Courtesy of Florent Nemeta

Assa Traoré : “la justice, je la prends au défi”

Adama, le prénom de son frère mort en 2016 alors qu’il était interpellé par des gendarmes, est devenu synonyme de la lutte contre les violences policières. 4 ans plus tard, l’endurance d’Assa Traoré fait vaciller l’universalisme français.

par Laurianne Melierre
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06 Janvier 2021, 12:29pm

Courtesy of Florent Nemeta

“MILITANT.E.S” est la nouvelle série de portraits d’i-D France. Un format inédit, pour raconter à travers ses acteurs et actrices le militantisme français d’aujourd’hui. Figures anonymes ou personnalités influentes, ils et elles dessinent en creux le visage d’une France qui s’engage. Féminisme, écologie, antiracisme, lien social, entrepreneuriat… place aux luttes de celles et ceux qui changent le monde.

On se déchausse en entrant. De part et d’autre d’un couloir, les chambres des enfants et la sienne se devinent, plongées dans le noir. À droite, la cuisine. À gauche, le salon, avec baie vitrée et balcon. Assa Traoré nous reçoit chez elle, à Ivry-sur-Seine. L’espace est calme, clair, ordonné. Nous sommes seules. Cette intimité tranquille, enveloppante et familière, a le goût du secret, tant elle contraste avec les images d’elle, poing levé face aux foules, qui ont malgré nous imprimé nos rétines. Dès les premières minutes, elle impose son tempo : “vous me mettez dans la case ‘militante’, mais je n’en suis pas une. Je suis la sœur d’Adama Traoré. Je fais partie d’une famille de victimes. Le combat pour mon frère existe parce qu’il est mort. Si le mot ‘militante’ arrive avant celui de ‘victime’, que dit-on ?

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La bascule

Le 19 juillet 2016, jour de la mort d’Adama Traoré à la caserne de Persan (Val-d’Oise) lors d’une interpellation, sa sœur est entrée en guerre. Éducatrice en prévention spécialisée la veille encore, elle abandonne tout pour se consacrer à une lutte destinée à devenir plus grande qu’elle : obtenir la mise en examen et la condamnation des gendarmes qu’elle et sa famille mettent en cause dans la mort de son frère. Sa version : “Adama Traoré est mort asphyxié sous le poids de trois gendarmes, à 24 ans, le jour de son anniversaire, des suites d’un plaquage ventral”. Depuis, déclarations, latences, incohérences, expertises et contre-expertises médicales émaillent un dossier aux inconnues multiples qui deviendra rapidement “l’affaire Adama Traoré”, les parties prenantes ne s’accordant qu’autour des derniers mots du disparu : “je ne peux plus respirer”. Les mêmes que ceux prononcés par l’Afro-Américain George Floyd, dont l’agonie a été filmée et diffusée partout, en mai 2020. Et depuis le début des années 2000, même si moins médiatiques, des événements similaires se répliquent. Mohamed Saoud (1998), Lamine Dieng (2007), Hakim Ajimi (2008), Mohamed Boukourou (2009), Serge Pattouche (2011), Abdelhak Goradia (2014), Amadou Koumé (2015) et Cédric Chouviat (2020) sont tous décédés aux mains des forces de l’ordre françaises à la suite d’un plaquage ventral décrié, interdit dans plusieurs pays, mais toujours autorisé en France. Assa Traoré prononce ces noms qu’elle connaît par cœur, mécanique, ne détourne pas le regard, se montre inflexible. Et répète sa vérité, inlassablement. “Pour que justice soit rendue à [son] frère”, d’abord. “Pour dénoncer un système raciste et toutes les formes de discriminations”, ensuite.

La famille d’abord

Dans Lettre à Adama (éd. Points, 2017), les heures qui précèdent et les jours qui succèdent la mort d’Adama Traoré racontent l’histoire d’une famille qui noue avec le drame. En trois actes. L’horreur. L’incompréhension. Puis l’insoumission. Co-signés par Assa Traoré et la journaliste Elsa Vigoureux, les mots claquent au fil des pages, plus puissants encore que des images. Parfois réduits à un “clan” de “délinquants” par une frange de la presse ou d’éditorialistes, les détails qu’on y découvre imposent un principe de réalité. D’humanité, aussi. Il y a ce cadeau d’anniversaire, “une djellaba un peu spéciale, noire et argent, qui venait de Dubaï", commandée par Assa Traoré et qui ne sera livrée “qu’après”. L’odeur encore omniprésente du défunt, qui s’accroche aux étoffes, aux objets. “Rien d’étonnant à ce que nos détracteurs aient du mal à nous considérer comme une famille française normale, qui s’aime, qui se soutient. La base de l’esclavage, c’était d’abord de séparer les familles. Les enfants de la mère, et surtout du père. La France l’a fait. C’est parce que nous restons debout, et unis, que nous sommes perçus comme un danger.” À la lecture, la narration saccade les jours, égrène les minutes. La colère et l’indignation des habitants de Beaumont-sur-Oise. La première marche blanche, d’abord déconseillée par les autorités, puis finalement autorisée. La recherche d’un avocat. La naissance du comité La Vérité pour Adama.

