retenez leurs noms : ils sont les nouveaux visages du cinéma français

8 noms, 8 visages sur lesquels le cinéma français va devoir compter.

par Marion Raynaud Lacroix
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24 Janvier 2019, 9:47am

Ils étaient trente-deux. Trente-deux à être présélectionnés en vue du César du Meilleur espoir. Parmi eux, certains visages familiers, déjà connus des radars du cinéma et des feux de la rampe - et puis d’autres, moins lisses, plus rugueux. Des visages dont la plupart n’avaient pas connu d’autre caméra que celle d'un smartphone, des esprits pour qui le mot « action » ne résonnait pas encore comme celui qui changerait leur vie. Le cœur en sursaut, les sourcils froncés, on s’est demandé ce qu’ils faisaient là. Que leur apparition soit le fait de l'évidence ou du hasard, on les a observés se fondre dans les contours d’un personnage, parfois pour la toute première fois. Il y a une semaine, lors du dîner des Révélations organisé par l’Académie des César et Chanel, ils quittaient leurs personnages pour endosser le rôle d’acteur – sous la bienveillance du regard d'un de leurs aînés. Ils ne sont aujourd'hui plus que dix à espérer remporter le prix d'interprétation. Avant de connaître leurs noms, nous avons voulu vous présenter ceux que nous souhaitions voir incarner leur génération et sa force - faire du cinéma français une bande à son image, plus libre, plus ouverte et très déterminée.

Souheila Yacoub, 26 ans

Souheila Yacoub i-D
Souheila porte une robe Vuitton, un collant Falke, des chaussettes Burlingto et des chaussures JM Weston.

Peux-tu te présenter ? Je suis née en Suisse, d'une maman belge et d'un papa tunisien. J'ai fait de la gymnastique en équipe nationale pendant presque 10 ans. J'ai arrêté juste avant les Jeux Olympiques de Londres et je suis partie faire le cours Florent et le Conservatoire. J’ai commencé au théâtre dans une pièce de Wajdi Mouawad. Et maintenant, le film de Gaspar Noé !

Comment s'est passée ta rencontre avec Gaspar Noé ? Il a souhaité me rencontrer, j'ai donc débarqué sur le tournage, en pleine forêt. Les danseurs étaient en pleine répétition, Gaspar m'a dit de me mettre au fond et de danser avec eux. J'avais jamais fait d'electro ou de voguing de ma vie, donc heureusement que j’apprends vite ! Le lendemain, je l’ai revu dans son bureau, il m’a montré une scène de Possession dans laquelle Isabelle Adjani pète les plombs dans le métro. Il m'a demandé de faire pareil en imaginant que j'étais enceinte et que je ne voulais pas de ce bébé. Je suis devenue folle, à taper partout, à cracher… C'était un casting en fait, mais complètement à l'arrache. Le lendemain, il m'appelle en me disant : « bon tu viens demain on tourne ».

Tout s’est joué comme ça, au dernier moment ? Oui ! Tourner avec Gaspar, c’est du freestyle complet. On n'avait pas de script, pas de scénario, j'ai appris que je m'appelais Lou les 4 derniers jours. Quand j'arrivais sur le tournage et que je demandais ce qu'on faisait, c'était toujours la même réponse : « je sais pas ». La scène de la fin, il m'a dit : « il y a de la neige dehors : tu vas mettre du sang sur toi, tu vas courir, tu vas crier, tu vas pleurer, tu vas mourir ! ». J'ai fait : « quoi ? ». On a tous foncé ensemble vers l'inconnu, on n'avait juste une confiance absolue en Gaspar, en sa folie. On tournait de nuit, il y avait de la musique tout le temps, un éclairage hyper oppressant... c'est une expérience que je n’oublierai jamais !

Tu fais partie des Révélations. La « famille du cinéma », c’est quelque chose qui te semble exister ? Pas pour l'instant. Je préfère croire à la famille de notre génération, en ces nouveaux visages qui viennent de partout, qui prennent des risques, qui ont cette envie, cette rage. Je crois que c’est avec elle que vont se faire les choses.

