Alexandra Leese

loin des préjugés, une photographe saisit la beauté des hommes asiatiques

Photographe anglaise d’origine chinoise, Alexandra Leese tord le cou aux préjugés qui entourent la masculinité asiatique.

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mars 15 2018, 11:05am

Alexandra Leese

Alexandra Leese a grandi à Hong Kong jusqu’à l’âge de 11 ans avant de déménager à Londres pour ses études. Comme beaucoup d’anglais porteurs d’une double culture, sa différence lui a valu d’être mise à l’écart par ses camarades et l’a encouragée à se fondre dans la masse. « Quand j’étais plus jeune, je n’avais pas conscience d’être cette « autre ». Mais quand j’ai compris qu’on me désignait comme « la fille de Hong Kong », j’ai fait en sorte de m’adapter et de devenir très anglaise. Plus j’ai grandi, plus je l’ai compris. » Etudiante aux Beaux Arts du Chelsea College of Art, Alexandra s’est vite tournée vers la photographie. Aujourd’hui, elle vit dans le sud de Londres et partage son temps entre photos de mode et portraits, explorant l’identité avec tendresse et bienveillance.

Pour célébrer son héritage et reconnecter avec ses origines, Alexandra a voyagé jusqu’à Hong Kong dans l’intention de comprendre ce que signifiait être jeune, moderne et chinois. « Je suis arrivée à un moment de ma carrière où j’avais envie de faire quelque chose de vraiment personnel. Je voulais explorer le lieu qui m’a vue grandir et renouer avec mes racines, après avoir rompu ces liens pendant longtemps en venant vivre à Londres. Je voulais découvrir ce qui se passait chez moi, comprendre à quoi ressemblait la culture des jeunes. J’avais envie de me reconnecter à moi-même en tant que photographe, de m’exprimer librement, sans que personne ne me dise quoi faire. »

Une série documentaire et un fanzine ont vu le jour grâce à ce retour aux sources. Intitulé The Boys of Hong Kong, ce travail explore la masculinité en Chine et, plus largement, la représentation photographique des hommes asiatiques. « Les hommes asiatiques font souvent l’objet de préjugés, ils sont considèrés comme moins attirants ou plus efféminés que d’autres. Je voulais tordre le cou à ces idées et célébrer la beauté de ces hommes dans toute sa diversité. Mon but, c’était de montrer que ces stéréotypes n’étaient rien d’autre que des stéréotypes. »

Explorer les paradigmes de la masculinité en tant que femme photographe lui donne une plus grande liberté. « Le problème du regard masculin, c’est qu’il incarne une vision hétéronormée de la masculinité. Les hommes se fabriquent eux-mêmes une idée de ce que signifie être un homme. Lorsque ce regard est celui d’une femme, il est peut-être plus à même de montrer aux hommes qu’ils peuvent se détacher des standards en vigueur depuis des siècles. »

Grâce à l'évolution de la société, Alexandra a eu le plaisir de constater un changement dans l’attitude des jeunes garçons rencontrés à Hong Kong. « Il y avait ces jeunes écoliers avec qui je traînais, ils passaient leur temps à se faire des câlins, à se tenir la main et à s’enlacer. Je me suis dit qu’ils étaient ensemble, et quand j’ai découvert qu’ils avaient des petites copines ils m’ont simplement demandé : ‘Pourquoi les filles pourraient se témoigner leur affection et pas les garçons ?’ C’est le genre de questions qui commence à être soulevées, et qui ne s’étaient pourtant jamais posées auparavant. »

Le résultat offre une belle exploration de l'ethnicité, du genre et de la sexualité. Alors avant l’ouverture de son exposition à la Red Gallery de Londres ce 15 mars, jetez un œil à la série The Boys of Hong Kong. Le fanzine est disponible en pré-commande ici.