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En petit comité

La mort de mon frère m’a parachutée dans une réalité parallèle. J’ai découvert d’autres noms, d’autres décès similaires. Avant cela, je ne connaissais que Zyed [Benna] et Bouna [Traoré], ou Hakim Ajimi, qui étaient les affaires les plus médiatisées. Les autres n’étaient connues que du milieu militant. Même nous, habitants et travailleurs des quartiers, ne mesurions pas l’ampleur du problème”. De nature réservée, presque mutique, Assa Traoré exhume de sa peine un tempérament guerrier qui ne la quittera plus. Elle observe, écoute les conseils, noue les premières alliances. “Oui, des alliances plutôt que l’illusion de la convergence. Chacun sa vision, sa lutte, ses moyens, mais un ennemi commun : le système”. Le comité Adama se constitue d’abord d’un noyau dur : la famille Traoré. Elle est vite rejointe par “les copains d’Adama et les habitants de Beaumont”. Viennent ensuite les premiers militants, “les vrais”. Youcef Brakni, Almamy Kanouté et Samir Baaloudj, trois activistes antiracistes décoloniaux, distillent aux balbutiements du comité leurs clés de compréhension pour analyser la situation, partagent leurs expériences de terrain, connectent les familles de victimes, mettent à contribution leur réseau. Sans pour autant s’accaparer le combat Adama. “Au comité, on vient de partout, chacun avec notre histoire. C’est très divers. Je ne marche pas dans les pas des militants, je ne me fonds pas en eux, mais je prends certains de leurs conseils” éclaire Assa Traoré. “C’est par exemple Samir [Baaloudj], qui nous a conseillé de ne jamais laisser les autres s’exprimer à notre place. Pour éviter la récupération. C’est tout de suite entré dans nos têtes, et à raison. Qui mieux que nous pourrait parler au nom de mon frère ?” À l’évocation du fonctionnement du comité La Vérité pour Adama, Assa Traoré se rappelle soudain d’un proverbe soninké, transmis par sa mère : “ka goumé ni himé ni ga youn kine cénécé lé bénui”. En français, “le meilleur des chefs, c’est celui qui laisse régner les autres”.

L’alliance fait la force

Au début, Assa Traoré s’organise localement. “On ne tombe pas dans le piège d’aller tout de suite vers du national. Parce que ça s’effondre vite.” Dans le 95, les rassemblements et interventions du comité se multiplient et consolident donc les bases. “Aujourd’hui, on voit des foules qui se déplacent par milliers, mais je n’oublie pas que tout a commencé sur le terrain de foot de Beaumont. On a organisé des barbecues de quartier, vendu des t-shirts, demandé aux mairies de nous prêter des jeux gonflables… On a dit aux gens que s’ils étaient sincères dans leur soutien, ils traverseraient Paris pour construire le combat ici, avec nous. Et ils sont venus”. Assa Traoré, régulièrement invitée à s’exprimer, sillonne les banlieues, Paris, les villages, les facultés. “On parlait beaucoup, avec les habitants des quartiers notamment, les mamans. Pour moi, c’était important de leur dire qu’il ne s’agissait pas que d’Adama. Que c’était aussi leur combat”. Progressivement, elle affine son positionnement, ses idées, et crée des solidarités avec d’autres mouvements. “Je refuse que l’on m’enferme dans un discours, et notamment un discours racial. Il ne s’agit pas d’un duel Blancs contre Noirs. Le système a fait en sorte que l’on perçoive notre bataille de cette façon, ce que je rejette.” En 2017, elle est aux côtés des femmes employées pour le nettoyage des gares SNCF de la banlieue Nord lors de leur 39e jour de grève. En 2018, elle participe à un rassemblement organisé pour les cheminots. En 2019, elle rejoint l’action menée par les écologistes d’Extinction Rébellion à Paris. La même année, elle soutient publiquement les gilets jaunes. En 2020, elle est à la Marche des Solidarités pour demander la régularisation des sans-papiers. “Le combat Adama est à l’image des valeurs de ma famille. On est avec tout le monde, contre toutes les injustices.

