6 jeunes mannequins nous ont parlé d'amour et de liberté

Andrea Crews a présenté sa collection Automne/hiver 2016 pour homme. i-D en a profité pour rencontrer les nouveaux visages de la bande – ceux qui renversent les codes et créent un nouveau monde.

par Micha Barban Dangerfield
|
22 Janvier 2016, 4:40pm

C'est au club de pelote basque de Paris, perché en haut d'un immeuble du 15ème arrondissement, qu'Andrea Crews présentait hier sa collection Automne / Hiver 2016 pour homme. Fidèles à l'ADN dégenré et irrévérencieux de la marque, les mannequins (hommes et femmes) ont foulé le podium habillés en bombers oversized empiécés, cuirs émeraude et pantalons de papi fendus sur toute la longueur. Loin du sud de Paris, la collection puise son aura dans les références culturelles et visuelles du quartier nord de Barbès. Les couvertures à fleurs sont transformées en pull, les tapis persans en shorts tandis que le célèbre monogramme "AC" traverse la collection à la manière de moucharabiehs. i-D en a profité pour rencontrer les nouveaux visages de la bande savamment composée par le directeur de casting François Pragnère - ceux qui bouleversent les codes et créent un nouveau monde.

Lauren Auder, 17 ans

C'est la première fois que tu défiles ?
Oui et c'était hyper cool !

Et tu fais quoi sinon ?
Je fais de la musique. Je fais de l'électro sous le nom de Lauren Auder.

Tu fais ça à Paris ?
Non je viens du sud de la France, vers Toulouse. Mais je commence à tourner un peu avec ma musique.

Elle est comment la bande d'Andrea Crews ?
Je me suis beaucoup amusé. L'ambiance est super et la musique du défilé, un régal.

C'est quoi le message de cette nouvelle collection ?
Qu'il n'y a pas de différences majeures entre garçons et filles ou entre cultures. Que la mixité a du bon. Bientôt on ne différenciera plus la fashion week homme de celle pour la femme. Enfin j'espère.

Tu as un rêve ?
Oui, porter ma musique le plus loin possible.

Raphaël, 19 ans

Ça fait longtemps que tu défiles ?
Je commence !

Tu fais quoi à côté ?
Je suis à la fac, j'étudie les langues étrangères appliquées. Et à côté de ça je travaille au MacDo.

C'est important que la mode dépasse les limites du genre selon toi ?
Oui très important ! C'est une évolution importante, il faut casser les codes. J'aime beaucoup Andrea Crews pour ça.

Est-ce que la société t'a déjà empêché d'être ce que tu es ?
L'adolescence a été une période compliquée, les enfants sont souvent méchants entre eux. J'ai voulu assumer mon androgynie très tôt, mais j'ai fait l'objet de beaucoup de critique.

C'est facile d'aimer en 2016 ?
Oui et aujourd'hui je foule le podium en tant que femme. Mon androgynie est une force. Je veux la montrer.

Tu as un rêve ?
Oui j'aimerais acheter une maison à ma mère. 

Adja Kaba, 19 ans

Ça te plaît de défiler pour les hommes ?
Oui j'adore ça ! L'ambiance est dingue et je trouve la dynamique unisexe très inspirante.

Tu fais quoi à côté ?
Je suis étudiante en éco managériale et industrielle et je suis DA pour une marque.

Tu as un côté masculin ?
Je suis féminine dans ma manière d'être mais mon style ne l'est pas. J'adore m'habiller en garçon parfois, puis le lendemain choisir une tenue plus fille. Ce sont les fringues qui m'intéressent, pas le reste.

Tu penses que les fringues peuvent nous rendre libre ?
Tout à fait ! On nous a toujours brimé. Pendant longtemps les filles ne pouvaient pas mettre de pantalon, puis les jupes étaient mal vues. Il faut qu'on puisse s'approprier tous les vêtements qu'on veut qu'on soit fille ou garçon. 

Louis Rault Watanabe, 21 ans 

Tu défiles depuis longtemps ?
Oui mais c'est ma première saison à Paris. Je vis et travaille à Tokyo.

Tu fais des trucs à côté ?
Oui je suis consultant dans la mode à Tokyo.

Qu'est ce que tu as pensé de la collection d'Andrea Crews ?
Elle est super, j'avais pu voir les pièces au moment où on a shooté le lookbook ensemble. C'est super. Les matières déclinées sont géniales et j'aime beaucoup les couvertures à fleurs transformées en pulls !

Tu penses que la mode doit avoir pour mission de casser les codes ?
Oui et je crois qu'elle sait très bien le faire.

Tu vas faire quoi avant de repartir au Japon ?
Je défile encore pas mal puis je pars faire un tour de l'Europe pour prendre des photos. 

Art, 19 ans

Ça fait longtemps que tu défiles ?
Ça fait deux ans et là c'est ma troisième saison à Paris.

Qu'est ce que tu aimes le plus dans le fait d'être mannequin ?
Le fait de voyager ! C'est un truc dont j'ai toujours rêvé, c'est super de pouvoir parcourir le monde.

Andrea Crews aime révolutionner les codes. Toi aussi ?
Depuis tout petit je rêve de révolution. Je suis aussi danseur de flexing (@FlexingRussia), une danse à la fois étrange et fascinante. Donc j'aime trainer dans des milieux marqués par une certaine ouverture d'esprit, qui se fout des codes.

Tu penses que la société t'a déjà empêché d'être ce que tu veux ?
Je fais rarement les choses dans les règles. Ce n'est pas toujours facile. Même mes parents ne partagent pas toujours ma vision des choses, de ce que je suis.

C'est quoi ton conseil aux gens ?
D'être libres et audacieux. De saisir toutes les opportunités possibles parce que la vie est bien trop courte. 

Mawen, 17 ans 

Tu es encore au lycée ?
Oui. En première ES. Je sais pas trop ce que je veux faire plus tard.

Ça te plaît de défiler avec des filles sur un show pour homme ?
Oui j'aime beaucoup cette mixité. Elle témoigne d'une grande ouverture d'esprit. De plus en plus de maisons de couture le font et c'est une bonne chose.

Tu as un rêve ?
Je me laisse porter par mon destin. 

Credits


Texte : Micha Barban-Dangerfield
Photographie : Ced Jereb

Tagged:
FASHION WEEK
Andrea Crews
homme automne/hiver 2016