y'a pas que les teddys boys, y'a les teddys girls aussi

Alors qu'une exposition dédiée à la contre-culture la plus chic d'Angleterre vient de se terminer à Oxford, le photographe Ken Russel revient sur l'héritage laissé par les teddy boys et les teddy girls.

par Georgie Wright
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21 Février 2017, 10:15am

Avec leurs chaussures cirées, leurs costumes repassés et leurs écharpes parfaitement nouées, les Teddy Girls et les Teddy Boys ressemblaient plus à des premiers de la classe qu'à un gang de jeunes rebelles. Mais leur passion pour Elvis et le style d'Oscar Wilde était l'ultime pied-de-nez à une Grande-Bretagne de plus en plus austère.

Dans les années 1950, les citoyens britanniques vivaient dans les décombres de la Seconde Guerre Mondiale et se nourrissaient comme ils le pouvaient. Vêtus de queues-de-pie dignes de celles des dandys de l'époque Édouardienne, qui ont d'ailleurs inspiré leur nom, les « Teds » eux ne semblaient pas souffrir de ces conditions.

Ken Russel, alors âgé de 23 ans, a immortalisé ces styles uniques. Réalisateur oscarisé des films Love (1969) et Les Diables (1971), il s'est fait les dents en photographiant les costumes parfaitement taillés de ses amis « Teds ». Les clichés ont été récemment exposés à Oxford alors qu'ils avaient été oubliés pendant 50 ans - une bonne manière de nous rappeler l'existence de l'une des tribus les plus originales de Londres.

La collection, présentée par Russell comme un « film immuable », capture tout ce qui définissait les Teddies. Pendant que les garçons arborent de jolies cravates, les jeunes filles posent en tailleur-pantalon au dessus des décombres des immeubles bombardés. Personne ne semble se prendre trop au sérieux. « Ils étaient durs, ces jeunes nés pendant la guerre… ils savaient ce qu'ils valaient. Et ils portaient ce qu'ils portaient. » Ce qui prouve bien que les vêtements ne reflètent pas forcément le climat politique du pays. 

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Texte : Georgie Wright

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