on vous présente nsdos, le meilleur hacker de la techno française

L'artiste, musicien, danseur le plus hybride de l'hexagone partage son nouveau clip, Money Exchange, en exclusivité sur i-D.

par VICE Staff
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15 Mai 2016, 7:05pm

Vous n'avez pas fini d'entendre parler de NSDOS. Vos enfants et petits-enfants non plus d'ailleurs. Oui, parce qu'en fait, cet artiste français est en train d'écrire le futur de la techno. Kirikoo Des de son vrai nom, s'est créé un univers musical hybride en s'entourant de petites machines et instruments qu'il a lui même bidouillés, modifiés, malmenés. Geek, chaman ou thaumarturge 2.0, ce danseur de formation injecte de nouvelles sonorités dans le paysage de la techno française et internationale en mariant tout un tas de références : de la danse traditionnelle japonaise Buto, à des sons parfois Métal en passant par des nappes industrielles, son univers musical est à son image - hybride et inclassable. Mais sa techno se veux réelle aussi. NSDOS emprunte des sons, des algorithmes aux choses qui l'entourent en posant des capteurs sur des arbres, des insectes, le public en transe - un peu partout où il passe. Il interagit constamment avec ce qui l'entoure et fait de sa techno une interprétation du ready-made. Imaginez donc un adepte de Marcel Duchamp derrière des platines. Vous avez le tableau.

Aujourd'hui, NSDOS sort un nouveau clip, un tour du monde pixélisé de quelques minutes, en exclusivité sur i-D. Pour fêter ça, nous avons rencontré le démiurge français pour parler techno, machines et insectes. Rencontre.

Tu crées tes propres algorithmes, bidouilles des puces, inventes de nouveaux sons. Parles-nous de ton côté DIY.
Je n'invente rien, je connecte des concepts évidents pour moi, mes outils principaux sont mes ordinateurs et mes instruments de musique, mon corp et ce qui m'entoure. J'aime l'idée d augmenter mes capacités créatives. J'essaye pour cela de connaitre mes outils et les modifie par la suite.

Tu jongles entre un univers assez dark et industriel, il y a un côté presque métal dans tes sons mais tu y injectes aussi des rythmes plus soul. C'est quoi ta formule magique ?
Pour ce dernier EP, Money Exchange, l'idée était de créer des paysages sonores, qui pour moi symbolisent le chaos, et des rythmes san fin pour illustrer l'action. J'ai donc utiliser le "video tracking" sur certains des morceaux pour avoir des générateurs de sons synchronisés aux mouvements de deux arbres qui se trouvent en face de ma terrasse. La force du vent fait bouger les arbres et leurs mouvements interagissent avec les générateurs de sons. Ce qui m'intéresse ici c'est d'introduire le plus possible le vivant, le biologique dans mes improvisations électroniques, le lien entre la nature et la machine, c'est la formule qui me stimule.

En dehors de la musique, tu as l'air d'avoir un rapport très privilégié à la danse …
J ai une formation de danseur. Si je fais de la musique aujourd'hui, cela part d une réflexion de danseur. Je suis devenue hybride dans mes creations car la danse m'a donné une conscience, une intelligence et a ouvert de nouveaux espaces de reflexion quand je les confrontée à d'autres disciplines. Le rapport au corp est très important dans ma manière de jouer.

Tu sors ce nouveau clip pour ton maxi Money Exchange, avec une esthétique très nineties. Parle-moi de ce projet, comment l'as-tu initié ?
Tout a été fait avec un smartphone pendant un trip en Asie avec mon crew Pain O Chokolat (PPP). Chaque jour j'envoyais les fichiers de ce qu'on filmait a mon pote Julien Gonthier qui par la suite a monté et édité le clip. On a tourné des plans à Berlin, Paris, Nice, Tokyo et Bali. C'est une sorte de carnet de voyage shamanique et digital, qui représente cette génération qui peut voyager partout dans le monde, physiquement ou virtuellement, sans frontières, les devises qui changent en un rien de temps. Une vie à toute allure avec sa consommation et ses tentations.

C'est important pour toi de t'investir dans le partie visuelle qui accompagne ta musique ?
Oui. Imagine un cuisinier qui se moque de la façon dont sa table va être dressée. C'est bien d'avoir plusieurs degrés de lecture. Quand je compose j'ai cette conscience, j'imagine l'espace dans lequel je voudrais voir mon son diffusé. Il y a des chorégraphies qui me viennent en tête, j'essaye d'aller loin, je me limite pas uniquement à la musique. "Clubbing Séquence" est un de mes derniers projets de performance, c'est une sorte de club optimum qui ouvre un champ de creation hybride où le public est physiquement connecté à l'espace en étant "tracké" par des cameras 3D. J'utilise ces datas, donc le publique, en temps réel pour créer ma musique. Cela influe également sur des visuels génératifs que nous projetons pendant le show. C'est la poésie entre l'homme et la machine dans ce que j'appelle un "smart club". Je veux me rapprocher le plus possible de l'art total.

Tu bosses avec beaucoup de machines. Quels sont tes derniers gadgets ?
J'ai eu un coup de cœur pour la musique assistée par ordinateur et le traitement du signal pour son côté interactif. Pendant très longtemps j'utilisais Usine de Sensomusic qui est une des bases de mon setup. Lorsqu'on ma introduit à Teenage Enginnering, j'ai développé une logique de performance live qui me stimule beaucoup. Mes derniers coups de coeur sont les Pocket Operator, mais aussi un patch que j'ai développé sous usine avec ma Surface Pro qui me permet de faire de la musique avec le mouvement des insectes, entre autres.

Quels sont tes prochains projets ? J'ai cru comprendre que tu tournais pas mal…
Oui et c'est vraiment très cool de voir les énergies des autres villes, des autres pays et de voir des gens se donner à fond pour faire danser les autres, c'est beau. Je joue au Weather Festival à Paris le 4 juin prochain, puis un mini tour en Chine (Shanghai et Beijing), Reims, Clermont-Fd, Berlin, Amsterdam, je prêche partout. Je viens de créer mon label, Standalone Complex, qui ce voudra hybride, entre l'art et la science. Mon nouveau maxi est la première sortie. Nous bossons aussi sur une deuxième version de Clubbing Séquence, le club du futur.

Credits


Texte : Micha Barban-Dangerfield

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