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Génération Adama

Assa Traoré est agile. De rencontres en meetings, le comité La Vérité pour Adama se forge un réseau étendu et puissant, spontané, éclectique. À ses côtés, et sans prétendre à l’exhaustivité, les gens de lettres Virginie Despentes, Édouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie. Les commédien.nes Aïssa Maïga, Adèle Haenel, Omar Sy. Les musicien.nes Kery James, Abd Al Malik, Camélia Jordana, Gradur, Black M, La Rumeur, Youssoupha. Les politiques Olivier Besancenot, Christiane Taubira, Esther Benbassa. Mais aussi les réalisateurs.ices Ladj Ly ou Céline Sciamma. De juridique et politique, le combat d’Assa Traoré devient culturel, sociétal et médiatique. Adoptée par les nouvelles générations, qui ne se reconnaissent plus dans les associations historiques de lutte contre le racisme comme la LICRA et SOS Racisme, l’affaire Adama Traoré devient l’affaire de tous. Sur les réseaux, où l’influence d’Assa Traoré grandit, la grogne enfle et se propage, fait du bruit. Avec George Floyd, elle explose : “la mort de George Floyd va venir imager la mort d’Adama Traoré, pour qui les caméras n’étaient pas là”. Quelques jours plus tard, l’après-midi du 2 juin 2020, plusieurs dizaines de milliers de personnes répondent à l’appel à manifester du comité, sur le parvis du Tribunal de Paris. Un drone immortalise l’événement, déjà historique. C’est un raz-de-marée. “Ce jour-là, j’ai assisté à la naissance de la génération Adama”, souffle Assa Traoré. “C’est devenu un mouvement. Peu importent les origines, les âges, les couleurs de peau, que la violence soit subie ou non. Tous étaient là, derrière le comité La Vérité pour Adama”. Dans la foule, les pancartes se dressent, peintes du nom de son frère, mais aussi de Babacar Gueye, Ibrahima Bah, Rémi Fraisse et Zineb Redouane, tués lors d’interventions des forces de l’ordre. Certains manifestants n’ont que 15 ou 16 ans. “La jeune génération se reconnaît en nous, on leur donne de l’élan. Quand la police vient chez moi le jour de la manifestation pour m’empêcher d’y aller, quand on entend partout à la radio, à la télé, que le rassemblement est interdit, et que je prends la parole sur mes réseaux en disant que j’irai quand même, je donne l’exemple. Celui de braver les interdits au nom de la justice. On leur laisse les armes et la prison parce qu’on a l’arme la plus forte : on n’a pas peur”. L’espace d’un instant, on la croirait apaisée, ses traits se relâchent, son regard s’illumine. On lui demande si c’est parce qu’elle se sent proche de gagner. Si elle aperçoit, enfin, la ligne d’arrivée. Raté. “Si on se dit qu’on a gagné, on lève le pied. Au contraire, c’est un virage serré, qu’il faut bien négocier. On ne freine pas, on accélère.”

Soldates malgré elles

En 4 ans, Assa Traoré s’est entourée de figures puissantes, dont les plus visibles… sont toutes féminines. Lors des manifestations des 2 et 13 juillet 2020, Camélia Jordana avait chanté. Aïssa Maïga et Adèle Haenel s’étaient exprimées. Et régulièrement, sur les plateaux, la maîtresse de conférence Mame-Fatou Niang, la docteure en civilisations et diasporas noires Maboula Soumahoro ou la journaliste Rokhaya Diallo éclairent les débats. Des interventions de femmes qui, pour Assa Traoré, ne sont pas dues au hasard. “Si les femmes, racisées notamment, prennent la parole, c’est parce qu’on a muselé les hommes. On ne les regarde pas, on ne les écoute pas, on ne les considère même pas comme pouvant participer à la construction de la France. C’est parce qu’ils ont été déshumanisés qu’on tue mon frère. Alors, il reste les sœurs”. Elle le répètera plusieurs fois : “je suis devenue une soldate malgré moi, cette place, ce rôle, je n’en ai jamais voulu”. Son histoire personnelle démontre pourtant une capacité à “prendre en charge” qui se forge tôt, lorsqu’elle a 14 ans. Nous sommes en 1999. Mara-Siré Traoré, patriarche et père de 17 enfants, décède des suites d’un cancer. Chef en bâtiment, ses poumons ont trop connu le tabac et l’amiante. Devenue “l’aînée du quotidien, la plus grande des plus jeunes”, Assa Traoré prend le relais de sa mère à la maison en prenant soin de Samba, Cheikne, Bagui, les jumeaux Hawa et Adama, Yssoufe, Baï, Yacouba et Tierno. “On n’a jamais manqué de rien. Mais si mon père avait été là, Adama ne serait pas mort. Un homme noir qui grandit sans père dans les quartiers, c’est difficile. Ça revient à ouvrir la porte, à le lancer en l’air et à lui demander de s’accrocher à des branches pour ne pas tomber”. Sur ses réseaux sociaux, sous une vidéo, une abonnée commente : “quel homme ou quelle femme ne voudrait pas d’une sœur comme ça ?

