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      mode i-D Staff 21 avril 2016

      i-D vous présente les 10 finalistes mode du festival d'hyères

      De la Suisse au Japon en passant par la Finlande, ils sont sélectionnés pour le prix mode de la 31ème édition du Festival de Mode et de Photographie d'Hyères.

      Jurmu Vartiainen

      Comment s'est initiée la collection que vous présentez cette année au festival ?
      On travaillait chacun sur nos propres projets quand on s'est mis à partager nos idées et nos matériaux. A l'époque on s'intéressait au mode de vie auto-suffisant, et on a découvert les idées de Lasse Nordlunds sur le travail, l'argent et l'énergie. Pour faire simple : une pelle est plus efficace qu'un bulldozer. Un groupe de performance qui s'appelle KILL nous a poussé à nous interroger sur les restrictions et les besoins. Que fait la mode, que doit-elle faire et pourquoi devrait-on s'en soucier… On a commencé à regarder de près ce que l'environnement pouvait nous offrir d'idées et matériaux. David Hockney et ses idées sur la concentration du temps et de l'espace nous a mené à repenser la présence de l'environnement dans les vêtements ? Pas seulement pour illustrer un avis mais aussi pour montrer une réalité, brute.

      Que voulez-vous montrer, ou représenter ?
      On montre la forme brute et concrète de l'espace et du temps. La collection a quelque chose d'un peu controversé : dans le même temps elle recherche ce qu'il est bon de faire et elle échoue à montrer quoi que ce soit de robotique et conditionné.

      Vous pensez que la mode doit être politique ?
      Bien sûr. Et c'est le cas.

      Quel message voulez-vous faire passer ?
      Arrêtez-vous et pensez aux racines. Ce qu'est votre culture, où elle est et où elle veut aller. On devrait s'occuper de la manière qu'a la mode de nous traiter, pas l'inverse.

      Que pensez-vous de la crise que traverse le monde de la mode en ce moment ?
      La ségrégation de genre est has-been. L'industrie de la mode va bien trop vite pour l'environnement. Elle devrait penser à minimiser la contamination et maximiser les effets positifs. Nos collections arrivent, et nous allons devoir nous reconditionner, pas seulement pour résister mais pour prendre conscience et opérer de la bonne manière.

      Que représente Hyères pour vous ?
      C'est l'occasion de rencontrer du monde et d'échanger de l'information. Un endroit où l'on peut voir et montrer différentes manières d'appréhender la mode. Aujourd'hui j'ai entendu quelqu'un dire que le festival était plus "hippie" avant, qu'il a grossi et doit maintenant faire avec beaucoup plus de personnes et gérer leurs besoins. Le festival n'est plus capable de se maintenir seul, comme avant. En même temps, il touche un public plus large que jamais. Hyères est une entité puissante, capable de générer du changement.

      Laure Boned

      Comment as-tu commencé à travailler sur la collection que tu présentes au festival ?
      La collection que je présente est en grande partie la collection que j'ai présentée pour mon diplôme à la Head Genève en juin 2015. Avec le recul pris depuis l'obtention de mon diplôme, j'ai actualisé la collection et ajouté des pièces pour la présenter au festival. 


      Que représente-t-elle ?
      Il était important pour moi, lors du développement de cette collection, de trouver le processus de création qui corresponde le mieux à ma personnalité et à ma manière de fonctionner. Utiliser l'accident comme inspiration principale était pour moi un moyen de mettre au point les principes de base de mon fonctionnement en tant que designer. J'utilise un processus de création intégrant l'erreur, la spontanéité et l'inattendu. C'est important pour moi de pouvoir présenter à la fois mon esthétique mais aussi ma manière de travailler.

      Penses-tu que la mode se doit d'être politique ?
      Je pense que la mode peut être politique mais ne "doit" pas l'être. La mode est un médium qui est forcément revendicateur d'une idée, qu'elle soit esthétique, politique, sociale ou d'ordre ethnique, etc. Le plus important est de respecter autant l'idée que l'on choisit de porter un vêtement avant tout parce qu'il nous met en valeur mais qu'il peut aussi véhiculer, porter un message politique. Le plus important pour moi c'est d'avoir une culture dans le domaine du design mode qui te laisse le choix de ce que tu veux revendiquer à travers le vêtement, peu importe le degré de "sérieux" associé.

