vous devez absolument écouter irène drésel

La dernière recrue du label Infiné sort son premier clip réalisé par Florence Lucas.

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janv. 15 2016, 4:25pm

Vous ne connaissez peut-être pas encore son nom - Irène Drésel se fait discrète sur la toile. Jeune artiste diplômée des Beaux-Arts de Paris, Irène se destinait à l'image jusqu'à ce qu'elle compose la musique d'une de ses expositions. « Je cherchais quelqu'un pour faire la bande-son d'une de mes expos puis je me suis dit que j'allais essayer moi-même. J'ai commencé sur Garage Band, un copain m'a montré deux trois bidouilles. Je suis complètement tombée dedans. » Depuis, cette jeune autodidacte expérimente une techno ambiante à la fois sombre et grisante qu'elle ancre dans une approche presque plastique du son. Ses morceaux ressemblent à des installations, à des tableaux mouvants qui témoignent, en fraction, de son univers hallucinant - et complètement halluciné. Pour avoir écouté ses derniers titres dans tous les sens et probablement douze fois chacun, je peux vous dire, en toute objectivité, que vous n'en reviendrez probablement jamais - de son monde.

Le clip de son tout dernier titre, Lutka, sorti sur le label Infine, a été réalisé par Florence Lucas aussi connue sous le nom de Flokim. Tandis que le morceau déroule des basses lourdes dans un enchainement hypnotique, les scènettes imaginées par l'illustratrice, à la fois fascinantes et angoissantes, se succèdent et se répètent, pour nous porter jusqu'à la stupeur. « Je lui ai demandé de réaliser un clip. J'avais quelques idées mais j'ai fini par lui donner carte blanche. Il est merveilleux et construit un univers très fort » confie Irène. La symbiose de leurs deux univers artistiques se retrouve dans ce malin plaisir que les deux artistes prennent à nous escorter jusqu'à l'hypnose. Une démarche artistique qu'Irène revendique : « Mon processus créatif reste toujours le même et part d'une équation simple. Attraction + Répulsion = Fascination ». 

Lorsqu'on lui demande de donner un nom à cet univers sonore indescriptible Irène nous répond : « Je crois que l'on appelle ça de l'electronica. Enfin c'est ce qu'un ami m'a dit un jour. Ça m'a beaucoup plu ». N'y voyez aucune désinvolture, Irène joue avec ses sens. Et les nôtres aussi. « Je travaille comme une galérienne, rien n'est calculé. Si tu écoutes le morceau Lutka et poses un métronome à côté, tu remarqueras que rien n'est calé mais je l'aime comme ça. Je compose mes morceaux avec les yeux fermés. Je les laisse venir de l'intérieur ». 

https://soundcloud.com/irenedresel

Credits


Texte : Micha Barban-Dangerfield
Photo : extrait du clip Lutka réalisé par Florence Lucas