un nouveau docu révèle les plus beaux dessins de christian dior

La maison Dior a accepté pour la première fois de dévoiler l’intégralité des dessins de Christian Dior. A partir de ces croquis, Loïc Prigent raconte l’histoire de la maison du vivant de son fondateur, de 1947 à 1957.

|
27 septembre 2018, 10:43am

Il y a un an Loïc Prigent filmait les dessins d’Yves Saint Laurent , « des milliers d'éblouissements, des milliers de vertiges jusqu'à sa dernière collection en 2002 ». Cette fois-ci le réalisateur a choisi d’explorer l’œuvre de Christian Dior à travers son coup de crayon. Faire défiler des croquis d’archives pendant une heure, un exercice risqué ? C’était sans compter sur le style Loïc Prigent – des phrases qui glissent et qui claquent, cette voix reconnaissable entre mille qui scande les images. Le talent du réalisateur c’est aussi d’avoir réuni à l’écran des témoins de l’époque Dior, d’anciennes couturières de la maison, des intimes de Monsieur Dior, d’anciennes vendeuses, un de ses mannequins fétiches, Odile Kern, des historiens de la mode et des experts de la maison dont Florence Müller, bien sûr, co-commissaire de l’exposition « Christian Dior, couturier du rêve au Musée des Arts Décoratifs » et organisatrice de l’exposition « Dior : From Paris to the World », du 19 novembre 2018 au 3 mars 2019 au Denver Art Museum.

Loïc Prigent a ce don pour l’editing, chaque phrase prononcée est une news, mieux un scoop. Pour la première fois la maison Dior a accepté de dévoiler l’intégralité de ses dessins. Le documentaire se focalise sur la décennie 1947-1957, de la date de fondation de la maison par Christian Dior jusqu’à la mort de ce dernier. Une décennie de mode « qui va éblouir le monde » avec ses lignes A, H, Y, sa féminité très respectueuse, son élégance très française, son ballet incessant de longueurs de jupe. De ses premières gouaches de chapeaux dans les années 30 à ses croquis Dior, en passant par ses dessins techniques d’apprentissage, aucune esquisse n’est oubliée. Ni même ces « hiéroglyphes » comme le couturier les appelait, des dessins parfois indéchiffrables griffonnés sur des bouts de papier, sur des carnets à idées, à Paris ou dans sa maison de Milly-la-Forêt. À l’écran, les dessins s’animent pour mieux voir le tombé des vêtements, ils bougent comme s’il y avait un corps à l’intérieur. Une œuvre défile. Les intervenants ne tarissent pas d’éloges sur la vivacité du trait de Dior. Le journaliste Hamish Bowles fait l’acteur, écarquillant les yeux, surpris par tant de génie.

Le documentaire retrace tout du New Look et de son scandale, du succès et de la célébrité mondiale, de l’ancien monde de l’élégance mais aussi de l’épuisement d’un homme, exténué par les rythmes de la mode, soumis à la pression impitoyable d’émerveiller, de séduire, de surprendre encore plus, toujours plus, tous les six mois. Ce sont les dessins de la gloire mais aussi ceux de la tragédie. « Attention ces croquis vont aussi le tuer » prévient Loïc Prigent en préambule. Le réalisateur met à nu une mode cannibale, harassante qui consume le couturier. Chaque saison, la collection annule la précédente, il faut tout recommencer. Le succès va le tuer. « Chaque saison les gens attendaient un nouveau New Look », dit Florence Müller. Mais « comment renouveler les lignes à l’infini ? » s’interroge cette dernière. En exclusivité, Loïc Prigent dévoile la dernière lettre de Christian Dior, une lettre écrite à son compagnon Jacques Benita, dans laquelle on perçoit son chagrin, son désespoir. Le 24 octobre 1957 Christian Dior, terrassé par une crise cardiaque à Montecatini en Italie, disparaît et laisse orphelin le monde de la mode. Tous ses pairs, sans exception, rendront hommage à ce génie de la couture.

Les dessins de Christian Dior réalisé par Loïc Prigent. Dans le cadre du Fashion Week-End d'Arte. Disponible en ligne jusqu'au 28 septembre. Diffusion dimanche 30 septembre, 22h20 sur Arte.

Retrouvez i-D sur Facebook, Instagram et Twitter.