Images courtesy of Moncler

La collaboration Moncler + DingYun Zhang déplace les codes de la doudoune

La maison italienne et le jeune designer dont tout le monde parle se sont associés pour créer une capsule de pièces outerwear hors du commun.

par Mahoro Seward
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10 Février 2022, 4:37pm

Images courtesy of Moncler

Face au travail d’un jeune designer particulièrement prolifique, nous nous demandons souvent de quelle grande maison il prendra un jour les rênes. « Moncler ! » avons-nous tous pensé lorsque nous nous sommes retrouvés face aux volumineuses silhouettes de DingYun Zhang lors du défilé des masters de la Central Saint Martins en 2019. Trois ans plus tard, il semblerait que notre prédiction se soit réalisée.

Enfin, en quelque sorte. Plutôt que d’occuper la place de directeur créatif, le très demandé designer chinois (qui a seulement lancé son label homonyme l’année dernière) a été sollicité par la maison franco-italienne dans le cadre d’une capsule collaborative. Difficile d’imaginer un partenariat mieux aligné dans le monde de la mode — et ce n’est pas peu dire, étant donné la fréquence effrénée des collaborations actuelles. On assiste ici à une fusion parfaite entre, d’un côté, l’amour des volumes hors norme et l’esthétique futuriste de DingYun, et de l’autre, la technicité et le savoir-faire impeccable de Moncler en matière d’outerwear. Pour le lancement de la collection ce 10 février, nous avons discuté avec DingYun afin d’en savoir un peu plus sur ce qui lui plaît chez Moncler, les défis rencontrés lorsqu’on travaille avec du duvet, et sa vision novatrice de la traditionnelle puffer jacket.

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**Quels sont vos premiers souvenirs de Moncler ?
**J’ai eu ma première veste Moncler aux alentours de 2013. C’est elle qui m’a fait découvrir leur excellence en matière de détails. Le placement des poches, les finitions de haute qualité et même les patchs façon cartoon avec les instructions d’entretien qui arboraient des coutures à sens unique. Tout cela témoignait d’un souci du détail et de l’absence d’erreurs lors de la fabrication. C’était très loin de ce que la plupart des autres marques proposaient en matière d’outerwear. À la même époque, Pharrell venait de lancer sa collaboration avec Moncler, qui m’avait beaucoup marqué. Ce concept de fonctionnalité avec le gilet pare-balles rembourré et les vestes à poches plaquées, combiné aux détails Moncler et aux imprimés propres à Pharrell, a vraiment suscité mon intérêt.

**Qu’est-ce qui vous inspire particulièrement chez Moncler ?
**En tant que designer, j’apprécie leur constance dans la qualité, aussi bien au niveau des constructions que des finitions, ainsi que la façon dont ils ont réussi à maintenir les traditions et l’héritage de la maison. Leurs origines remontent aux vestes matelassées destinées aux randonnées et autres expéditions d’escalade en montagne, et c’est très inspirant de voir comment ils sont parvenus à conserver ce côté-là. La création et le développement d’une marque qui permet aux gens d’entrer en contact avec la nature, c’est un concept auquel je m’identifie et que j’essaie de concrétiser dans mes propres collections.

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Y a-t-il un aspect de la collection qui a représenté un gros défi pour vous ?
Chaque pièce a rencontré ses propres challenges en matière de production et de planification, ce qui est normal pour toute collection ou collaboration. Lorsque je travaillais de mon côté en raison des restrictions liées à la pandémie, toutes les étapes du processus entre moi et Moncler devaient être aussi claires et concises que possible. En associant mon interprétation des détails Moncler à mes propres éléments de design, comme la construction d’excroissances et d’ouvertures à bords nets, la planification de la production de chaque pièce s’est avérée être un voyage technique fait d’essais et d’erreurs, pour finalement aboutir à ce que nous voyons aujourd’hui.

**Les points communs entre votre travail et celui de Moncler sont évidents, mais où se situe votre signature dans cette collaboration ?
**Conformément à l’idée selon laquelle « il ne peut y avoir ni présent ni futur sans passé », ma collaboration avec Moncler a été l’occasion d’exprimer mon lien avec leurs traditions et leur héritage, et d’exploiter ma propre vision pour les projeter dans le présent et vers l’avenir. J’ai utilisé leur savoir-faire artisanal, tout en imprégnant ce langage du mien. J’ai par exemple eu recours à mes techniques de liaison pour créer une structure de drainage sur le manteau, ce qui facilite l’écoulement de l’eau vers le bas du corps de la personne qui le porte. Tout au long du processus, j’ai exploré le choc de nos deux mondes, pour finalement en extraire une harmonie simultanée.

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**Cinq mots pour décrire cette capsule collaborative ?
**Héritage. Environnement. Métamorphose. Illusion. Intemporel.

**Quels sont, selon vous, les préjugés les plus répandus sur les vêtements matelassés ?
**Il est bien plus difficile de faire avancer le débat sur les vestes matelassés et de remettre en question leur statut en tant que vêtements que beaucoup de gens ne le pensent. Suivre une tendance ou satisfaire un public cible est une chose, tenter d’innover dans le domaine du design des doudounes en est une autre. Des marques comme Moncler, qui ont développé leur infrastructure et leurs ressources, sont les partenaires rêvés pour ce genre de collaboration. Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte lorsqu’il s’agit de produire quoi que ce soit en dehors des silhouettes attendues de ce genre de vestes. Ça demande énormément de planification et de prototypage pour transformer un idéal en une réalité.

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