ne cherchez plus le clip de l'été, c'est celui de faire

Une vidéo réalisée par des étudiants de l'ECAL pour le morceau psyché « Noïzette », avec des têtes volantes, des étendues désertiques, un génie maléfique et des couleurs à en perdre la raison. Qui dit mieux ?

par Antoine Mbemba
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26 Juin 2018, 11:56am

Bon ça y est, l'été est là, bien là et on ne va pas passer par quatre chemins : c'est le moment de (re)découvrir le dernier EP en date de FAIRE, le trio (Simon, Romain, Raphaël) le plus excitant de la musique française. Il a beau être sorti il y a presque un an, C'est l'été vous donnera l'énergie nécessaire pour secouer vos deux mois à venir comme il faut. C'est simple, il n'y a rien à jeter : la cour énervée de « Marie-Louise », la plainte hilarante et décomplexée de « Pas des putes », la montée lente et envoûtante de « Ma Méditerranée », le surréalisme électro de « Henri Border » et j'en passe ; en six morceaux ciselés, passant d'un punk-rock à texte (et en français s'il vous plaît) à des échappées instrumentales épiques, cet EP reste un an plus tard une pépite à s'écouter en perlant au soleil.

Raison de plus pour retourner tête la première dans C'est l'été : « Noïzette », le morceau le plus psychédélique du disque se voit aujourd'hui agrémenté d'un clip tout aussi dingue. Une vidéo réalisée par des étudiants du département Communication Visuelle de l’ECAL (Ecole cantonale d’art de Lausanne) à l’occasion d’un workshop organisé par le professeur Sami Benhadj, auquel le danseur traditionnel égyptien Kareem Gad était invité et filmé en studio devant un fond vert. Les élèves ont ensuite eu carte blanche pour disposer des rushs tournés à leur convenance et recréer un monde autour du danseur sur la musique du groupe.

Apparemment la musique de FAIRE leur a fait pousser des grains de folie. Soulevée par les rythmes frénétiques du morceau, la vidéo suit les trois têtes volantes du trio sillonner un desert Quadricolor, des ruines hantées et un démon à l'air franchement peu bienveillant. Dans une note explicative, les étudiants Luca Sassoli de Bianchi et Sébastien Matos expliquent : « Les flux mystiques qui ont inspiré FAIRE prennent la forme d’un puissant et fascinant génie qui réveille l’énergie du groupe. En dansant et luttant avec le génie, ils fécondent ce monde avec la folie joyeuse et impertinente de FAIRE. Le génie désire le contrôle sur eux car c’était lui le principal moteur, mais dans cette danse de transmutation il va se retrouver lui-même dominé. Il va prendre la place du groupe et être fixé dans une pierre magique. » Si vous n'avez pas tout saisi, la meilleure solution reste de regarder le clip. Une bonne dizaine de fois pour être sûrs.

Une fois que vous aurez rattrapé C'est l'été, allez jeter une oreille à l'EP d'avant, Le Tamale et lorsque vous aurez le répertoire bien en tête, filez ce samedi à La Machine du Moulin Rouge pour un live qui s'annonce marquant. En interview début 2017, le trio nous expliquait : « La musique a toujours été le seul moyen qu'on a trouvé pour expier. Et c'est un peu ça qui se transmet dans nos concerts, nos bordels. C'est pour que tout le monde, avec nous, expie, que les gens soient relancés en rentrant. Qu'ils n'aient pas besoin de prendre de drogue ou de se mettre une murge, parce que la musique était déjà beaucoup trop intense. » La murge est garantie sur facture. À samedi.

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