Tu avais choisi Camille Cottin comme marraine. Qu’est-ce qui t’a poussée à faire ce choix ? Elle est tellement cool ! Je suis une passionnée du jeu et j'adore Camille parce qu'elle n’est pas dans la psychologie, elle ne va pas essayer de chercher quelque chose : elle joue juste, sincèrement, et le public est touché. C'est une grande actrice, quelqu'un pour qui les choses sont arrivées tard et elle est en train d'exploser, c’est aussi elle la révélation !

Idir Azougli i-D
Idir porte un costume Givenchy et une chemise Sies Marjan.

Idir Azougli, 23 ans

Tu as grandi à Marseille. Comment t’es-tu retrouvé sur le film Shéhérazade ? Je me suis retrouvé orphelin à l’âge de 16 ans. À 19 ans, j’ai été incarcéré pendant 13 mois. J'ai vite compris que tu peux faire tout ce que tu veux, personne ne cadrera ta vie pour toi. Le casting est arrivé à ce moment de ma vie, quand j’étais au plus bas. On m’a repéré dans la rue et j’ai passé plusieurs essais.

Tu savais déjà qu’il s’agissait du rôle de Ryad ? Pas du tout. En fait, on me disait que je pouvais correspondre à tous les rôles. Mais je bloquais sur les scènes de sexe avec Shéhérazade. Au moment du tournage, elle avait 16 ans, j'en avais 21. J'ai une sœur du même âge et j’étais incapable de voir Kenza autrement que comme une petite sœur. Finalement, c'est ce qui a créé encore plus le personnage de Ryad.

Comment s'est déroulé ce tournage ? On connaissait rien du milieu mais on savait que ce serait pas un tournage comme les autres. Des hauts, des bas, des cris, des pleurs, des moments où je pensais que le film ne se ferait pas - parce que des gens quittaient le tournage. Je faisais beaucoup le bordel, mais ça plaisait aux gens parce que c'était au bon moment, à la bonne minute. Dès que j’entendais « action », j'essayais de créer quelque chose, de ne pas faire la même scène, je m’arrêtais jamais.

Qu’est-ce que tu as découvert à travers cette expérience d’acteur ? En fait, je crois que j’avais jamais trouvé quelque chose qui me fatigue. À l’époque où je travaillais chez Mcdo, je rentrais à minuit et je continuais quand même à faire la fiesta, alors que je reprenais le lendemain à 11h. Je suis hyperactif, c'est comme ça depuis que je suis tout petit. J'ai tout fait et la seule chose qui me fatigue, c'est de tourner.

Tu as vécu des choses très dures. Après ça, comment trouve-t-on du sens dans le milieu parfois très superficiel qu’est le cinéma ? Je le vis plutôt bien. J'ai galéré, vraiment. Mais je rêve d’être rappeur depuis que je suis tout petit ! Au fur et à mesure, je me suis rendu compte que quand tu es tout en bas, ton pied est posé au sol. Par contre, si tu es tout en haut, tu es dans l’air, ça devient dangereux. Je me rappellerai toujours de comment j'étais, de qui je suis - comme ça, je sais que si je retombe, je n’aurais pas aussi mal que la première fois.

Aujourd'hui, entre le bas et le haut, tu te sens où ? Il y a le bas, le milieu et le haut. Je me sens à la moitié juste avant le milieu. Et j’aimerais viser le haut.

Quel regard poses-tu sur l’année qui vient de s’écouler ? Je suis hyper fier du travail que j'ai accompli en 2018 et j'ai envie de continuer dans le cinéma, parce que quand je vois le plaisir sur le visage des gens, je me dis que j'ai fait un pas de plus. Si j'avais pris un CDI, je serais certainement mieux financièrement qu'en choisissant de tourner Shéhérazade, mais cette expérience, je m'en rappellerai toute ma vie. Le truc, c'est de persévérer.

Lily-Rose Depp i-D
Lily Rose porte une veste, une jupe et des bracelets Chanel.

