de leur transmettre mon expérience, nous confie-t-elle. Il m'est arrivé à de nombreuses reprises de conseiller des étudiants en art pour leur projet de fin d'étude. En tant qu'entreprise, nous participons et soutenons également le Ed Renshaw Music Award destiné aux jeunes musiciens du sud de Londres. »

Pour sa nouvelle collection, la créatrice a demandé au jeune photographe Jack Davison d’interpréter ses créations en image. L'aisance avec laquelle il manie le noir et blanc, la grâce de ses portraits, les lignes pures et droites qui traversent ses clichés et son esthétique indatable ont su contenter le regard avisé de Margaret Howell. À son sujet, la créatrice indique : « Plusieurs personnes m'ont recommandé Jack. J'ai toute de suite vu qu'il n'était pas seulement intéressé par l'exercice de la photo de mode mais qu'il était aussi soucieux du détail. J'ai été très touchée par ses portraits. Il était temps que je collabore avec un nouveau photographe et j'ai réalisé qu'il me fallait construire une nouvelle relation, une entente avec lui. » Et c'est en pleine campagne anglaise, à l'ombre des arbres qui touchent le ciel, que la créatrice et le photographe ont scellé leur toute première alliance et inscrit la mode dans une nouvelle éternité.

Photographie © Jack Davison