​on vous présente les nouvelles parisiennes

​Elles crient, dansent, rient. Belles, fortes et indépendantes, on vous présente les filles Wanda Nylon : ou comment réinventer la féminité française.

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oct. 2 2015, 2:45pm

Nous avons parlé quelques minutes avec la créatrice Johanna Senyk le lendemain de la présentation de sa collection printemps été 2016. En vrac ont été évoqués, ses inspirations, son casting et son amour pour les filles, les vraies. Petite leçon d'attitude.

"J'ai lu que Karl Lagerfeld avait dit 'voyez la vie en rose mais n'en portez pas!' C'est n'importe quoi franchement. Ça me dépasse ce genre de truc. Pourquoi faudrait-il qu'on pense rose ? Pourquoi on ne peut pas juste en porter, tranquille ?" Johanna est hilarante et ne mâche pas ses mots. Sa vision de la femme est extrêmement moderne, mais ne se construit pas pour autant en opposition : "Moi je suis 'anti-rien du tout'. Celles qui veulent porter des petites robes à fleurs font bien ce qu'elles veulent. Je trouve juste que les vraies meufs ne sont pas assez représentées."

Alors, elles ressemblaient à quoi les "vraies meufs" de Wanda Nylon ? Jeunes, moins jeunes, hétéros, lesbiennes, crâne rasé, cheveux longs, peu importe. Elles étaient là, souriantes, sautillantes presque - qui a dit que les françaises étaient blasées ? "Tu vois mes filles moi je les aime toutes. Elles sont belles et pleines de force. À la fin du défilé, elles sont allées chercher du champagne à l'épicerie du coin et ont bu à la bouteille. Elles sont celles qu'on rêve tous d'avoir dans sa poche, amoureuse, amante ou amie." La femme Wanda Nylon est libre et punk. En fait, elle se moque des convenances : "On peut être sexy sans avoir les seins dans l'assiette ou porter une jupe trop courte. Une femme peut être chic et fumer des clopes assise par terre."

Une spontanéité et une liberté à l'image de la créatrice, et de son défilé. Son show s'est déroulé à l'Elysée Montmartre, en travaux où elle tirait l'électricité du bâtiment d'à côté. "J'en avais marre des lieux bourgeois. Je voulais un truc roots et industriel. Et puis j'ai adoré voir des ouvriers regarder mon show à côté des pontes de la mode.

Credits


Texte Micha Barban-Dangerfield
Photographie Shoji Fujii