      Quel est le message que tu souhaites faire passer ?
      Ma collection est une retranscription de mon esthétique personnelle et d'une certaine manière de fonctionner dans la construction d'un vêtement. Je pense qu'il est important de pouvoir aussi se démarquer dans le processus de création et pas seulement sur le produit fini. Les vêtements de ma collection sont tous confortables et le fait d'être bien est pour moi quelque chose de très important. Cela n'empêche pas le vêtement d'être sculptural.

      Que penses-tu de la crise que l'industrie de la mode traverse aujourd'hui ?
      Je pense qu'elle reflète une nouvelle manière qu'a l'humain d'évoluer, et ses besoins. Il est naturel que la mode soit aussi touchée par une crise aussi globale que celle que l'on connait en ce moment. L'humain a besoin de changement et d'évolution, des systèmes établis ne peuvent pas fonctionner et perdurer éternellement puisque l'humain et sa manière de fonctionner et de consommer évolue constamment.

      Que penses-tu de la vision de Julien Dossena chez Paco Rabanne ?
      J'aime la modernité qu'il apporte tout en conservant et respectant l'image de la maison Paco Rabanne. Je suis toujours très respectueuse du savoir faire et des principes " traditionnels " des maisons qui ont déjà un passé comme Paco Rabanne. De fait, je suis toujours interpelée par ces confrontations d'hyper modernité un peu "futuriste et sport" confrontée à l'univers de la maison Paco Rabanne.

      Que représente le festival de Hyères pour toi ?
      Le festival est pour moi une occasion incroyable de pourvoir montrer mon travail à des professionnels et aussi de pouvoir travailler avec ces professionnels. Aussi tôt dans mon parcours, c'est une chance inouïe.

      Quel est ton souhait pour 2016 et le futur ?
      Réussir à pouvoir vivre de ma passion et développer le plus de projets professionnels...

      Clara Daguin

      Comment s'est initiée la collection que tu présente cette année au festival ?
      Tout à commencé par ma fascination pour la manière que nous avons d'interagir et de dépendre de la technologie. Cette lente mais certaine fusion entre le naturel et le synthétique.

      Que veux-tu montrer, ou représenter ?
      Que le progrès technique apporte une certaine conformité. Je veux créer des fenêtres qui montrent la relation ambiguë que nous avons avec la technologie. Nos uniformes, à l'extérieur, sont faits pour révéler la machinerie interne de nos corps, ni humains ni ordinateurs, mais plutôt une sorte d'hybride entre-deux. Le travail à la main et les éléments techniques convergent pour créer des broderies qui comprennent le corps, matérialisant ses canaux en des pulsations de lumière.

      Tu penses que la mode doit être politique ?
      Si les vêtements sont une réflexion ou un avis sur la société, ils deviennent naturellement politique. Je pense que c'est ce qui rend la mode aussi excitante.

      Quel message veux-tu faire passer ?
      Avec cette croissance exponentielle de la technologie de l'information, il est important de garder une main au sein de ce processus évolutif.

      Que penses-tu de la crise que traverse le monde de la mode en ce moment ?
      Une crise n'est pas forcément quelque chose de négatif. C'est une chance d'innover et d'inventer de nouveaux modèles de création et de production. On voit la mode évoluer, et c'est notre boulot de s'adapter et de pousser l'industrie dans de nouvelles directions.

      Que penses-tu de l'approche de Julien Dossena à Paco Rabanne ?
      Je pense que c'est frais, que ça se porte très bien, et qu'il est très malin dans sa manière de glisser des références aux codes originaux de Paco Rabanne.

      Que représente Hyères pour toi ?
      C'est une expérience, l'occasion de rencontrer des gens incroyables, d'avoir un retour sur une collection.

      Que peut-ton te souhaiter pour 2016 et le futur ?
      De continuer ce projet, de collaborer avec des ingénieurs et d'autres créatifs, et de prendre part à la transformation de la crise en une évolution positive. 

