All photography Akila Berjaoui

Des images qui capturent l'esprit solaire d'un été sans fin

La photographie de Akila Berjaoui nous fait rêver aux longues journées insouciantes passées sur la plage.

par Rolien Zonneveld
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24 Juin 2020, 8:41am

All photography Akila Berjaoui

Dans beaucoup de pays, les restrictions du confinement s’adoucissent de plus en plus, les frontières rouvrent et les voyages internationaux commencent à reprendre. Sans surprise, la majorité des gens n’ont pas mis beaucoup de temps à revenir à leurs habitudes pre pandémie et se sont jetés sur les premiers vols disponibles. Mais ce n’est pas parce qu’on a le droit de faire quelque chose qu’il faut absolument le faire. Rappelons-nous tous que le coronavirus n’est pas encore derrière nous, s’il vous plait, restez où vous êtes. Oui, c’est beaucoup de frustration et d’agonie de rester à la maison maintenant que l’été arrive, mais les plages seront encore là l’année prochaine, promis. En attendant, on peut se faire plaisir en regardant les photos de plages recouvertes d’une sorte de brume dorée qu’Akila Berjaoui, une photographe née en Australie qui vit à Paris, a pris au cours de ces dernières années. Son travail et ses photos argentiques capturent l’essence même d’un été idyllique au bord de la mer qui, si l’on s’en tient au style, auraient pu être prises dans les années 1960 ou 1980. Vraiment timeless.

La photographe parle de son obsession évidente pour les plages en tant que sujet, et elle a voyagé en Australie, en Italie, en France et au Brésil pour capturer certaines des plus belles plages du monde. Tout a commencé lorsqu’elle a quitté sa ville au bord de la mer en Australie pour Beyrouth, la ville d’où vient son père. « À l’époque, Beyrouth était surnommée le Paris de Moyen Orient car c’était une ville cosmopolite. On vivait tout près ce qu’ils appellent la côte d’Azur du Liban, et c’est indéniable que ce lifestyle méditerranéen a formé mon esthétique dès mon plus jeune âge » raconte Akila.

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À partir de là, les plages et les côtes sont en quelque sorte devenues le fil rouge de sa vie. « Enfant, j’ai passé beaucoup de mes étés dans la maison de ma grand-mère dans le nord de l’Australie, et croyez-moi Queensland était sauvage à l’époque. C’était incroyable ! Nos mamans et nos tantes étaient topless sur la place, les adolescentes aussi, il y avait tout simplement plus de liberté. Avant les réseaux sociaux, on vivait plus librement c’est vrai, on était un peu plus téméraire. Il y avait des concours de surfs presque tous les jours, des concours de la plus belle fille de la plage aussi. J’adorais ça ! Les filles défilaient dans des parfaites tenues de plage des années 1980 sur des catwalks de fortune. Des scènes qui sortaient tout droit d’une photo de Rennie Ellis sur la culture de la plage dans l’Australie des années 1980 ».

Ces premières années lui ont donné certains de ses plus beaux souvenirs de plage : « Notre mère nous laissait être tellement indépendants, c’était magnifique. On restait dans l’eau jusqu’au cou tant que le soleil ne s’était pas couché, et nos doigts étaient complètement fripés par le temps passé dans l’océan, nos corps brûlés par le soleil australien même si notre mère nous couvrait de protection solaire. Elle devait littéralement nous arracher à l’eau ».

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Tout cela a indéniablement influencé son style de photographie. La lumière du coucher du soleil sur les peaux bronzées ou les légères tâches de lumière sur l’eau sont quelques uns des éléments clefs qui composent le travail d’Akila. Les photos varient entre paysages, scènes capturées de loin sans que les sujets s’en rendent compte et des portraits plus classiques. En marchant dans les pas de photographes établis comme Slim Aarons et Claude Nori, le regard d’Akila s’est arrêté sur le glamour des beaux endroits. Grâce à son regard de femme, elle peut peut avoir un rapport privilégié avec ses sujets, un rapport qui permet de photographier sans aucun voyeurisme. Pour elle, « ce qui m’inspire, c’est la nature et la beauté des femmes, intérieure comme extérieure. Les reflections sur l’eau ou les ombres sur la peau, j’adore ça ».

Même si elle vit à Paris, Akila a passé une grande partie de la pandémie en Australie. « J’étais en train de rendre visite à ma famille et mon vol de retour était prévu le jour où la France est entré en confinement. Je recevais des messages intenses d’amis à Paris qui me disaient de ne pas bouger, je les ai écouté, et c’était pour le mieux. Quand on est entouré par la nature, on se sent plus en liberté. J’ai pu faire des marches un jour sur deux vers des plages désertes. J’ai pris beaucoup de photos, mais je n’ai pas encore regardé les scans. Je n’en ai pas eu le temps mais je suis très excitée de voir le résultat. Personne n’était sur la plage et la lumière était simplement magnifique ».

Les tirages d’Akila sont disponibles sur son site.

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Credits


Photographie Akila Berjaoui

Cet article a été initialement publié par i-D UK.

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