Lily-Rose Depp, 19 ans

Comment décrirais-tu Eve, le personnage que tu incarnes dans L'homme fidèle ? L'homme fidèle est un film qui tourne autour d'un triangle amoureux, dont les personnages passent leur temps à s'emmêler. Je joue Eve, une jeune fille qui est folle amoureuse d'un homme, Abel, depuis ses 12 ou 13 ans. Une fois devenue la jeune femme qu'elle a toujours rêvé d'être, elle va essayer de vivre les sentiments qu'elle s'était refusés jusqu'alors.

C'est un film qui s'inscrit dans l'héritage de la Nouvelle Vague. Quel est ton lien à cette période du cinéma français ? J'ai grandi en regardant les films de la Nouvelle Vague. J'ai une culture cinéma très française : j'adore les films de Godard, des actrices comme Catherine Deneuve, Romy Schneider, Brigitte Bardot, que je considère comme des femmes incroyables. Je les admire depuis longtemps, donc faire partie d'un film qui s'inscrit dans cette tradition-là est une grande chance.

Tu vis entre la France et les Etats-Unis. Est-ce à l'image de la façon dont tu as envie de mener ta carrière ? J'ai grandi entre ces deux pays, je parle les deux langues et j'apprécie énormément le cinéma américain et français donc, oui j'espère continuer à travailler dans cette direction-là.

Tu avais choisi Rebecca Zlotowski comme marraine. Que représente-t-elle pour toi ? Avant que Rebecca ne me propose le rôle de Kate dans Planétarium, j'avais seulement tourné dans un film américain de Kevin Smith, qui avait été une super expérience mais qui restait un film comique, très léger. Rebecca est la première personne à m'avoir confié un rôle assez sérieux. J'avais 15 ans et demi quand je l'ai rencontrée, c'est donc quelqu'un qui m'a beaucoup appris et qui est devenue une amie dont je suis aujourd'hui très proche. Pour moi, c'est vraiment la famille. C'était donc une évidence que ce soit elle.

Félix Maritaud i-D
Félix porte une veste Dries Van Noten et une chemise Vivienne Westwood

Félix Maritaud, 25 ans

Sauvage, le film pour lequel tu es nominé, a reçu beaucoup d’écho. Comment l’as-tu vécu ? C'est très ambivalent : j’ai reçu énormément d'énergie, d’amour, de respect de la part des gens qui ont vu le film. La contrepartie, c'est que je me suis rendu compte que je vivais plus pour l'acteur que pour moi. Je me suis donc un peu protégé et je vis les choses plus tranquillement aujourd’hui. Mais je sens que quelque chose a changé – le regard des gens dans le métro par exemple. Ce n’est pas horrible mais ça transforme la façon que tu as de vivre avec les gens et celle que tu as de vivre avec toi même.

Justement, comment abordes-tu un évènement à l’image du dîner des Révélations, auquel tu assistais hier ? J'essaie d'être honnête, droit vis-à-vis des gens avec lesquels je discute. L'idée d'identité publique, c'est quelque chose qui se construit autour de toi mais sur laquelle tu n'as jamais d'influence. C’est très étrange d’arriver et de se retrouver au milieu de gens qui attendent pour te faire signer des autographes avec des photos de ta gueule... Ça me gêne parce que pour moi, un autographe n'a aucune valeur et que dans ce genre de moments, je ne peux pas prendre le temps de le faire bien, de considérer réellement les gens. Et en même temps, c'est quelque chose que je peux faire facilement. C’est de l’humanité, tu peux pas te permettre d'ignorer ça. En tant qu'acteurs et artistes, je crois qu'il faut assumer le fait de donner de l'émotion aux gens.

Tu avais choisi Béatrice Dalle pour marraine. Parle-moi de votre rencontre. Elle était avec un pote à moi dans un bar rue de Turenne, je passais et quand je l’ai vue, je suis allé la voir pour lui dire que je l’adorais. On est devenus amis. Depuis le jour où je l'ai rencontrée, Béatrice se comporte avec moi comme une vraie marraine dans le cinéma : elle sait reconnaître qui je suis en tant qu'homme avant de me reconnaître en tant qu'acteur. Surtout, elle sait que c'est ce que je suis en tant qu'homme qui me permet d'être l'acteur que je peux être. C'est elle qui m'a dit un jour « tu seras jamais riche que dans ton cœur, il n'y a que l'intégrité qui paie ».

