tout près des gens et loin des clichés, voici atlanta

À travers ses photos, Josiah Rundles documente le mythe de l'une des villes les plus fascinantes d'Amérique.

par Ryan White
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13 Septembre 2019, 8:42am

« Il y a tellement d’histoires à raconter ici » lance Josiah Rundles à propos d’Atlanta, la ville dans laquelle il est né. « C’est un endroit au carrefour de cultures du monde entier. Mélangées à l'âpreté du sud. »

Josiah s’est mis à la photographie il y a seulement deux ans. Lorsque je l’ai rencontré pour la première fois en 2016, il travaillait en tant que styliste. Immergé dans une ville dont l’authenticité se mélange à une scène musicale pionnière, il a suffi qu’un ami lui offre un petit appareil photo pour qu’il réalise à quel point le bourdonnement constant de la ville se prêtait à la photographie . « Culturellement, la musique a une place énorme ici – particulièrement le hip hop – certains des meilleurs musiciens au monde viennent d’ici ou continuent d’y vivre... l’énergie d’Atlanta traverse l’Amérique et va même au-delà. La ville se développe chaque jour un peu plus, la vie reste moins chère que dans le nord ou sur la côte ouest. Il y a une énergie ‘Do it yourself’, avec l’idée de créer même si on ne dispose que de resources limitées ».

Son travail, reconnaissable à une approche délicate de la lumière et des couleurs, se détourne de l’agitation de la ville pour s’enfoncer dans sa banlieue, ses parcs et ses forêts. « J’adore capturer les harmonies de couleur de la nature, l’idée de réalités multiples et d’un art qui reflète l’état présent du monde, nous explique-t-il. Peu importe le sujet, j’essaye de le rendre beau, à la limite du supernaturel, même s’il ne l’est pas du tout. » Et malgré tout, le résultat est authentique, d’une étonnante fidélité à la ville et ce qu’elle renvoie. « En se débarrassant du bruit et des perturbations de la ville, on arrive à quelque chose de beaucoup plus personnel et intime. »

Avec son dernier projet, Josiah est allé encore plus loin dans la juxtaposition de la jeunesse, de sa culture et des paysages naturels. « Je voulais explorer ce glissement générationnel vers la technologie, explique-t-il. Je voulais aller au plus proche de ce que vit ma génération à travers les réseaux sociaux ; ces mécanismes de gratification instantanée qui mènent parfois à la dépression, la comparaison, la connexion et la solitude en même temps. » En plaçant ses sujets sur des pelouses verdoyantes ou contre des clôtures, le visage happé par leurs téléphones, il envoie un message à la fois fort et évident : les coutumes changent très, très vite. « Il y a une décennie de ça, les mêmes gosses auraient été obsédés par leur nouveau jouet, aujourd’hui ils sont obsédés par un appareil. Ça m’a vraiment frappé quand je suis allé voir mon neveu de deux ans et que j’ai vu ce qui l’intéressait vraiment. »

À travers ses différents projets personnels, ses éditos et ses portraits de certains des plus grands artistes de la scène d’Atlanta, Josiah crée une imagerie belle de simplicité. « J’aime l’idée d'ajouter ma touche personnelle à la scène artistique et à l’héritage d’Atlanta, conclut-il. J’ai grandi ici, et j’ai appris tellement de choses de cette ville… j’ai juste envie de lui rendre la pareille. »

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