      Rolf Ekroth

      Comment t'es venue l'idée de cette collection que tu présentes aujourd'hui à Hyères ?
      J'ai regardé beaucoup de documentaires sur le sport réalisés par ESPN. Après avoir regardé "June 17th 1994" de Brett Morgens, j'ai tout de suite eu envie de m'en inspirer pour une collection. Ce jour a tellement d'importance d'un point de vue sportif, car beaucoup d'événements s'y sont déroulés, à l'ombre, parce qu'ils ont été effacés par la course poursuite entre la police de Los Angeles et O.J Simpson le même jour. Cette histoire est dramatique, elle a été très médiatisée, théâtralisée comme une pièce de Shakespeare. Les références en matières de style sont excellentes, aussi. Je me suis inspiré des maillots de sport de l'époque pour façonner ma collection.

      Quel est le message que tu comptes faire passer à travers tes créations ?
      J'aime l'idée que cette collection ait une histoire forte derrière elle. A la fin de la journée, ce n'est qu'une collection de vêtements mais l'histoire qui m'a mené à leur réalisation est inspirante. Cette toile de fond offre une seconde vie aux vêtements, elle leur donne de la consistance, une valeur ajoutée. J'aime aussi les tissus techniques, les matières improbables.

      La mode, en 2016, tu penses qu'elle peut/doit être politique ?
      Elle peut oui, mais ce n'est pas évident. Pour moi, la démarcation entre une vraie ambition politique et l'exploitation de la misère des autres n'est pas simple, dans la mode. Je crois aussi que les voix les plus entendues ne sont pas toujours les plus grandes ni les plus fortes. Et c'est dommage.

      Qu'est-ce que tu penses de la crise que vit l'industrie de la mode en ce moment ?
      J'aimerais qu'elle puisse permettre aux gens de s'investir à fond dans leurs vêtements. Qu'ils arrêtent de penser en termes de quantité et plus en termes de qualité. Un vêtement est un objet précieux, il faut pouvoir l'aimer et le porter longtemps.

      Qu'est-ce que tu penses de la vision de Julien Dossena à Paco Rabane ?
      J'étais, et je suis toujours un grand fan du Balenciaga de Ghesquière. Julien a travaillé longtemps avec lui avant de partir de chez Balenciaga. Aujourd'hui, sa vision chez Rabane est un vent de fraicheur, cool, futuriste, hyper dans son temps.

      Et du Festival de Hyères ?
      C'est une super opportunité. Elle vient me rappeler que je suis dans la bonne voie. c'est très important de se remettre en question et de douter de son travail mais la reconnaissance l'est tout autant. Je n'aurais pas pu rêver mieux que d'être sélectionné au festival de Hyères. C'est une très belle récompense.

      Qu'est-ce que tu espères, pour 2016 ?
      Je suis hyper excité à l'idée de travailler sur ma nouvelle collection. J'ai déjà designé la plupart des pièces. J'espère avoir plein de propositions et d'options dans le futur. 

      Kurosawa

      Comment as-tu initiée la collection que tu présentes cette année au festival ?
      Je vivais à Helsinki pour mes études. Le climat, la neige, et les hivers sombres m'ont déprimé. C'était assez inattendu. Du coup, j'ai voulu transférer cette expérience chargée en émotion en une collection. Je me suis dit que ça pourrait être unique et original.

      Qu'est-ce que tu veux montrer, ou représenter ?
      C'est le climat enneigé et les hivers sombres de la Finlande qui m'ont inspiré cette collection. Les effets que cela a eu sur moi sont très visibles dans la collection Winter Melancholy, où l'on voit un ciel dégagé que j'ai désespérément attendu des paysages montagneux de pics enneigés transparaître dans des pièces très larges, agrémentées d'éléments surréalistes et d'esthétique japonisante.

      Tu penses que la mode doit être politique ?
      Je n'ai jamais pensé qu'elle devait l'être. Je ne pense pas, non. Être trop alerté par la politique peut limiter la créativité. En tout cas, en tant que créatrice de mode, je veux garder l'esprit libre pour pouvoir produire quelque chose d'unique.

      Quel est ton message ?
      Il faut cultiver l'intangible. Cette collection correspond à une réalité alternative tout droit sortie de mon esprit.

      Que penses-tu de la crise que traverse le monde de la mode en ce moment ?
      Il n'y a plus de successeurs dans la technique et l'artisanat. C'est l'avènement de la mode rapide.

      Que penses-tu de l'approche de Julien Dossena à Paco Rabanne ?
      Il a hérité de l'esprit et de l'esthétique de Paco Rabanne, mais a su revitaliser le tout avec une approche unique et innovante. Il a ressuscité et renforcé Paco Rabanne. J'ai beaucoup de respect pour lui.

