on vous présente dean, la star k-pop qui fait salle comble en moins de 3 minutes

Nous avons rencontré Dean, l’icône K-Pop qui collabore avec tout le monde, de Syd à Anderson Paak. L’occasion de parler musique, célébrité et sentiments.

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04 décembre 2017, 11:08am

En Corée, Dean ne peut pas marcher dans la rue sans être harcelé par des centaines, voire des milliers de passants. C’est dire l’ampleur du phénomène. Icône K-Pop de 25 ans, il a volontairement fui les plans de carrière qu’on imaginait pour lui afin de créer le sien. Si vous êtes étranger à cette bulle de l’industrie musicale, on vous pardonnera de ne pas le connaître, mais avec telle carrière dans son pays d’origine, des concerts sold out à travers le monde entier et des collaborations avec Anderson Paak et Syd, le nom de Dean est de ceux qu’il vaut mieux retenir, parce qu’il est certain que vous n’avez pas fini d’en entendre parler.

« Chez moi, je ne peux pas être anonyme, » lance-t-il en backstage du Clockenflap Music Festival à Hong Kong, son chapeau en jean abaissé sur ses yeux. « Trop de gens me reconnaissent. J’aime être libre et marcher dans les villes que je visite. Alors quand je me rends dans d’autres pays, c’est l’une des premières choses que je fais. » Mais même à l’étranger, la célébrité le rattrape parfois. Ainsi, quand Dean s’est produit sur la scène londonienne du Koko il y a quelques semaines, la salle a affiché complet en moins de trois minutes. « Ici, mes fans me reconnaissent et me disent bonjour, dit-il, toujours humble quant à l’hystérie qu’il suscite. Mais je trouve génial qu’on puisse me reconnaître ailleurs qu’en Corée ! »

L’icône K-pop a emprunté son nom à la star hollywoodienne James Dean – son vrai nom est Kwon Hyuk – sa peau est si pâle qu’elle a presque la lumière d’une perle et son visage taillé comme pourrait l’être un diamant. Rien de très surprenant à ce que la plupart de la foule aux premiers rangs de ses concerts se compose majoritairement de jeunes filles hurlant à s’arracher un poumon. À Chockenflap, l’une d’entre elle est venue avec un néon fait main pour déclarer sa flamme à la star. Pourtant, affirme-t-il calmement, il a rarement le trac avant le concert. Il gère tout (y compris notre interview) avec la décontraction d’une star expérimentée.

S’il a commencé à créer sa propre musique il y a seulement quelques années, cela fait près de dix ans que Dean a un pied dans cette industrie. Il se fait repérer à l’âge de 16 ans, alors qu’il compte le rappeur Keith Ape (lui aussi natif de Séoul) comme membre de son crew. Deux ans plus tard, sa carrière en tant qu’auteur pop démarre sous le blaze de Deanfluenza. À l’âge de 20 ans, il écrit déjà des chansons aux côtés des paroliers de Justin Bieber. Tout ça, bien avant qu’il ne sorte quoi que ce soit sous son propre nom.

« Quand j’étais petit, j’écoutais de la musique en permanence, dit-il. Mais je me disais surtout ‘Oh, un jour j’aimerais bien faire ça de manière professionnelle. » Dean n’est définitivement pas du genre à romanticiser ses objectifs : « Il s’agit plus que d’un destin pour moi. La musique est ce que j’aime le plus dans la vie – c’est la raison pour laquelle je me suis lancé dans cette aventure. »

Musicalement, Dean est un mélange de Bieber (post-renaissance artistique) et de Usher (années 2000) : une combinaison de rap très sérieux et de falsettos virtuoses qui tient aussi au fait que Dean passe son temps à alterner entre la pop et le R&B, le Coréen et l’Anglais, comme s’il voulait rester indéterminable. Et surtout comme s’il ne s’attelait qu’à définir un son à lui, unique.

Au fil de notre entrevue, j’en viens à me demander à quoi ressemble une journée de sa vie trépidante. Comment l’on s'organise pour trouver un moment à soi quand on passe ses jours à monter sur scène et/ou à écrire des chansons. Quand je lui demande s’il s’est amusé la semaine passée, sur une échelle de 1 à 10 : « Si tu me demandes comment je me suis senti, je te réponds 1, parce que ma nouvelle musique a été cause d’un grand stress ! » Une réponse dont la candeur peut sembler surprenante, venant d’une pop star reconnue et signée sur une major. « Il y a eu beaucoup de hauts et de bas la semaine dernière. Ma nouvelle musique est beaucoup plus expérimentale, donc je fais beaucoup plus d’essais et d’erreurs pour arriver à ce que je veux. »

Le mot expérimental ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. Pour certains, c'est plonger la tête la première dans des paysages musicaux encore inexplorés. Pour d’autres, c’est un terme plus personnel, qui signifie sortir de sa propre zone de confort. On n’a pas encore entendu le résultat, mais il semblerait que le nouvel album de Dean s’attache à cette seconde définition. « Depuis peu, j’écoute pas mal d'anciens groupes, et j’essaye de mélanger ça avec mes sonorités habituellement plus R&B, ce n’est pas facile. » Et quand il veut se détendre, c’est vers les Canadiens Daniel Caesar et PartyNextDoor, ou le Londonien signé chez Soulection Tom Misch, que son oreille se tend.

« Si je faisais tout le temps la même musique, tout serait plus facile, explique Dean, assurant au passage sa ferme intention de constamment se réinventer. J’essaye de ne pas m’enfermer dans mon propre son. Récemment, je me suis d’accord avec moi-même sur le fait que je ne ferais jamais deux fois la même chose, musicalement. C’est pour ça que ma semaine a été assez compliquée, et que je lui donne 1 sur 10 ! »

Dean n’est pas un nostalgique. Plutôt que de se retourner sur ce qui l’a rendu célèbre dans le passé, il préfère regarder vers l’avant. Son premier EP, l’épatant 130 Mood : TRBL lui a valu un double succès colossal : dans les charts et chez les critiques. Mais il n’a pas revisité ce qui a fait sa réussite pour son premier album, son premier pas vers un statut de star mainstream occidentale. « L’EP est bien, mais j’ai le sentiment qu’il lui manque quelque chose, assure-t-il, avant de préciser et de rendre hommage à son succès : Il signifie encore beaucoup pour moi, bien sûr. Mais je n’écoute presque jamais ma musique d’avant. Par contre je m’intéresse beaucoup à la manière qu’ont les gens d’interpréter mon langage artistique. »

L’année 2018 s’annonce déjà comme pleine de promesses pour Dean. Ce sera déjà l’opportunité pour lui de s’exporter, d’aller à la rencontre d’un public mondial avec ce nouvel album en passe de changer sa vie, encore plus qu’elle ne l’a déjà été. Ceci dit, lui n’a pas l’air paniqué plus que ça par l’impact de cette nouvelle vague de fans sur sa musique. « Bien sûr, c’est dur de faire plaisir à tout le monde. J’essaye de me concentrer sur mes propres sentiments, parce que je sais qu’il y a beaucoup de gens qui les partagent. »

Il fait une courte pause, cache un sourire malicieux derrière son bob en jean, comme s’il était au courant d’un grand de secret de la pop, inconnu de nous tous, auditeurs. « Tant que je continue à m’exprimer avec honnêteté, je sais que les gens continueront d’y répondre positivement ! »