places + faces, le hip-hop ici et maintenant

À l'occasion de la sortie de leur nouveau zine, i-D a rencontré Imran Ciesay et Solomon Boyede, le duo de photographes qui immortalise la scène hip-hop sans nostalgie. Rencontre.

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18 Avril 2016, 1:55pm

Le monde tourne autour d'Instagram, Tumblr, Snapchat, Periscope et Vine. Les images d'abord, les questions après. Cette situation permet à une nuée de talents de la photo de fleurir, de documenter le monde et ses contre-cultures pour les générations actuelles et celles à venir. C'est d'ailleurs sur Internet que nous avons trouvé deux de nos chouchous : les londoniens Imran Ciesay et Solomon Boyede (Soulz), aka Places + Faces. Agés respectivement de 23 et 24 ans, Imran et Solomon forment un duo de photographes dont les aventures ont commencé un peu par hasard lors d'un voyage à New York. "Je n'étais pas photographe à l'époque. Mais je m'ennuyais et j'avais un appareil photo. Alors je me baladais dans la ville pour photographier différents événements." confie Imran. Deux plus tard, le duo avait déjà shooté Kanye West, Skepta, A$AP Rocky, les endroits et les visages qui animent la scène hip-hop en 2016. Après une première exposition de leurs travaux l'année dernière à Shoreditch, la belle paire est de retour avec un troisième fanzine contenant quelques figures non-négligeables : Travis Scott et Drake pour ne citer qu'eux. i-D à discuté avec eux de leur approche de l'image, de leur jeune carrière et de ce qu'ils attendent de la photographie.

Comment vous-êtes vous rencontrés ?
Soulz : On faisait d'abord tous les deux partie d'un collectif d'artistes. Après l'avoir quitté, j'ai eu l'idée de Places+Faces. J'ai proposé à Ciesy de me rejoindre.

Depuis combien de temps prenez-vous des photos ? Pourquoi avez-vous commencé ?
Ciesy : Ça fait maintenant trois ans que je prends des photos. Avant je faisais des vidéos, mais ça m'a saoulé. Du coup à New York j'ai voulu m'essayer à la photo. Les gens ont bien aimé le résultat, donc j'ai continué.
Soulz : J'ai commencé à prendre des photos pendant ma première année de fac. Je voyais ça comme un moyen d'exprimer ma vision créative des choses.

Qu'est-ce que vous recherchez en priorité quand vous cherchez de nouvelles personnes ou de nouveaux endroits à photographier ?
Soulz : Généralement, je me tourne vers ce qui m'attire personnellement, plutôt que de regarder ce que ciblent les autres photographes. Si par exemple c'est un endroit que j'aime bien, avec lequel j'ai une certaine histoire, j'y prendrais des photos. La même logique s'applique au personnes que l'on photographie, qu'elles soient connues ou non.
Ciesy : Je ne pars pas vraiment à la recherche d'endroit ou de personnes. J'explore et si quelque chose attire mon regard, je le prends en photo. La plupart de ce qu'on fait n'est jamais planifié, mais pris sur le moment. Ça arrive, c'est tout !

Vous trouvez les gens dans un contexte de fête ? Si non, comment gérez-vous cela ?
Soulz : La plupart du temps, lors de fêtes, les gens son bourrés et s'amusent, donc ils s'en foutent. Mais dans certaines situations c'est mieux de leur demander s'ils veulent bien être photographiés.
Ciesy : Ouais, les gens sont généralement bourrés et comme on shoot au 35mm ils nous voient nous amuser avec un jouet. On adore capturer l'humeur des gens dans plein de situations différentes. Mais les gens qui font la fête sont toujours plus joyeux et libres.

Pourquoi pensez-vous que c'est important d'archiver ces scènes underground alors que nous vivons l'ère Instagram où toute est instantanée ?
Soulz : L'Internet est en constante évolution grâce aux réseaux sociaux. Je pense qu'il est important d'immortaliser ces scènes si on en a l'occasion, justement parce que les choses changent si rapidement. Dans 10 ou 20 ans, on regardera en arrière vers ces périodes, de la même manière qu'on regarde aujourd'hui une cassette VHS ou une vieille cassette audio.
Ciesy : C'est très important pour nous. Je veux que les gens regardent nos photos dans 10, 20 ou 100 ans pour se faire une idée de ce qu'était ce milieu à ce moment précis.

Quelle est votre photo préférée dans le fanzine à venir ?
Ciesy : Il y en a une super, de Skepta en train de démonter A$AP Nast à Street Fighter, avec les yeux fermés !

Qui est-ce que vous avez le plus envie de photographier, qui ne soit pas déjà fait ?
Ciesy : Bill Murray.
Soulz : R.Kelly ou Bill Murray.

Que peut-on attendre de Places+Faces ?
Ciesy : Plus d'expositions et j'adorerais monter une boutique éphémère et faire un livre - quelque chose que je puisse regarder quand je serai vieux en me disant "putain, on l'a vraiment fait !"

placesplusfaces.com

Credits


Photographie Imran Ciesay et Solomon Boyede