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Guerrière ici, gardienne là-bas

On le lisait déjà en juillet 2020 dans M, le magazine du Monde. Notre entretien le confirme. Assa Traoré ne s’excuse pas, ne séduit pas, retoque certaines questions, ne se laisse pas embarquer. Depuis ses premières interviews, le ton de sa voix a changé. La dernière en date remonte à quelques semaines seulement, pour le prestigieux magazine TIME. Ce 11 décembre 2020, l’hebdomadaire américain l’a désignée “Gardienne de l’année”. “Les projecteurs étaient éteints pendant 4 ans. Là, ils s’allument, et pas que sur moi. Sur la France, ses discriminations, les violences et l’impunité policières. Pour les États-Unis, qui nous idéalisent, c’est un choc. Mais je suis fière que notre combat fasse débat au-delà de nos frontières, en étant reconnu comme une cause loyale et juste. C’est un honneur fait à ma famille, au comité, et aux centaines de milliers de Français qui nous soutiennent depuis ce 19 juillet 2016”. Perçue comme une guerrière en France, mais comme une gardienne de la paix et de la justice aux États-Unis, Assa Traoré recevait fin juin 2020 un “Global Good Award” de la chaîne BET (Black Entertainment Television), pour son combat contre l’injustice raciale et la brutalité policière. Sa voix s’adoucit : “avec les Américains, les interviews prennent une tournure que j’aime beaucoup.”

Justice pour tous

Son téléphone sonne. Assa Traoré s’excuse, décroche. Quelques hochements de tête, elle fronce les sourcils, répond : “très bien, on porte plainte”. En 4 ans, Assa Traoré et sa famille ont pris pour habitude de porter plainte pour diffamation, injures ou faux en écriture publique. À se demander si elle ne se sent pas écartelée, à faire savoir son manque de confiance envers la justice et les institutions d’un côté, et en les saisissant, sans ciller et souvent, de l’autre. “La justice, je la prends au défi. Oui, je porte plainte. Et j’encourage tout le monde à le faire à la moindre insulte, au moindre comportement raciste”. Le préfet de police Didier Lallement, le chroniqueur Éric Naulleau, la députée Marine Le Pen, l’ex-porte-parole des Républicains Laurence Sailliet ou le journaliste Frédéric Hermel sont les derniers à en avoir fait les frais. Portées par l’avocat de la famille Traoré, maître Yassine Bouzrou, les affaires sont encore en cours. “Je veux montrer que l’appareil judiciaire appartient à tous. Qu’on joue tous sur le même terrain.” C’est aussi ce qu’elle explique à ses enfants. Discrète lorsqu’il s’agit de commenter sa vie de famille, elle confie entretenir avec eux la mémoire de leur oncle disparu. “Je dis à mes enfants que leur oncle a été tué, que des gendarmes étaient là, mais qu’ils n’ont rien fait.” Pour elle, tout pourrait se jouer dès l’école. “On devrait apprendre aux enfants à identifier une injustice. Et leur expliquer que l’on doit se battre lorsqu’on en voit une, que c’est normal de réagir. Je leur dis qu’on peut choisir de porter, de défendre, ou de soutenir. Mais qu’on ne peut pas rester passif. Le combat Adama fait partie de leur histoire. Il leur appartient. S’ils doivent en être la continuité, ils le seront”.

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Ce matin, Assa Traoré a déposé les enfants à l’école et préparé le repas du soir. Dans l’après-midi, elle fera des repérages photo pour une publication allemande, puis rencontrera des diplomates américains. “J’essaye de tout caler entre 8 et 16 heures. Ensuite, je vais chercher les enfants, on fait les devoirs, on dîne, et je reprends une fois qu’ils sont couchés.” Sa prochaine date butoir est pour janvier. Le 10 juillet 2020, les juges d’instruction en charge du dossier Adama Traoré ont commandé une nouvelle expertise médicale, confiée cette fois à 4 médecins belges. D’ici quelques jours, elle sera dévoilée. “Ce que je retiens, c’est que le rapport de force marche. Si les précédentes expertises médicales, qui disculpaient les gendarmes, ont été annulées, c’est parce que ma famille a financé une contre-expertise et que nous sommes plusieurs milliers à avoir marché les 2 et 13 juin. Ce n’est pas normal. Je ne devrais pas avoir à me battre pour obtenir la vérité.”

En rentrant chez nous, on a lu sur le site du TIME que depuis près d’un siècle, les personnalités de l’année du magazine étaient “un instrument de mesure pour savoir où se trouve le monde et où il va.” On a désormais un élément de réponse : avec Assa.

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