Pourquoi est-ce que cette phrase te touche autant ? Le milieu du cinéma te teste souvent sur ton intégrité : si je me retrouve devant Jacques Audiard et qu'il me balance un discours de blanc bourgeois, je vais être hyper emmerdé parce que j'adore ce réalisateur. Tu fais quoi dans ces moments-là ? Tu acquiesces parce que t'as envie de tourner pour lui ou tu restes toi-même et tu loupes peut-être quelque chose qui pourrait arriver mais qui n'est que de la pure spéculation ? Je crois qu'il faut garder en tête qui on est. C'est le cas de Béatrice : elle n’entretient aucun mystère sur sa personne, tout le monde sait qui elle est. Hier soir, on avait juste envie de se dire qu’on s’aimait.

Shaïn Boumedine i-D
Shaïn porte une veste Hermès, une chemise et un pantalon Bless, un t-shirt à manches longues Petit Bateau.

Shaïn Boumedine, 22 ans

Qu'est-ce qui t'a amené à faire du cinéma ? J'ai grandi à Montpellier, où j'ai fait des études qui me destinaient à travailler dans les travaux publics. Après le bac, j'ai passé un casting pour une série télé qui devait se tourner sur Montpellier. Le projet a été abandonné et on ne m'a jamais rappelé. L'été suivant, alors que j’étais serveur, j'ai reçu un appel en plein service pour me proposer de la figuration sur un tournage à Sète. Je ne le savais pas mais c'était pour le film d'Abdellatif Kechiche. Le casting s'est très mal passé : je ne savais pas trop à quoi m'attendre, je suis arrivé au dernier moment, sur mon jour de repos, en freestyle complet. Je sais que j'ai été mauvais, à tel point que la directrice de casting et l'assistante d'Abdellatif ont décidé de ne pas retenir mon essai, donc de ne pas le lui montrer.

Comment as-tu fini par décrocher le premier rôle de Mektoub ? Dix jours plus tard, il manquait toujours un acteur à Kechiche pour un autre rôle. Il a demandé à ce qu'Hafsia Herzi voie les castings qui avaient été mis de côté. Elle est tombée sur le mien - qui était sans doute nul - mais son œil de réalisatrice y a vu quelque chose d’intéressant. Du coup, elle a voulu que je revienne faire des essais. Et ça s'est super bien passé !

Depuis le film, que s’est-il passé pour toi ? Je n'ai pas repris mes études, mais je garde mes distances avec le monde du cinéma. Je suis arrivé très tard, et j'ai conscience que j'ai peut-être pris la place de certaines personnes - en tout cas que des gens qui ont travaillé dur auraient aimé être à ma place et n'ont pas eu cette chance. J'ai conscience de tout ça : je sais que c'est arrivé très vite et que ça peut s'arrêter très vite aussi. Donc je kiffe. Je me laisse porter. Si j'ai d'autres opportunités, tant mieux, sinon, ce n'est pas grave.

Quelles traces cette expérience a-t-elle laissées en toi ? Je crois que ce film m’a changé. J'ai mûri, j'ai grandi, j'ai vu d'autres choses, je me suis libéré d'un poids de frustration. Pendant mes études, on n'a pas arrêté de me dire : « Tu n'arriveras pas à faire ci, fais plutôt ça » ou « Tu n'auras pas ton bac, il faut que tu ailles en pro » - je ne me suis pas assez écouté. S'il y avait bien une chose qui m'avait l'air inaccessible, c’était le cinéma ! Aujourd'hui, je vis avec l'idée que tout est possible, et qu'il faut faire ce dont on a envie. Donc si demain je trouve quelque chose que je préfère au cinéma, j'arrêterai.

Que souhaiterais-tu que les gens ressentent devant Mektoub ? J'aimerais bien qu'ils sentent la chaleur qu'on a essayé de mettre dans ce film. J'adore quand les gens me disent qu'ils se sont laissés emporter, qu'ils sont partis en vacances, qu'ils avaient l'impression d'être en boîte, saouls avec nous. On a essayé de faire un film ultra contemplatif. Abdellatif adore l'art et la peinture, il avait envie d'être peintre. Son idéal aurait été de réaliser une toile, on a donc cherché à faire trois heures de film contemplatif, où le spectateur est libre de regarder, de se laisser porter et enivrer par tout ce qui se passe.

