7 films coréens à regarder dès que possible

"Parasite" est un phénomène mondial, mais la formidable créativité coréenne en matière cinématographique n'est plus à démontrer depuis longtemps.

par Kristen Yoonsoo Kim
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21 Février 2020, 5:52pm

Il est désormais bien connu que la Corée du Sud est la source de certains des films les plus inventifs de ces vingt dernières années. Avec la reconnaissance internationale d'artistes tels que Park Chan-wook (réalisateur du fameux Old Boy) et Bong Joon-ho (auteur du plus récent Parasite, dont plus personne ne peut s'empêcher de parler, y compris Trump), le cinéma coréen de la nouvelle vague s'est fait un nom pour un certain genre cinématographique acerbe, qui mélange admirablement l'art et la culture, tout en opérant une critique sociale et politique particulièrement caustique.

Étonnamment, la Corée du Sud a dû attendre Parasite pour enfin remporter les plus prestigieuses récompenses internationales. Mais l'inventivité foisonnante du pays n'est en rien nouvelle. Voici une liste de sept films, parmi d'autres chef-d'oeuvres, à ajouter à votre liste de "must watch", si vous réussissez à mettre la main dessus.

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Le Jour où le cochon est tombé dans le puits (1996)

La filiation sud-coréenne du réalisateur français Éric Rohmer prend sa continuité dans l'oeuvre de Hong Sang-soo, ce cinéaste à la fois prolixe et elliptique qui, depuis quelques années, a enchaîné des années prolifiques aux multiples sorties. Ses détracteurs le trouveront trop répétitif, tandis que ses fans diront qu'il ne cesse d'approfondir les thèmes qui le tourmentent : l'amour, le regret, les rechutes, l'infidélité, etc. Ses débuts en 1996, qui abordaient la vie quotidienne des gens vivant des relations de couple délicates, peuvent sembler peu ambitieux pour ceux qui sont davantage habitués à sa récente filmographie, faussement légère. Mais les préoccupations de l'auteur, en particulier celles autour du concept de romance moderne, sont déjà bien présentes dans ce film, tout comme les scènes de consommation excessives d'alcool et les séquences oniriques (souvent cauchemardesques) qui bouleversent les conventions narratives. A souligner : il s'agit du premier film de la star de Parasite, Song Kang-ho.

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Art Museum By the Zoo (1998)
Ce film de Lee Jeong-hyang est une comédie romantique qui pourrait sembler assez classique, et qui évoque la nostalgie des années 90. Le couple dont il est question part du mauvais pied, et le spectateur moderne ne manquera pas de remarquer à quel point l'homme peut-être envahissant et toxique. De retour de l'armée, Chul-su (Lee Sung-jae) arrive à l'appartement de sa petite amie pour découvrir qu'elle a plié bagages et que son ancienne demeure est sous-louée par une cinéaste de mariage, Chun-hi (Shim Eun-ha), qui immortalise des heureux événements afin de payer son loyer, mais qui passe tout son temps libre à travailler sur un scénario de comédie romantique. Partant du principe qu'il avait l'habitude de squatter dans cet appartement, Chul-su prend possession du lit de son ancienne fiancée avec le consentement plus que discutable de sa nouvelle occupante. Une fois cette relation ainsi lancée, les chamailleries entre les deux - alors qu'ils commencent à collaborer sur le scénario - vont devenir irrésistiblement mignonnes.

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Christmas in August (1998)
Egalement sorti en 1998, ce film d'amour de Hur Jin-ho partage la même actrice principale, Shim Eun-ha, que Art Museum by the Zoo. (De même qu'en 1999, Julia Roberts était à l'affiche à la fois de Coup de foudre à Notting Hill et de Just Married, incroyable). Ce mélodrame qui vous fera couler beaucoup de larmes est en fait l'adaptation coréenne du roman de Nicholas Sparks, Les pages de notre amour, qui sera cinématographiquement adapté aux Etats-Unis sous le titre de N'oublie jamais (avec Ryan Gosling et Rachel McAdams). Shim's Da-rim tombe ainsi sous le charme de Jung-won, propriétaire d'un studio de photos, incarné par Han Suk-kyu (le Hugh Grant coréen !). Entre eux, non seulement des photos sont développées, mais surtout des sentiments. Mais lorsque Jung-won apprend qu'il souffre d'une maladie en phase terminale, il décide de subitement disparaître afin de rendre leur adieu moins douloureux et il va se cacher pour l'observer de loin et s'assurer qu'elle poursuit sa vie de manière heureuse. Tout cela est absolument bouleversant à voir. Assurez-vous d'avoir des mouchoirs près de vous.

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Memories of murder (2003)
Avant Parasite, le réalisateur Bong Joon-ho s'est inspiré d'un vrai crime pour son drame policier qui a provoqué son éclatante irruption sur le devant de la scène artistique coréenne. Comme dans Parasite, les pêches jouent un rôle, mais ici d'une manière encore plus poignante. Acteur principal de Parasite, Song Kang-ho incarne, dans ce film, un détective un peu plouc, qui enquête sur une affaire a priori trop compliquée pour lui - les premiers meurtres en série de Corée. Il va se confronter à un enquêteur bien plus expert, arrivant de Séoul ,qui intervient pour l'aider. Alors que le meurtrier semble les narguer, les deux officiers, aussi têtus qu'exaspérés, se lancent dans une course contre la montre, afin d'empêcher le prochain meurtre et de retrouver le serial killer local.

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My sassy girl (2001)
Oubliez le remake américain de 2008 avec Elisha Cuthbert et Jesse Bradford. La version coréenne est bien le film à voir, et il s'agissait à l'époque de la comédie la plus populaire du pays. Ceux qui connaissent le film original, ou le déroulement du film, admettront donc que "insolent" (sassy) est un doux euphémisme. Jun Ji-hyun (l'une des plus grandes célébrités coréennes) joue le rôle d'une créature maniaque du type "fille que l'on croise dans les cauchemars", et qui passe tout le film à humilier le personnage principal masculin. Le film est basé sur une série de billets de blog qu'un homme a écrits sur sa petite amie, et qui furent adaptés plus tard en roman.

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Joint Security Area (2000)
Peut-être le film le plus sobre de Park Chan-wook, le réalisateur de Old Boy, mais il apparaît non moins passionnant. Ce thriller avec Song Kang-ho se déroule dans la Zone Démilitarisée (la DMZ pour les intimes), parle de soldats de la Guerre de Corée, de cadavres dont les balles n'ont pas été retrouvées et d'un gradé suisso-coréen neutre (Lee Yeong-ae, star de Lady Vengeance de Park) qui tente de percer des mystères. À travers des flashbacks, le film révèle des amitiés et des trahisons inattendues, rendant le film encore plus déchirant et compliqué qu'il n'y paraît à première vue.

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Rainbow Trout (1999)
Tant de films ont abordé la thématique de tentatives de camper dans les bois qui ont mal tourné... Rainbow Trout de Jong-won Park, qui n'a rien d'un film d'horreur mais qui est profondément angoissant, parvient à surprendre constamment. Cinq habitants de Séoul (deux couples et la jeune soeur d'une des femmes) partent ensemble en retraite à la campagne, et leur court séjour tourne au cauchemar lorsque des scandales d'infidélité sont révélés, que des désirs lubriques sont mis à exécution et que les chasseurs locaux commencent à harceler le groupe. Les choses deviennent particulièrement délicates lorsqu'un voyou local s'intéresse à la sœur cadette.

Cet article a été publié sur i-D UK.

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