6 expos à voir (absolument) en france cet été

Que nous réserve l'art cet été ? En plusieurs étapes, i-D fait sa sélection estivale des expositions à travers l'Hexagone.

par i-D Staff
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13 Juillet 2016, 9:15am

Olafur Eliasson
C'est dans une quiétude aux antipodes de la tempête médiatique soulevée bien malgré lui par son prédécesseur Anish Kapoor qu' Olafur Eliason a pris ses quartiers dans les jardins du Palais de Versailles. Né en 1967, d'origine islandaise et danoise, celui-ci a toujours œuvré dans l'espace public, avec des œuvres à la fois monumentales et furtives, s'intégrant à leur environnement tout en venant en modifier l'appréhension : l'énorme boule incandescente sous laquelle il fait bon s'allonger dans le Turbine Hall de la Tate Modern à Londres (« The Weather Project ») ou encore les quatre cascades artificielles sur les berges de Manhattan et Brooklyn (« The New York City Waterfalls »). À Versailles, où il prolonge la programmation d'interventions annuelles d'art contemporain in situ initiée en 2008, ses installations renouent, bien que sans faire de vagues, avec la folie des grandeurs des concepteurs du château - il est notamment question d'une cascade de plusieurs mètres de haut qui accueille les visiteurs.

Olafur Eliasson, jusqu'au 30 octobre au Château de Versailles 

Wade Guyton
L'américain Wade Guyton vient tout juste de passer le cap de la quarantaine, et pourtant, tout ce que le monde de l'art compte de paires d'yeux affûtés (et de bouches pour le dire) se rangera à l'avis suivant : il est l'auteur d'une petite révolution, dynamitant les codes tant de la peinture que du modernisme. Tranquillement, en noir et blanc, avec une simple imprimante jet d'encre pour complice. En faisant passer plusieurs fois la toile vierge dans l'imprimante, Guyton réalise des monochromes, parfois imprimés de lettrages (son fameux « X ») ou de motifs tramés, dont les erreurs et coulures semblent les vestiges expressionnistes illusoires de la main de l'artiste, désormais mécanisé et intégré à une chaîne de production industrielle. En co-production avec le MAMCO à Genève, qui présentera l'expo à partir d'octobre, Le Consortium à Dijon présente une trentaine d'œuvres inédites produites sur mesure pour les espaces.

Wade Guyton, jusqu'au 25 septembre au Consortium à Dijon 

Clément Cogitore
Il se passe quelque chose entre l'art et le cinéma. Dans la famille des jeunes vidéastes formés aux Beaux-Arts qui ont avec succès franchi le cap du grand écran, on demande Clément Cogitore. 2015 fut l'année où son premier long-métrage « Ni le ciel ni la terre », fut sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes et aux Césars dans la catégorie Meilleur Premier film. À l'été 2016, on le retrouve sur les terres de l'art contemporain, qu'il n'a jamais vraiment quittées. Et plus précisément au Palais de Tokyo, où pour son deuxième passage entre les murs de l'institution parisienne, il présentera sa nouvelle installation vidéo « L'Intervalle de résonnance », brouillant comme à son habitude (et comme on ne s'en lasse pas de notre côté) les pistes entre réel et fiction, science et mythe.

Clément Cogitore, jusqu'au 11 septembre au Palais de Tokyo à Paris 

!Mediengruppe Bitnik
Vous êtes à Nantes. Mais aussi, à en croire votre fidèle compagnon (votre téléphone, donc), à Londres, près de Harrods. Et plus précisément, indique le GPS, sur Hans Crescent Street. Dans le quartier des Ambassades donc, et à y regarder de plus près, en plein dans l'Ambassade de l'Equateur. Vous commencez à comprendre ? L'Ambassade de l'Equateur, lieu où Julian Assange est assigné à résidence depuis 2012. Revenons à Nantes. A la Zoo Galerie, la commissaire Aude Launay a invité le collectif d'artistes et hacktivistes zurichois !Mediengruppe Bitnik à présenter leur projet « Delivery for Mr Assange ». En janvier 2013, le collectif envoie un colis contenant un portable et des batteries de rechange à l'Ambassade adressé à Julian Assange. Dans le colis, une ouverture a été ménagée, tout juste assez grande pour permettre à la caméra allumée du téléphone de filmer le trajet. Simultanément, ils live-twittent les péripéties de l'envoi, depuis les méandres du centre de distribution de la poste jusqu'à la réception du colis. A Nantes, l'expo présente une installation vidéo de l'opération, ainsi que la reconstitution de mémoire du bureau où se trouve reclus depuis quatre ans l'initiateur de WikiLeaks. En filigrane, c'est une réflexion sur les frontières ténues entre art et activisme qui se donnent à lire. Et la localisation GPS ? Comme un hack supplémentaire de l'expo, il s'agit d'une œuvre de l'artiste Adam Harvey

!Mediengruppe Bitnik, jusqu'au 29 octobre à la Zoo Galerie à Nantes 

« Systematically Open ? »
En attendant qu'elle emménage dans l'espace que lui construit actuellement Frank Gehry, à qui l'on doit sous nos latitudes la Fondation Louis Vuitton à Paris, la Fondation LUMA, arlésienne pour sa part, programme d'ores et déjà des expositions hors-les-murs. À Arles donc, c'est La Mécanique au Parc des Ateliers qui lui ouvre ses cimaises, et accueillera l'ambitieuse proposition « Systematically Open ? ». Soit une exploration méthodique des nouvelles formes de monstration de la photographie, depuis les installations photographiques d'El Lissitzky à la fin des années 1940 jusqu'à nos jours. Inaugurée pendant les Rencontres Photographiques d'Arles, que l'exposition vient ancrer dans une réflexion historique et théorique plus vaste, elle restera visible jusqu'à fin septembre - de quoi se rattraper pour ceux qui auraient loupé l'édition 2016 des Rencontres.

« Systematically Open ? », jusqu'au 25 septembre La Mécanique au Parc des Ateliers à Arles 

Art-O-Rama
Récemment, en mai dernier pour être tout à fait précis, on apprenait que Marseille accueillerait en 2020 la Manifesta, l'une des plus importantes biennales d'art contemporain. La presse étrangère (mais pas que) semblait alors tomber des nues en découvrant combien le dynamisme artistique de la ville était devenu chose réelle, alors que l'on gardait jusqu'alors plutôt en mémoire les nouveaux musées tout neufs, mais reçus avec tiédeur par les locaux, qui avaient poussé comme des champignons lorsque la ville avait été nommée capitale de la culture en 2013. Ce dynamisme-là doit beaucoup à des initiatives comme la foire Art-o-Rama, le premier événement de la rentrée artistique qui a lieu tous les ans le dernier week-end d'août. La 10e édition rassemblera une vingtaine de galeries au profil international, jeune et expérimental, ainsi que des expos de jeunes artistes issus des écoles d'art de la rentrée.

Art-O-Rama, les 26, 27 et 28 août à La Friche La Belle de Mai à Marseille 

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