Galatea Bellugi i-D
Galatea porte une blouse Kenzo.


Galatea Bellugi, 22 ans

Peux-tu me parler de ton rôle dans L'apparition ? C’est un rôle que j’ai un peu appréhendé au départ, parce que je n’ai pas reçu d’éducation religieuse. J'ai donc eu peur de ne pas être crédible dans le rôle de cette jeune fille qui prétend avoir été témoin d'une apparition. Finalement, Xavier m’a confortée dans l’idée que ce serait difficile et ça m’a presque rassurée. Nous avons beaucoup parlé de religion, j’ai même fait un séjour au couvent avec les sœurs. C'est un personnage très intéressant et très étrange. J’aime le fait qu'on se situe entre le mensonge et la vérité, c’est une dimension avec laquelle je pouvais vraiment jouer.

Ça représente quoi pour toi, les Révélations ? C'est un moment où on a la chance de faire la connaissance de ses pairs. Ce qui est vraiment intéressant, c'est tout le processus de rencontres entre nous, cette manière de créer un groupe et puis la chance de pouvoir choisir une marraine comme Emmanuelle Devos !

Pourquoi l’as-tu choisie ? J'aime beaucoup son travail et elle a déjà tourné avec Xavier [Gianolli, le réalisateur de L’apparition], donc je trouvais intéressant de créer un vrai lien entre nous, quelque chose qui ne soit pas totalement abstrait. Ça peut faire peur de rencontrer quelqu'un qui sait qu'on l'admire, qui ne nous connaît pas et qu'on ne connaît pas non plus. C'est le genre de situations qui m'effraie, j'ai peur de paniquer et de dire n'importe quoi !

On parle souvent de « famille du cinéma » à l’occasion des César. As-tu l’impression d'appartenir à quelque chose de cet ordre-là ? Je ne parlerais pas de famille, surtout aujourd'hui, où de plus en plus d’acteurs viennent d’horizons différents. J'appellerais plutôt ça un « monde ». C'est quand même particulier, l’idée de ne pas connaître quelqu’un mais d'avoir déjà entendu parler de lui, de l'avoir déjà croisé ou tout simplement vu au cinéma. En fait, je crois que le fait de me retrouver entourée par d’aussi grands comédiens me fait me sentir encore plus petite qu'avant.

Comment te souviendras-tu de ton année 2018 ? J’ai passé l’année au Japon, c’est un voyage qui a été très intéressant, qui m’a permis de comprendre les différences de culture. J'ai été surprise par le côté très restrictif, très professionnel, jamais dans l'excès des Japonais. Je crois que ça m’a un peu calmée dans mon côté italien qui pousse des coups de gueule !

Thomas Gioria i-D
Thomas porte un pull Margaret Howell, un sous-pull Petit Bateau et un pantalon Hugo Boss.

Thomas Gioria, 15 ans

Comment as-tu réagi en découvrant le rôle de Julien dans Jusqu'à la garde ? Dès la première lecture, je savais que le rôle serait difficile, mais j'ai eu la chance d'avoir une coach avant et pendant le tournage, avec qui j'ai joué beaucoup de textes. Je crois que le métier d'acteur, c'est de rentrer à fond dans le personnage. J’ai donc essayé de me connecter au maximum aux autres pour entrer vraiment dans la scène et rechercher les mêmes émotions que dans la vraie vie.

Quelle expérience as-tu gardée de ce tournage ? J'ai eu 13 ans quand le tournage s’est terminé, c’était mon tout premier film. Donc j’appréhendais un peu, parce que c’est un monde que je ne connaissais pas du tout. Je ne savais rien de la façon dont ça se passait : au début, j'avais même peur du perchman ! Finalement, ça a été une super expérience. J’ai réussi à jouer avec les autres comédiens, à ne plus me soucier de la caméra.

