alice moitié a suivi myd (tout nu) sur un bateau de croisière

Le producteur français sort aujourd'hui un nouvel EP «All Inclusive» accompagné d'un livre photo. Pour fêter ça, il nous fait le don d'un clip hilarant réalisé par Alice Moitié – l'histoire d'une croisière d'été all inclusive.

par Micha Barban Dangerfield
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13 Octobre 2017, 10:07am

C'est l'histoire d'un été français sans fin. Enfin, celui dont on a rêvé mais qui n'est jamais arrivé. Comme pour soigner la blessure, Myd sortait il y a quelques jours un son de consolation, chaleureusement intitulé « The Sun ». Le premier titre d'un nouvel EP, All Inclusive, sorti aujourd'hui en solo sous l'écusson Ed Banger. Un ensemble solaire et estival, un tantinet plus analogue que ce à quoi nous avait habitué le producteur. « Je suis devenu obsédé par les guitares – un instrument avec lequel je n'avais jamais travaillé, nous a-t'il confié. J'aime faire des morceaux lumineux, solaire et dansant. Avec « The Sun » j'ai l'impression d'être allé jusqu'au bout de cet esprit positif. » Une aura phosphorescente qui s'accompagne malgré tout de quelques remous mélancoliques et rêveurs, parfaitement assumés par le compositeur parisien qui les décrit comme les sursauts d'un héritage à la française. « Je suis un producteur français donc il y a toujours une forme de mélancolie dans mes morceaux. De Michel Berger au Daft Punk, la France produit toujours des sons romantiques et mélancoliques. C'est pour ça que les étrangers nous envient. »

Comme son titre le suggère, All Inclusive est une forme de package rassemblant sons et images. Sa direction a été confiée à la photographe Alice Moitié qui signe l'iconographie du livre qui l'accompagne et le clip dont le duo nous fait le don aujourd'hui. « Artistiquement on a exactement la même vision. On adore travailler d'arrache pied pour mettre en forme une vision fun et lumineuse. » C'est précisément la sensation que renvoie cet EP et l'imagerie qu'il convoie. Alice Moitié a documenté les errances de Myd embarqué sur une croisière d'été. La vidéo démarre sur Myd déroulant un laïus en anglais (avec un accent français carrément insolent) à un journaliste imaginaire. On l'entend alors déblatérer sur le dureté de la vie, la perte de repères fondamentaux et l'importance du retour aux vraies choses. Une sorte de voyage introspectif un peu grotesque qui le mène jusque sur le ponton d'un bateau de croisière grand comme un immeuble. Là-bas il devient l'emmerdeur de service, coule des enfants dans la piscine, suit nonchalamment des cours de madison en plein cagnard, urine par dessus bord, dresse son majeur à des touristes qui ont le malheur de passer par là et provoque des bastons dans la discothèque du bateau avant de partir pour une ballade en segway.

On aurait pu y voir une forme de condescendance mais le producteur parle sans vernis de son « choix » de vacances : « Ce bateau peut incarner l'horreur du fait qu'il représente un tourisme de masse, propose tout un tas d'activités cheap et très premier degrés pour ne jamais laisser un minute libre pour la contemplation. En même temps, il y a ce plaisir coupable du « all inclusive » : même si tu détestes ça, t'es toujours content d'avoir de la bouffe de l'alcool et des petites activités toute la journée. Tu finis forcément par accepter et déconnecter. » Alors tentons de déconnecter aussi et de nous projeter dans le ventre azur de ce bateau de croisière infernal – avec Myd, bien sûr, contemplant le large dans son plus simple appareil.