La Princesse Margaret dans une robe Dior pour ses 21 ans, photo Cecil Beaton, 1949 © Cecil Beaton, Victoria and Albert Museum, London

cet hiver, christian dior fait rêver londres

L'immense retrospective « Christian Dior, couturier de rêve » fait étape au V&A à Londres.

par Micha Barban Dangerfield
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04 Février 2019, 6:14pm

La Princesse Margaret dans une robe Dior pour ses 21 ans, photo Cecil Beaton, 1949 © Cecil Beaton, Victoria and Albert Museum, London

Après les expositions (blockbuster) consacrées à McQueen, Bowie ou encore Frida Kahlo, le Victoria and Albert Museum de Londres rend hommage à l'histoire et la vision éternelle de Christian Dior, de son enfance passée à Granville au bord de la Manche, aux réinterprétations contemporaines de son héritage, en passant par les instants de génie qui ont fait de lui le couturier d'un siècle (et de ceux à venir). Après un succès fracassant au Musée des Arts Décoratifs de Paris, l'exposition « Christian Dior, couturier de rêve » fait étape Outre-Manche, dans une version éditée à l'anglaise. Autre ville, nouveau décor : à Londres, 60% de l'exposition a été repensée pour s'adresser à un nouveau public et rendre hommage à l'amour inconditionnel que Christian Dior portait à la culture brittish.

À travers onze salles et plus de 500 objets – dont près de 200 robes rares, des dizaines de documents d'archive, des croquis, des accessoires et possessions personnelles – l'exposition dépasse le cadre de l'histoire de la mode pour évoquer la façon dont le couturier français a su témoigner de son temps et toucher l'Histoire, la grande, celle qui porte une majuscule. À ce titre, la curatrice Françoise Muller expliquait à i-D l'année dernière : « Aujourd'hui les expositions de mode sont un sujet évident que tout le monde acclame alors qu'au départ il y avait une vraie réticence : on considérait que la mode n'avait pas sa place dans un musée comme celui-ci... C'était seulement un bien de consommation qui devait rester en boutique. On a fait beaucoup de chemin pour reconnaître la mode comme une forme d'expression qui raconte la culture, la sensibilité d'une époque et qui fait partie, au même titre que les arts décoratifs, de l'expression que l'on donne à un moment dans l'histoire. »

Une histoire qui se présente comme un dialogue, dans lequel la mode fait office de balise temporelle. Ici, la première silhouette New Look ou le tailleur en shantung ivoir « Bar », qui entamait, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, une nouvelle ère ; ou là, la robe d'anniversaire de la Princesse Margaret. Dans une vitrine trône un présentoir Miss Dior inspiré du Temple du Petit Trianon de Versailles ou encore les cristaux Swarovski pensés comme des aurores boréales ; les looks d'inspiration égyptienne composés par John Galliano côtoient les contours épurés de Raf Simons, posés là, juste à côté des silhouettes dramatiques de Gianfranco Ferré. Sans oublier la succession délicate et féministe de Maria Grazia Chiuri, première femme à la tête de la maison arrivée en 2016. « Selon moi, cette exposition est bien plus importante qu'un défilé car il est possible de s'adresser à une audience bien plus large, explique la créatrice à i-D. C'est également l'occasion de transmettre les valeurs de la couture à une nouvelle génération. Il est très important de révéler toute la beauté qui se cache derrière la mode, les savoir-faires et la marque. Ici, les gens ont accès à toute l'histoire. »

À travers les galeries, l'itinéraire propose de déambuler, entre autres, sous un toit de fleurs débordant rappelant la passion de Dior pour le jardin, puis dans une salle décorée de dizaines de prototypes encore épinglés à des mannequins, et puis dans une autre, remplie de couvertures de magazines consacrées au couturier français, avant que l'exposition ne se termine dans une salle féerique dédiée au thème du bal. On y découvre les ramifications des successeurs de Christian Dior, le côté princier mais jamais désuet de la maison, le motif rose si cher à Yves Saint Laurent, les inspirations florales de Marc Bohan, Gianfranco Ferré ou encore John Galliano brodées à mêmes les robes dans des cristaux Swarovski, toute la modernité du vestiaire Raf Simons et l'éternité de cet héritage porté aujourd'hui par Maria Grazia Chiuiri.

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Christian Dior en compagnie de la mannequin Lucky, Circa 1948, courtesy Christian Dior
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Bijoux Christian Dior, cristaux Aurore Boréale, Courtesy of Swarovski
Christian Dior en compagnie de la mannequin Sylvie, Circa 1948, courtesy Christian Dior
Christian Dior en compagnie de la mannequin Sylvie, Circa 1948, courtesy Christian Dior
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Bar Suit © Laziz Hamani/Victoria and Albert Museum

Retrouvez l'exposition « Christian Dior : designer of dream » au V&A à Londres jusqu'au 14 juillet 2019.

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