      Que représente le festival de Hyères pour toi ?
      Un endroit où je peux afficher ma création aux yeux de beaucoup de gens. J'aime beaucoup l'atmosphère et les gens qui peuplent ce festival.

      Que peut-on te souhaiter pour 2016 et le futur ?
      Etre créatrice de mode est mon rêve de gosse, depuis que j'ai 10 ans. Et là, alors que je viens juste d'être diplômée, je suis sélectionnée en tant que finaliste au festival de Hyères. Mon rêve devient réalité. Pour 2016 et le futur, j'aimerais trouver un endroit qui me permette au maximum de mettre en valeur mon expérience. 

      Svart

      Comment s'est initiée la collection que tu présente cette année au festival ?
      Ça a commencé à la bibliothèque du Royal College of Art. Je me suis plongée dans la section sculpture et j'ai ressenti une forte attirance pour les travaux abstraits de Barbara Hepworth. Mon travail à moi tend souvent vers l'organique, la douceur, la rondeur, et un sentiment de connexion m'a poussé à rechercher davantage sur ce terrain-là. Eduardo Chillida m'a également inspiré, avec ses travaux très graphiques et ses textures. En passant directement de l'inspiration à l'expérimentation assez libre sur mannequin, j'ai établi plusieurs manières d'exprimer et de transformer le langage abstrait des sculpteurs en une création de mode. J'ai commencé très large, pour resserrer mon propos vers cette collection présentée à Hyères, FormFlow.

      Que veux-tu montrer ou représenter ?
      Avec cette collection, je veux démontrer que l'interprétation peut très bien faire communiquer différents éléments, et qu'en passant par des découpes et une gestion de la gravité, des formes graphiques et géométriques peuvent être transformées en quelque chose de plus naturel et organique. Je voulais aussi montrer qu'une création sculpturale, qui peut être ressentie comme solide, fixe et immobile, peut devenir fluide et tendre si on lui ajoute du mouvement. Il y a une logique intuitive dans le fait que nous avons la capacité de créer des objets aux formes géométriques qui ne peuvent pas être trouvés dans la nature, mais qui au contact des forces de la nature et du temps seront toujours transformés en des formes plus rondes. Je trouve cela intéressant, comme nous nous représentons souvent deux faces d'une même pièce ; masculinité, féminité ; stabilité, flux, etc.

      Penses-tu que la mode doit être politique ?
      Toute chose contient un message politique, consciemment ou inconsciemment. Ce que tu créés émane toujours de tes propres impressions, tes propres choix et opinions qui émanent eux-mêmes de la société, sujette à l'acte politique. En tant que femme, venant de Suède, un pays au première loges du combat pour le droit des femmes, je pense que c'est important que les femmes puissent s'exprimer librement. Je veux que mes vêtements représentent les femmes fortes et je réalise que je peux créer à l'attention d'un certain type de femmes qui ne sont pas forcément acceptées partout dans le monde.

      Quel message veux-tu faire passer ?
      Les femmes doivent être confiantes et à l'aise dans leur affirmation de leur féminité, qu'elles soient parfois fragiles ou qu'elles en fassent justement une force. Avec mon travail je m'adresse à des femmes très affirmées, et j'encourage les femmes en général à avoir confiance en elles, en qui elles sont vraiment, sans n'être jamais limitée par la pression des hommes ou d'autres femmes.

      Que penses-tu de la crise que traverse le monde de la mode en ce moment ?
      Il y a sans aucun doute une énorme pression pour que l'industrie de la mode change. Et cela à cause d'un rythme de plus en plus effréné, nourri par l'immédiateté des nouvelles technologies. La pression du temps laisse moins de place pour accomplir plus, la durée de vie des produits est significativement réduite, la demande du public est devenue immédiate et cela a chamboulé les modes de production et de distribution. On a vu un tas de créateurs quitter leur maison après de très courts mandats, comparé à avant. Comme dans beaucoup d'autres domaines, on arrive forcément à un moment à une situation pivote où le changement est nécessaire. Rien ne doit rester statique pendant trop de temps. Je n'ai pas encore pénétré cette industrie, mais après mon diplôme, je participerai à ce changement d'une manière ou d'une autre. On ne sait pas trop ce qu'il en sortira, et on voit trop souvent le changement comme quelque chose de négatif, bien que ce ne soit pas nécessairement le cas. Le changement crée de nouvelles opportunités.