Comment as-tu vécu le fait de travailler avec Léa Drucker et Denis Menochet ? C'était incroyable. Léa et Denis sont de très grands acteurs. Denis est physiquement imposant, fort, costaud : tourner avec lui a quelque chose d’intimidant. Mais dans la vraie vie, c'est un petit nounours. Je me suis beaucoup amusé entre les scènes, avec lui et Léa. Ça a créé une relation de confiance dont je me rappelais pendant les scènes, je savais que nous tournions un film et que Denis ne me ferait aucun mal.

Tu es en troisième, tu sais de quoi tu as envie plus tard? J'espère continuer en tant qu'acteur, mais je n'ai pas encore appréhendé la suite, parce que j'ai un peu le temps. Pour l'instant, j'espère aller en seconde générale, et puis je verrai bien ce qui se passera après.

Que peut-on te souhaiter pour cette année ? 2018 a déjà été une très grande année. On a gagné la Coupe du Monde, il s'est passé beaucoup de choses pour moi, dans le cinéma aussi. J'espère que 2019 sera encore mieux.

Et toi, si tu devais faire un vœu pour le monde en général ? En 2019, je vous souhaite de réussir dans votre vie, et de continuer à croire en vous.

Lou Luttiau i-D
Lou porte une robe Dries Van Noten et des boucles d'oreilles Atelier Swarowski.


Lou Luttiau, 23 ans

Peux-tu te présenter ? Je m’appelle Lou, j'habite pas loin de Sète. J’enchaînais les petits boulots et je m’apprêtais à rentrer dans une école de danse au moment où le casting de Mektoub s’est présenté. Après 4 essais, on m'a annoncé que je commençais le lendemain. C'était censé durer un mois, en fait ça en a pris 6… Et puis ça en a repris 6 pour la suite [Mektoub My love sera suivi d'une suite dont la date de sortie n'est pas encore annoncée] Je me suis dit que je reprendrais l'école l'année d'après, sauf qu'entre-temps, elle avait fermé. J'ai donc décidé de continuer dans le cinéma !

Comment décrirais-tu ton personnage ? C’est une fille qui est très libre, qui se fout du jugement : elle ne se juge même pas elle-même. Elle butine, elle va du côté des filles, des garçons. Je la trouve géniale.

Quel souvenir gardes-tu de ce tournage ? C'est une expérience assez incroyable quand tu travailles à McDo juste avant ! C'était bien payé, je me suis dit que j'allais rencontrer du monde donc j’y suis allée. J'avais vu La vie d'Adèle, que j'avais bien aimée, mais je savais même pas à quoi ressemblait Abdel.

Comment as-tu vécu la soirée des Révélations ? Ce qui est génial, c'est qu’on est 4 acteurs de Mektoub à avoir été pris ! Franchement, c'était une autre dimension. 24 heures avant, j'étais chez moi en train de marcher sur la plage. C'est très bizarre, on est là aujourd’hui mais demain, on rentre chez nous et c'est fini.

Tu as choisi Louise Bourgoin comme marraine. Pourquoi as-tu fait ce choix ? J'ai l'impression de lui ressembler dans sa manière d'être un peu perchée. Je la trouve très douce, elle a un truc de confiant qui me plaît. Et puis elle est très belle. Quand je l’ai rencontrée et que j’ai commencé à me plaindre de mon âge, elle m’a rappelé qu'elle avait été nominée pour les César à 27 ans. Il y a quelque chose d’assez atypique dans son parcours qui me plaît beaucoup.

Quand elle te dit que tu as le temps, ça te rassure ? Je sais bien que dans 5 ans je me dirais que 23 ans ça reste très jeune. Mais je crois que j'ai intégré ce truc d'âge à cause de la danse, qui est un monde dans lequel la retraite vient très tôt. Je dois me dépêcher, et puis il y a tous les jeunes qui arrivent, donc y'a pas le temps, il faut y aller !

Que peut-on te souhaiter pour 2019 ? Du travail. Et de l'amour.


Crédits

Photographe : Maxime Imbert

Stylisme : Bérenger Pelc

Assistante styliste : Bridgette Hungerford

Maquillage : Khela @ Call my Agent

Coiffure : Rudy Marnet @ Call my Agent

Production : Elie Villette

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