Courtesy of Dana Kasap

La photographe qui capture ses modèles nus sur leurs canapés

Depuis Tel Aviv, Dana Kasap a trouvé le meilleur endroit pour photographier les gens en confinement depuis le confort de leurs salons.

par Rolien Zonneveld
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27 Août 2020, 9:00am

Courtesy of Dana Kasap

Comme tous ceux qui ont perdu leurs jobs en raison de la pandémie de coronavirus, la photographe israélienne de vingt-six ans Dana Kasap a vu son calendrier se libérer alors que le virus touchait son pays. Puisqu’elle ne pouvait pas y faire grand chose, Dana était prête à succomber aux charmes d’une vie passée sur le canapé à regarder Netflix. Se tourner vers les natures mortes n’était pas une option. Avant la pandémie, elle bougeait sans cesse, rendant visite à ses modèles pour les photographier chez eux. Tel Aviv, habituellement une ville animée par l’agitation des touristes, étaient devenue une ville fantôme.

Selon Dana, « aussi cliché que cela sonne, je pense que l’on peut trouver de l’inspiration partout, c’est une théorie qui s’est vérifiée au fil des années. Pour moi, il est question de la beauté et des subtilités que l’on peut trouver n’importe où. Que ce soient des rides sur le visage d’une vieille femme, une sourire avec des dents en moins, un enfant roux avec des taches de rousseurs, ou même un mec super poilu sur la plage en slip de bain. Je suis généralement plus inspirée quand je touche le fond ».

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Voici comment Dana a trouvé l’idée de photographier les gens en face à face, en respectant une distance de sécurité, alors qu’ils étaient nus sur leurs canapés. « Nos maisons sont le lieu le plus intime pour nous, le lieu où l’on abandonne les masques que l’on porte à l’extérieur, et ces jours-ci littéralement. Puisque j’avais initialement prévu de rester sur mon canapé pendant le confinement, cela est apparu comme un bon endroit pour commencer ». Le genre de nudité qu’elle cherchait était calme, intime, plutôt qu’une nudité de face, plus provocante. « La seule indication que j’ai donné à mes sujets était de s’allonger sur le ventre, de la manière la plus confortable pour eux. Pour certains, cela signifiait avoir les jambes en l’air, pour d’autres, c’était avoir leurs mains près du corps, beaucoup regardaient droit dans la caméra alors que d’autres n’ont pas souhaiter établir d’eye contact. Le fait même que je leur demande de se déshabiller devant moi créait un espace d’intimité entre nous, ce qui m’a nourrit de photo en photo, de maison en maison ».

Initialement, elle n’avait aucune idée de qui accepterait le format, elle a donc commencé à photographier les gens qu’elle connaissait, des amis proches qui diraient forcément oui sans poser de question. Mais après avoir communiqué sur son projet sur les réseaux sociaux, de nombreux messages ont commencé à arriver de potentiels participants. « À partir de là, il y a eu une sorte d’effet boule de neige. Les gens que je photographiais en parlaient à d’autres, et ces gens-là me contactaient. Je savais que je voulais photographier toute sorte de physiques, d’âges et de tailles. La diversité n’était pas la plus facile à trouver, mais ce n’était pas impossible. À la fin, même des gens de soixante ans et plus se sont intéressés à l’idée ».

Le résultat est une série documentaire, au charme naif de la vie de ceux qui ont été séparés, mais qui expérimentent exactement la même chose que vous, de longues journées passées à l’intérieur. « J’ai photographié plus de quatre-vingt personnes pour le moment, et je compte continuer tant que nous serons en confinement. Les histoires que j’ai entendu et les mots échangés avec les participants au projet resteront longtemps avec moi ».

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Credits

Photography Dana Kasap

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