caleb landry jones, le plus bel outsider d'hollywood

Remarqué lors de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, The Florida Project sortira bientôt sur nos écrans. L’occasion de rencontrer Caleb Landry Jones, l’un des acteurs principaux du film.

par Colin Crummy
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17 Août 2017, 10:10am

Cet article a initialement été publié dans i-D The Acting Up Issue, no. 349, Automne 2017.

Caleb n'a pas encore vu The Florida Project. « J'espérais que vous pourriez m'en parler » plaisante-t-il pas loin de Los Angeles. Pour qui ne le savent pas encore, The Florida Project est le deuxième film de Sean Baker après Tangerine, errance urbaine de deux trans entièrement filmée à l'iPhone 5 et réalisée en 2015. The Florida Project renoue avec les mêmes thèmes : une Amérique à la fois dépossédée et marginalisée. Mais cette fois, elle est vue à travers le regard de deux fillettes de six ans vivant sous le seuil de pauvreté près d'un parc bien particulier, celui de Walt Disney World à Orlando.

Immédiatement séduit par le scénario, Caleb s'est vite retrouvé à tourner en périphérie des parcs à thème en compagnie d'un acteur légendaire, Willem Dafoe. « Sean m'a dit "Viens découvrir la folie du monde derrière Disney World". Je suis arrivé dans un petit hôtel où se trouvait aussi Willem Dafoe. C'était complétement dingue ! » Avant de se retrouver dans un hôtel avec Willem Dafoe, Caleb a d'abord connu le calme de Twin Peaks, en travaillant avec David Lynch sur la troisième saison de la série. Comme nombreux d'entre nous, Caleb s'est d'abord montré perplexe face à l'énigme de la troisième saison. « Je ne sais toujours pas quoi en penser, réfléchit-il. J'en ai parlé avec d'autres personnes et nous ne sommes toujours pas arrivés à comprendre ce qu'il a fait. Ce qui est certain, c'est qu'il a réalisé quelque chose d'incroyable. »

S'il a toujours voulu être acteur, Caleb a grandi au Texas, bien loin des sirènes d'Hollywood et de l'industrie du cinéma. « C'était comme si rien n'existait réellement en dehors de mon environnement immédiat, dit-il. J'avais l'impression que tout ce qu'il y avait ailleurs n'était qu'un rêve. Ce monde existe à la télé, dans les conversations, les livres, les magazines. On se dit "Un jour je prendrai l'avion", "non je vais passer mon permis pour y aller" et puis ''Merde, en fait je peux y aller en marchant"». Il s'est donc rendu à L.A pour chercher du travail dans le cinéma. Comment ? « En voiture. Six mois plus tard, j'ai enfin pu prendre l'avion » lance t-il en riant.

En 2011, X Men : First Class, un prequel de la franchise de superhéros Marvel Comics, lui permet de découvrir l'ampleur de la machine hollywoodienne. Mais cela ne l'a pas empêché de s'engager dans des projets indépendants et d'incarner dernièrement un personnage particulièrement dérangeant, celui de Jeremy Ramitage dans Get Out, brillante satire de l'Amérique raciste signée Jordan Peele. Frère d'Alisson William, personnage principal au cœur du drame, il fait preuve du racisme douloureusement violent tandis que la famille Armitage se révèle bien moins courtois equ eprévu et que le film bascule progressivement dans l'horreur.

Caleb n'est pas de ces acteurs se plaisent à évoquer l'intériorité tourmentée d'un personnage. En fait, il ne veut surtout pas mystifier le jeu d'acteur. « Il y a quelque chose d'absurde dans le fait de jouer. Les acteurs sont des flemmards, souffle-t-il dans un rire. Un réalisateur vous demande de réciter quelques lignes de texte. Vous les dites. Il vous lance : "Non, c'est trop, dis-le de manière plus neutre." Vous le répétez à nouveau et puis vous passez à autre chose. C'est vraiment un boulot absurde ! »

Crédits


Texte Colin Crummy
Photographie Clara Balzary
Stylisme Caroline Newell
Coiffure Maranda de Lowe & Co. avec Oribe. Maquillage Sandy Ganzer de Forward Artists avec Milk Make-Up. Assistance photographe Robbie Corral. Assistance stylisme Robbie Corral.

Caleb porte une chemise MSGM, un jean Levi's et une ceinture Rose Bowl Flea.

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