      Que penses-tu de l'approche de Julien Dossena à Paco Rabanne ?
      Je la trouve intelligente, fraîche et logique. Avec le nombre de marques qui ont dû gérer le départ de leur fondateur, le rythme beaucoup plus rapide, et l'émergence de nombreuses nouvelles marques, c'est intelligent et courageux de choisir de rajeunir l'héritage d'une telle marque tout en conservant la philosophie plus que l'esthétique traditionnelle de son fondateur. De la même manière que le design de Paco Rabanne était avant-gardiste à son époque, il semble logique que la maison soit encore aujourd'hui en première ligne d'une forme de modernité, en travaillant de nouveaux matériaux et des collections au design cohérent.

      Que représente le festival de Hyères pour toi ?
      Une plateforme rare et précieuse pour les talent émergents qui souhaitent allier la force d'une création artistique libre pour exprimer ce qu'ils veulent, une expérience universitaire et les ressources et une scène digne de l'industrie commerciale, sans les contraintes habituellement imposées par le marché. En tant que participante, je me sens privilégiée en recevant autant de soutient des professionnels de l'industrie et des compagnies partenaires du festival, ainsi que les conseils compréhensifs de l'équipe du festival. Il ne faut pas sous-estimer l'importance d'un tel événement, quand il y a tant d'étudiants sortant de l'université chaque année avec l'espoir de s'établir dans la mode. Mais Hyères est aussi un énorme rassemblement de professionnels de la création issus de différentes disciplines, regroupés dans ce beau village pour entretenir ou créer de nouvelles collaborations, monter des expositions, de nouveaux projets et affiner son réseau.

      Que peut-on te souhaiter pour 2016 et le futur ?
      En juin prochain, je vais être diplômée du Royal College of Art MA Fashion Womenswear. Après sept années d'études et de stages, j'ai maintenant hâte d'entamer une longue période passée à bosser sur ma propre marque, ou en tant qu'employée dans une marque existante. Ce diplôme va changer beaucoup de choses pour moi. Tout sera nouveau, et j'ai l'impression que tout est possible et qu'un tas d'opportunités vont se présenter. A la mi-2016, une ère se terminera, une nouvelle s'ouvrira. Cette transition m'excite énormément, je suis pressée d'entamer une nouvelle collection, pour moi ou quelqu'un d'autre.

      Mukai

      Quelle était l'idée derrière la collection que tu présentes à Hyères aujourd'hui ?
      Depuis que j'ai découvert qu'on pouvait renverser la vision classique d'une lycéenne japonaise en uniforme pour lui donner une dimension nouvelle, je ne m'arrête plus de créer.

      Peux-tu décrire ta collection en quelques mots ?
      Une fusion entre la culture traditionnelle japonaise et l'élégance européenne. Un esprit jeune dans une coupe classique.

      Penses-tu que la mode peut être politique ?
      De manière générale, les créateurs ont tendance à refléter, dans leurs vêtements, leur humeur du moment. Les gens choisissent ces vêtements car ils se reconnaissent dans ce même état d'esprit. Vu comme ça, la mode a forcément un ethos politique, qui rassemble.

      Quel est le message qui ressort de ta collection ?
      Enjoy :)

      Qu'est-ce que la crise au sein de l'industrie de la mode peut apporter aujourd'hui ?
      Une prise de conscience globale et une manière de traiter le produit fini avec amour et délicatesse.

      Que penses-tu de la vision de Julien Dossena à Paco Rabanne ?
      J'admire l'idée qu'il a eu de conserver l'esprit futuriste de l'enseigne pour l'adapter à une fille moderne et dynamique.

      Et le Festival de Hyères ?
      Il me donne une chance et une opportunité de réaliser mes rêves.

      Tu as un rêve en ce moment ? 
      Finir mes études et trouver du boulot ! 

      Tominaga

      Quelle était l'idée derrière la collection que tu présentes à Hyères aujourd'hui ?
      Au départ, j'étudiais le design textile à la Saint Martins. Et j'ai choisi de m'inscrire à un cours de recherche graphique : c'est là que je me suis intéressée aux différentes textures, matières et imprimés qui complètent aujourd'hui ma collection.

