suivez jazzboy dans un trip sous acide à bora bora

Le musicien français partage aujourd'hui son nouveau clip, « Bored in Bora Bora » à découvrir en exclusivité sur i-D.

par Micha Barban Dangerfield
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05 Décembre 2017, 12:37pm

Et si on recommençait à s'ennuyer ? À repenser la possibilité d'une île déserte ? Ou celle d'un voyage sans point A ni point B, un instant sans connexion, les yeux plantés sur l'horizon d'un autre monde. L'hiver s'annonce rude et il devient presque impossible de contrôler nos envies d'ailleurs. Comme nous tous, le musicien et chanteur français Jazzboy rêve de parenthèses et de suspension. Et de psychédélisme surtout. Dans son nouveau clip (ou trip) « Bored in Bora Bora », il nous invite à déambuler dans son rêve éveillé, une ballade nocturne à Bora Bora sur un fond sonore mi-psyché mi-cuivré. Un morceau bien à lui qui échappe à toute classification. On pourrait apposer des slashs à l'infini, ce serait en vain. Son nom prête aussi à confusion parce que Jazzboy se veut indécelable : « Le jazz est un répertoire obscur pour moi. Je cherchais un nom mais je ne parvenais pas à définir ma musique. Elle est très instinctive. Je ne voulais pas donner d'indice. C'est comme ça que le terme "jazz" s'est imposé : c'est un non-sens, un illogisme bizarre que j'aime bien. En faisant des recherches je me suis rendu compte qu'on ne connaît pas vraiment l'origine de ce mot. Certains l'employaient pour désigner l'énergie de vivre, d'autres pensent que le mot vient du parfum des prostituées d'antan qui se parfumaient au jasmin. C'est un mot très libre en somme. »

On retrouve chez Jazzboy un certain sens du déséquilibre, un amour certain pour les harmonies curieuses, des arrangements riches et tordus qui ne sont pas sans rappeler les moments les plus psychés de l'histoire du jazz ou du rock même, lorsqu'il pousse vers d'autres champs musicaux. « J'adore certains trucs de King Crimson ou encore Frank Zappa qui avaient des influences souterraines assez jazz en fait. J'aime, de mon côté, casser certains codes harmoniques et m'orienter vers des choses plus psyché qu'on retrouve souvent dans le jazz, » précise-t-il.

Cette aura hallucinatoire transparaît jusque dans les images de Jazzboy. Ses clips se présentent comme des passages d'un monde à l'autre, d'une réalité pas franchement très excitante à une dimension tout à fait folle, légèrement flippante et puissamment lysergique. « Je compose souvent en pensant déjà aux images. Pour « Bored in Bora Bora », l'instru m'a tout de suite donné des visions d'île déserte menaçante. Une sorte de forêt bizarre. J'ai écrit la chanson en automatique, comme dans un rêve. L'enchaînement d'images, que ce soit dans le texte ou dans le clip, rappelle la consécution d'images que peuvent provoquer certaines drogues – des tableaux qui se lient et se transforment les uns après les autres, » nous explique Jazzboy. Un clip réalisé par Victoire Hespel (la chanteuse des Pirouettes) dans lequel on découvre également la muse du musicien dans un rôle tarantinesque, maculée de sang, enchaînant monologues espagnols et danses macabres. En parlant d'elle, Jazzboy confie : « Elle comprend ma musique comme personne. Elle s'est un peu retrouvée dans mes clips malgré elle. Elle a une créativité très punk qui me plaît beaucoup. Dans mes clips, elle prend la place de narrateur et incarne le propos du morceau. Elle m'est un peu ce que De Niro peut être à Scorsese. »

La sortie du premier EP de Jazzboy est prévue pour le printemps prochain. En attendant, il organisera les soirées Jazzodrome dont la première édition se déroulera le 9 février prochain et pour laquelle Moodoid, Le Vasco et Lewis OfMan se partageront la scène.

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