12 créateurs parisiens à suivre absolument en 2016

Ils ne sont pas tous français mais profitent de la nouvelle énergie créatrice de Paris pour inventer le futur de la mode.

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janv. 8 2016, 12:20pm

Y/Project

Le créateur flamand Glenn Martens impose à toute allure Y/Project dans le paysage la mode parisienne. Celui qui nous avouait aimer la vitesse il y a peu a su très rapidement ancrer la marque de feu Yohan Serfaty dans son époque. Son esthétique aussi nineties trash que romantique gothique détonne dans le Paris muséal et parfois endolori des grandes maisons. Des collections en partie unisexes (20% de la collection homme est toujours portée par la femme), une identité audacieuse et tranchée (la dernière campagne a été shootée par Arnaud Lajeunie) et un travail d'acharné sur le vêtement : exactement ce dont on a besoin.

Koché

Christelle Kocher, la fondatrice, fait partie de la nouvelle génération de designers français qui a compris que luxe et rue, mode et société marchaient main dans la main. Et que c'était une bonne chose. Directrice artistique de l'un des satellites des Métiers d'Art rassemblés par Chanel (Maison Lemarié, spécialisé dans les plumes) elle a su développer en un défilé (aux Halles, entre deux boutiques vidées par la nuit) une identité claire : du street, du vrai et du savoir-faire, du vrai.

Courrèges

On fait peu dans la retenue dans la mode. Art mineur, commercial, on a tendance à le sur saper pour le légitimer. Le duo derrière Courrèges, Arnaud Vaillant et Sébastien Meyer (déjà couronnés pour leur travail sur Coperni) a bien compris que le dépouillement intelligent était aussi louable que l'effusion de sentiments. Une première présentation en 15 silhouettes déclinées en 15 motifs, le fanzine de la maison "Bonjour Courrèges" réédité et une image gérée parfaitement : Courrèges dans la réelle compréhension de son époque - exactement comme sa marque l'avait été à sa création. 

Wanda Nylon

Pour la première fois en septembre dernier, la marque de Johanna Senyk défilait dans l'Élysée Montmartre encore en travaux. L'électricité avait été squatée dans le bâtiment d'à côté et les ouvriers trainaient, pas trop loin des mannequins en ébullition. Un lieu comme une célébration de sa jeunesse - et des immenses fêtes que le club abritait à la fin des années 1990 - mais surtout un hommage aux "vraies meufs", comme nous l'avait alors expliqué la créatrice. Des filles fortes et cool, sexy et sures d'elles : "On peut être sexy sans avoir les seins dans l'assiette. Une femme peut être chic et fumer des clopes assise par terre." Une nouvelle parisienne en somme.

Léa Peckre

La jeune créatrice française a reçu beaucoup de prix - Hyères en 2011, l'ANDAM en 2015 pour ne citer que les plus prestigieux. Bonne élève rigoureuse comme sa mode ? Oui, mais pas seulement. Celle qui nous a confié "croire en l'élégance" dur comme fer ne lâche rien. L'ardeur et l'intensité du travail bien fait, d'une mode qui se tient toujours et encore servent simplement la beauté - celle des oeuvres et des livres. Une démarche précieuse donc, parce que rare.

Off-White

Virgil Abloh, le discret prince du streetwear s'apprête à présenter lors de la fashion week homme à la fin du mois son premier défilé. Celui qui souffle (presque) toutes ses bonnes idées à Kanye West (aussi DJ sous le nom de Flat White) compte, à l'inverse de son boss, s'imposer dans les règles dans le monde de la mode. Le studio et les ateliers sont basés à Milan mais c'est Paris que le créateur a choisi pour asseoir la légitimité de sa marque de street ultra luxe. "Le streetwear c'est comme le disco. Au début, c'était cool mais c'est devenu très vite has-been" avait expliqué le créateur à i-D, désormais plus que déterminé à tout faire pour empêche ça. On a hâte de voir ce que ça donne. 

Carven

Amoureux à la ville et dans le travail, Alexis Martial et Adrien Caillaudaud, le duo derrière Carven depuis le départ de Guillaume Henry compte bien continuer à faire grandir au présent la vieille maison française. Toujours parisienne, mais un peu moins française, plus rive droite que rive gauche, la nouvelle fille Carven fait figure de petite soeur cool de la précédente. Et c'est tant mieux. 

Nattofranco

"Ma marque ne parle pas de Paris ni de Tokyo. C'est une histoire de banlieue française et d'Hokkaido. C'est de là que je viens." C'est en ces termes que Noémie Aiko Sebayashi, jeune franco japonaise à la tête de sa marque, nous parlait de ses influences. Des logos détournés, un streetwear déstructuré et un sens toqué du détail, Nattofranco profite avec sérénité du sillage tracé par le révolutionnaire Vetements dans la capitale

Aalto

Le créateur finlandais Tuomas Merikoski, passé par Givenchy et Louis Vuitton a lancé il y a un an sa propre marque basée à Paris, Aalto. Une mode à l'image d'une jeunesse européenne, entre mythes communs et déconnexions particulières. Free parties, déstructuration et cool ambiant, Aalto est juste ce qu'il faut dans l'air du temps.

Pallas

Que serait la mode française sans le smoking féminin ? En 2013, le façonnier autrefois plus habitué à réaliser des prototypes pour les grandes marques réalise une collection capsule en son nom. Depuis, les tailleurs Daniel Pallas et Veronique Bousquet font sortir calmement leur maison de l'ombre des grandes. Ils ont recruté les jeunes et fortes Allegria Torrassa et Niki Pauls (designer passée par Balenciaga à la grande époque et styliste pour 032C) pour ancrer encore davantage leur maison dans le présent. Et ça fonctionne. 

drône

Vous ne connaissez pas encore leur nom et c'est presque normal - le collectif né en 2014 regroupe de jeunes designers anonymes. Age ? 20 ans. Moyens ? Aucuns. Rage de faire ? Immense. Aujourd'hui basés entre Lille et Paris, ils réinventent le streetwear français, entre motifs africains et tissus technologiques. Un travail à l'image d'une nouvelle génération en marche, ultra-consciente et ubiquiste. Leurs vestes réfléchissantes, comme des météorites ont déjà fait quelques adeptes dans le petit milieu du rap français, de Nekfeu à Jorrdee.

Etienne Deroeux

De la liberté, du mouvement et pas d'emphase : en trois mots et quelques collections, Etienne Deroeux, passé par La Cambre et Pilotto s'impose avec une sérénité désarmante dans le paysage parisien : coupes droites et monochromes francs côtoient les rayures sculpturales pensées en hommage à Brancusi. Son sportswear chic s'inscrit dans l'air du temps et s'adresse à notre génération plus qu'il ne parle pour lui. Des vêtements qui pensent sans donner d'ordre, c'est peut-être ce qu'on attendait de la mode.