Ces 5 jeunes artistes africains vont vous faire groover

Cette année devait être placée sous le signe de la saison Africa 2020, avec une foule d’évènements, de débats, de fêtes et d’artistes émergents qui remettent au goût du jour l’afrobeat et ses racines plurielles.

par Patrick Thévenin
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19 Juin 2020, 2:02pm

KAMPIRE

A 32 ans, et d’origine ougandaise, la jeune Kampire est désormais la figure de proue du label Nyege Nyege Tapes qui fait un travail exceptionnel de rééditions de musiques acholi (musiques traditionnelles de mariage souvent passées entre les mains des DJ’s électro). Si elle ne se destinait pas à une vie passée entre les clubs et les festivals les plus branchés du monde entier, Kampire dont le sourire, l’énergie et la sensualité derrière les platines valent de l’or en barre, a grandi au son du soukous congolais des années 70’s qu’adorait son père. Baignée aussi dans la multitude de sonorités traditionnelles du pays comme l’électro, la pop ou la dance music, elle a décidé de mixer pour divertir ses amis. Quatre ans plus tard, installée à Kampala, la capitale ougandaise, Kampire s’est faite remarquer par une cession Boiler Room où elle a mis tout le monde d’accord. Depuis ses sets concentrés en vitamines et totalement ensoleillés, qui mélangent afrobeat, basses remuantes, kuduro et classiques africains, ont séduit aussi bien le Sonar, où elle était invité par Diplo que l’ultra-select festival Dekmantel.

WIZKID

Depuis une dizaine d’années, le nigérian Angodeji Ibrahim Balogun, n’a eu de cesse à travers ses premiers albums, de propager la bonne parole de l’afrobeat qui remue du bassin, modernisant l’héritage d’une icône africaine comme Fela en mélangeant tradition, nouvelles technologies et sonorités de demain, même s’il fait parfois un peu trop le malin dans ses vidéos ! « Sounds From The Other Side », son troisième album plus lover que jamais, lui a ouvert grand les hit-parades américains, où sa notoriété lui permet désormais de s’afficher avec Drake (« Come Closer »), Major Lazer (« Naughty Ride ») ou Chris Brown (« African Bad Gyal »). Comme si celui qu’on a entendu, invité par Beyoncé, sur la bande son du « Roi Lion », semble avoir compris les méandres complexes du chemin de la gloire, celle qui cherche, comme il le dit si bien, à « emmener l’Afrique dans le reste du monde. ».

DJ LAG

Danseur, DJ, producteur, ce gamin qui a commencé à mixer à 14 ans dans le club à côté de chez lui, porte toutes les casquettes, mais surtout celle du représentant officiel du Gqom. Un son difficile à résumer qui mélange des bouts de house, des rythmes techno presque eurodance, des basses énormes et des sons bruts et métalliques, qui rappellent ceux des enfants qui sautent d’un pied sur l’autre sur les toits en tôles des bidonvilles. Mais le Gqom s’est aussi popularisé, il y a quelques années, dans les townships de Durban où il était joué, les enceintes à fond à fond, par les taxis qui emmenaient la jeunesse locale dans les clubs. Repéré par Diplo, qui évidemment en est tombé amoureux et l’a immédiatement signé sur son label Good Enuff, DJ Lag n’a sorti pour l’instant qu’un album irrésistible, s’est retrouvé en headline des festivals tout autour de la planète et a lui aussi collaboré avec Beyoncé (qui a décidemment bon goût) pour la B.O du « Roi Lion ».

MR EAZI

Il y a à peine trois ans, Mr Eazi était promoteur en boite de nuit, et non pas un des trois artistes nigériens (avec Tiwa Savage et Davido) que le magazine de référence Billboard dans son édition de mai 2020 considère comme absolument incontournables. A 27 ans, le jeune entrepreneur a certainement eu raison de ne pas devenir goal dans une équipe de foot (sa grande passion après la musique) et de se laisser emporter par le style qu’il a inventé, la Banku Music, entre mélodies ghanéenne et rythmes nigériens, afro-trap lascif et reggaeton soigneusement lubrifiés par un usage intensif de l’autotune. Devenu en trois petites années, un des rois du beat afro qui tape juste, un entrepreneur qui opère entre le triangle Londres, Accra et Lagos, celui qui revendique ses influences autant chez Damon Albarn (de Blur) que chez Sean Paul a récemment créé son propre label, Banku, sur lequel il vient juste de sortir un EP de quatre titres totalement chaloupés – « One Day We Will Understand » - qui va faire augmenter la température d’un été qu’on annonce caniculaire.

REMA

Il est tellement jeune et beau, qu’on lui donnerait le bon Dieu sans confession et pourtant Divine Okubor, 20 ans, a déjà roulé sa bosse et traversé les pires tracas qui peuvent bousculer une vie. Il est déjà considéré depuis ses dix-huit ans comme la nouvelle star de la scène nigérienne et ce depuis qu’en bagnole il s’est amusé à poster un freestyle du « Gucci Gang » de Star D sans qu’on lui demande rien. Sauf que la plaisanterie a pris, est devenue un buzz internet, et que le boss du label Moving Records, lui a passé un coup de fil. Depuis ce natif de Benin, la capitale du Nigéria, où il a appris à chanter dans l’église de son quartier, a sorti « Dumebi», le genre de morceau irrésistible, où toute la culture pop de ces 30 dernières années copule allègrement du piano-rave aux trépidations du reggaeton, de l’autotune à outrance à la trap de lover. Récemment en couverture du magazine The Fader, magazine obligé de la pop moderne, il s’est aussi attiré les compliments de Barack Obama qui a placé son titre « Iron Man » parmi ses préférés de 2019.

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