      Peux-tu décrire ta collection en quelques mots ?
      J'avais envie de brouiller les frontières du genre, jouer sur l'ambiguïté à l'aide des motifs et imprimés. 

      Penses-tu que la mode peut être politique ?
      Pas directement non. Mais j'espère qu'elle peut aider quelqu'un à agrandir son champ de vision, à changer d'avis sur le monde.

      Quel est le message qui ressort de ta collection ?
      Je n'ai pas de message à faire passer. Sinon celui de brouillage des frontières et du jeu entre différentes matières que j'explore dans ma collection.

      Qu'est-ce que la crise au sein de l'industrie de la mode peut apporter aujourd'hui ?
      Elle peut nous faire prendre conscience que notre soif de consommation est permanente et inutile.

      Que penses-tu de la vision de Julien Dossena à Paco Rabanne ?
      C'est un Paco Rabanne éminemment dans l'air du temps !

      Et le Festival de Hyères ?
      Un héritage, une fraicheur inégalée, une élégance particulièrement remarquable.

      Tu as un rêve en ce moment ?
      Devenir un créateur indépendant ! 

      Clementine Küng

      Comment s'est initiée la collection que tu présente cette année au festival ?
      Ce sont d'abord les cartes postales envoyées par les soldats durant la Première Guerre Mondiale qui m'ont inspiré. Ils se tenaient debout, des fleurs à la main, dans une mise en scène un peu vieillotte. J'aime aussi beaucoup le cool des skateurs californiens des années 1970. Ma troisième source d'inspiration, ce fut un portrait de l'artiste canadien David Altmejd. J'ai donc décidé de mélanger des habits militaires - comme des manteaux ou des pantalons, imposés codifiés, agrémentés de détails fonctionnels - avec des vêtement plus simples, plus relax, portés par les skateurs des années 1970. J'ai bossé de manière expérimentale, par association, en rattachant des morceaux de vêtements ensemble, les assemblant pour obtenir, comme l'a fait David Altjmed, une nouvelle identité construite d'éléments disparates.

      Que veux-tu montrer, ou représenter ?
      Mon but avec cette collection était de trouver une manière de définir et de mettre en forme le « cool ». Mais c'était aussi l'occasion d'imaginer d'autres possibilités et d'autres formes pour des pièces et accessoires masculins.

      Tu penses que la mode doit être politique ?
      J'ai l'impression que la mode est politique malgré elle. En tant que designer, on partage une vision à travers ce qu'on propose, c'est une manière de prendre position. De plus, la mode a toujours été influencée par le contexte et les événements historiques, économiques, politiques. Elle reflète d'une certaine manière les changements qui s'opèrent dans la société, parfois en s'en inspirant, parfois en prenant le contrepied, en utilisant le vêtement comme étendard.

      Quel message veux-tu faire passer ?
      Ramener un peu de cool dans la mode. La faire bien mais sans la prendre trop au sérieux.

      Que penses-tu de la crise que traverse le monde de la mode en ce moment ?
      Si tu parle de calendrier de la mode, je pense qu'il serait bon de s'arrêter un moment pour se demander : ok, c'est quoi le projet ? Parce que parfois, quand tout va trop vite, tu oublie pourquoi tu fais ce que tu fais. Dans la mode en ce moment, on est dans une véritable frénésie, et on a peut-être atteint le point de rupture…

      Que penses-tu de l'approche de Julien Dossena à Paco Rabanne ?
      J'aime comme il a pris l'ADN de Paco Rabanne pour le distiller dans ses collections saison après saison. J'aime beaucoup la silhouette féminine, fait de petits détails de coupe subtils et de références sportswear.

      Que représente Hyères pour toi ?
      Un endroit unique où je peux me mesurer à d'autres créateurs dans un contexte hors-scolaire et rencontrer des professionnels du milieu de la mode mais pas seulement. Et c'est également une opportunité de montrer son travail à un large public et gagner en visibilité.

      Que peut-ton te souhaiter pour 2016 et le futur ?
      Très pragmatique : un job... et dans la mode!

      Shohei Kinoshita

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      Tags:mode, festival de hyères, 10 finalistes, shohei kinoshita, clementine küng, tominaga, mukai, svart, kurosawa, rolf ekroth, clara daguin, jurmu vartiainen

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