les 7 meilleurs documentaires sur los angeles

La ville la plus fascinante d'Amérique regorge d'histoires cachées, de contre-cultures méconnues et de clichés à désenchanter.

par i-D Staff
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17 Mars 2017, 11:05am

The Source Family

C'est l'histoire de l'autre culte de Los Angeles. Non pas celui de la Famille Manson, qui s'est terminé dans un bain de sang au 10050 Cielo Drive, mais celui d'un groupe de personnes vivant dans un manoir au beau milieu des montagnes Hollywoodiennes. Tous ses membres étaient vêtus de robes dignes du Polyphonic Spree, portaient des noms comme Tournesol ou Paradis, enchaînaient les buvards de LSD et les joints de weed, jouaient de la musique psychédélique et faisaient beaucoup l'amour. La « communauté spirituelle » était conduite par « Father Yod », un homme charismatique d'environ 50 ans avec une barbe interminable. Comme la plupart des guides cultuels, il est allé trop loin dans son rôle, notamment en séduisant de jeunes adolescentes vulnérables et en prétendant être un dieu vivant. Le documentaire montre bien que cet homme était un charlatan auto-idéaliste, mais il a malgré tout réussi à se produire avec son groupe au lycée de Beverly Hills et à UCLA. Dans le Los Angeles des années 1970, tout était possible.

The Decline of Western Civilization

Premier opus de la trilogie des contre-cultures de Los Angeles par Penelope Spheeris, ce documentaire s'intéresse aux clubs miteux de la scène punk de la ville. Tourné en 1979 et 1980, The Decline of Western Civilization est une véritable mine d'or, on peut en effet y voir performer des groupes comme Black Flag, Germs ou Circle Jerks, tous au summum de leurs carrières respectives. On y découvre leur mode de vie et les nuits passées dans des backstage lugubres, pleins de crasses et de graffitis. Vu les témoignages du début des années 1980 à Los Angeles, il était difficile de faire plus réaliste. Ce documentaire immortalise aussi le chanteur de Germs, Darby Crash, qui s'est suicidé en prenant une forte dose d'héroïne quelques temps avant la sortie du film et dont le visage orne l'affiche de ce dernier. Si ce thème vous plaît, enchainez avec The Decline of Western Civilization III, qui met en avant les punks à chien de Los Angeles dans les années 1990.

Tales of the Grim Sleeper

Le documentaire de Nick Broomfield traite de deux choses différentes. Premièrement, un serial killer appelé le « Grim Sleeper » (Sombre Dormeur), auteur de plus de 100 meurtres de femmes étalés sur deux décennies. Deuxièmement - et probablement le plus important - il parle de South Central, un quartier de Los Angeles rongé par le crime. Broomfield montre comment la police de Los Angeles a laissé faire ces meurtres pendant plus de 20 ans sans jamais alerter la communauté locale, et surtout, comment ces derniers ont laissé le tueur s'en sortir. Le réalisateur dit que la police se réjouissait même de ces meurtres, parce que les victimes étaient des membres de gang, des prostituées ou des personnes « socialement indésirables ». Il démontre finalement à quel point la loi varie entre South Central et le reste de la ville.

Dogtown and Z-Boys

« Un film sur la naissance du maintenant » : c'est le slogan du documentaire de Stacy Peralta qui dévoile les contours du skate moderne. La voix off de Sean Penn nous raconte le quartier de Venice dans les années 1970, là où les surfeurs démunis ont découvert qu'ils pouvaient surfer sur les trottoirs comme sur des vagues. À l'époque, avant Alerte à Malibu, avant la gentrification de ce quartier, cette partie délabrée de Los Angeles était surnommée «le village des chiens » ou encore « le bidonville du bord de mer ». C'est contre cet abandon que l'équipe des skateurs de « Zephyr » (Tony Alva, Jay Adams, etc.) s'est élevée. Penn nous rend nostalgiques d'une époque où les skateurs étaient des rockstars, bien avant que les boissons énergisantes ne s'emparent du business. Et là on se demande, est-ce que Sean Penn était skateur ? À quoi ressemblait-il quand il faisait du skate ?

Bukowski: Born Into This

Bukowski est certainement le plus grand historien de la face cachée de Los Angeles, ses ruelles sombres et ses piliers de bar à la gueule cassée. Ses romans parlent du côté sombre de Los Angeles. Lorsqu'on le voit dans ce documentaire, regardant à travers son pare-brise craquelé alors qu'il se balade dans la ville, on a l'impression de prendre part à l'une de ses histoires. Puis le réalisateur fait entrer Tom Waits, Sean Penn, et Bono (!?), pour mettre en lumière la grande influence des histoires de Bukowski à Los Angeles. On y retrouve aussi l'un des amis postier de Bukowski - qui apparaît d'ailleurs dans son roman Le Postier - dont le nom n'est presque pas modifié. Ce dernier affirme avec entrain que oui, cette histoire est vraie. Et oui, Bukowski pourrait tout à fait vous faire rouler sur la table

Crips and Bloods: Made In America

Un autre documentaire du skateur Stacy Peralta, l'histoire d'une vieille rivalité entre deux des gangs les plus célèbres de la ville des Anges : les Crips et les Bloods. Accompagné par la sobre voix-off de Forest Whitaker, Peralta s'intéresse en profondeur à chacune de ces tribus pour ensuite s'interroger sur la réaction de la police de Los Angeles et sur ce qui a mené ces hommes afro-américains à rejoindre des gangs. Un rappel de la difficulté qu'était - et qu'est encore aujourd'hui - la vie dans certains quartiers de la ville, là où porter des vêtements de la mauvaise couleur peut vous être fatal.

Lost Angels: Skid Row Is My Home

Le quartier de Skid Row abrite environ 11000 personnes, dont les deux tiers luttent contre des maladies mentales ou l'addiction à la drogue, voire les deux. Un quartier qui souligne les disparités économiques de la ville de Los Angeles, une ville qui accueille les stars d'Hollywood et des chef d'entreprises milliardaires qui jurent ne pas dépasser la limite de vitesse autorisée lorsqu'ils se frayent un chemin sur les routes embouteillées de la ville. Ce documentaire s'arrête au cœur d'un quartier autrefois décrit comme « un asile à ciel ouvert pour les malades mentaux ». Il nous présente ces sans-abris : la vieille dame amoureuse des chats, l'ancien punk qui a quitté New York pour oublié son passé, les excentriques, les désespérés, les vulnérables et oui, les malades mentaux. Il met en lumière la réalité de la vie dans ce quartier. Poser sa tête sur le trottoir, essayer de dormir dehors, entouré de barils brûlés et de camés pleins de désespoir. Imaginez-vous cette vie juste une seconde.

Credits


Texte Oliver Lunn

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