Images courtesy of Courrèges

Le meilleur de la semaine de la mode parisienne : Courrèges et Saint Laurent

Nicolas di Felice a apporté un flair ravageur à son premier défilé physique, tandis que Vaccarello est revenu sur le podium avec une collection de vêtements féminins sophistiqués et sexy.

par Mahoro Seward, Felix Petty, et Osman Ahmed
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30 Septembre 2021, 3:05pm

Images courtesy of Courrèges

Bonjour, mes amours ! Quelle merveille, la Fashion Week de Paris est de retour ! La grande dame des défilés est en place, plus audacieuse et en pleine forme que jamais pour le printemps-été 2022. Alors que le cirque itinérant de la mode entre dans sa phase la plus importante et la plus hyperactive de toutes, on vous donne des informations sur les collections les plus immanquables en direct (ou presque) des flashs éblouissants de la ville lumière. En plus de nos articles sur les grands noms de la mode (tout ce qu’il faut savoir sur Chanel, Dior et Vuitton), comptez sur nous pour découvrir les plus grands noms indépendants du calendrier. Si vous piétinez d’impatience, imaginez dans quel état nous sommes ! Mais ne nous emballons pas, c'est un marathon et non un sprint. Maintenant, à vos marques, prêts… GO !

Courrèges

Relancer une maison au patrimoine aussi noble que Courrèges est loin d'être une tâche facile. Et dans le cas de cette maison tout particulièrement, le défi de rendre hommage à une archive aussi estimée tout en proposant une vision créative qui résonne aujourd'hui a vu une série de directeurs créatifs se défaire. En trois saisons seulement, Nicolas di Felice a prouvé qu'il était capable de marcher sur cette corde raide avec brio, en insufflant à ses silhouettes géométriques et à son flair spatial une sensualité brute et provoc’. La preuve que les filles sont déjà accro de ce qu'il leur offre a été plus que prouvée par le fait qu'il nous a toutes fait venir au Bois de Vincennes, un grand parc à la périphérie de la ville, à l'aube, pour assister à son premier spectacle physique. Avec des lampes de stade encadrant un carré blanc bordé de chaises cubiques blanches, il y avait un aspect industriel propre à l'installation, un ton reflété dans les ponchos en vinyle lourdement drapés qui ouvraient la collection - ils ressemblaient presque à des vêtements idéaux pour un meeting Star Wars. Mais là où les choses se sont vraiment intensifiées, c'est au passage des looks à la sensibilité presque fétichiste – des dos nus en PVC dotés de finitions miroir courant autour du buste, et une robe enveloppante avec des découpes autour du nombril et du sternum et des piercings bordant l'ourlet. Nicolas nous a confié en coulisses qu'il s'était inspiré de ses propres souvenirs des tenues customisées qu'il voyait lors des raves s’étant déroulées à l'endroit même où était organisé le défilé d'hier. Voilà qui insufflait au modèle Courrèges et ses lignes épurées une touche de grunge des plus bienvenues. Pour équilibrer le tout, les vêtements étaient empreints d'un romantisme aérien – peut-être alimenté par le fait que le lieu est celui où son petit ami et lui se sont embrassés pour la première fois. On peut également penser à des minijupes et des robes courtes à rayures pastel avec des traînées de tissu vacillant au gré de la brise. Considérez que votre nouvelle garde-robe de fête est prête. MS

Courreges SS22 catwalk look: a model wears a shiny silver cape
​Image courtesy of Courrèges
Courreges SS22 catwalk look: a model wears a powder blue pvc cross-top mini dress over sheer blue tights
​Image courtesy of Courrèges
Courreges SS22 catwalk look: a model wears thigh-high black boots with a PVC mini skirt and a band-style tee
​Image courtesy of Courrèges
Courreges SS22 catwalk look: a model wears black trousers with cut out details and a halter top
​Image courtesy of Courrèges
Courreges SS22 catwalk look: a model wears silver boots with a white cut-out strap detail top
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Courreges SS22 catwalk look: a model wears a long black pencil skirt with a slit, with a PVC halter bodice
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Courreges SS22 catwalk look: a model wears a long black leather coat with thigh-high boots and a cap
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Acne Studios

« Le look est provocateur et endurci, mais il est ancré dans un artisanat qui est ensuite subverti », a déclaré Jonny Johansson, directeur créatif d'Acne Studios, à propos du dernier défilé de la marque suédoise. Présentée sur une passerelle surélevée recouverte de tissu en velours et parsemée de miroirs, la collection possédait un aspect plus brut, plus dépareillé que ce que l'on associait auparavant à la marque autrefois minimale. Imaginez des robes transparentes à froufrous avec des cravates lo-fi, à des vestes en cuir et des manteaux massifs portés sur de la mousseline de soie, à des plaids contrastant avec de la lingerie, à du crochet doux et à des tricots pointus. C'est l'idée de défaire la corsetterie - peut-être une métaphore de l'assouplissement des restrictions dans le monde - qui a volé la vedette lors de ce show. « Nous vivons à l'ère de l'auto-identité, de l'instinct et de l'expérimentation », a ajouté Jonny. Il n'a pas tort : c'est la saison pour changer de vitesse et offrir quelque chose de nouveau. OA

Acne Studios SS22: a model wears a sheer floaty brown dress with a matching bonnet
​Image courtesy of Acne Studios
Acne Studios SS22: a model wears an oversized leather coat with chunky nude heels
​Image courtesy of Acne Studios
Acne Studios SS22: a model wears patchwork brown leather trousers with a sheer black floaty top
​Image courtesy of Acne Studios
Acne Studios SS22: a model wears brown trousers with a brown patchwork leather bodice
​Image courtesy of Acne Studios
Acne Studios SS22: a model wears a beige knit twin set and chunky nude heels
​Image courtesy of Acne Studios
Acne Studios SS22: a model wears a creme-coloured boned bodice and matching mini skirt with chunky wooden heels
​Image courtesy of Acne Studios
Acne Studios SS22: a model wears a crochet midi skirt and matching crop top
​Image courtesy of Acne Studios

Saint Laurent

Saint Laurent a fait sensation avec son défilé hier soir. Tenu directement sous la lueur de la Tour Eiffel scintillante, le show de retour d'Anthony Vaccarello était centré autour d'une cascade techno géante et d'un affichage de lumière qui déclarait sans ambages : "Bonjour, bitches ! We’re back." La collection était tout aussi spectaculaire, le genre de vêtements que l'on ne voit que chez Saint Laurent : effrontés et badass, monstrueusement chics et insatiablement sexy. On y trouve les talons les plus hauts, la confection la plus méticuleuse, les tissus les plus serrés et les plus stretch, et bien sûr, la peau la plus exposée. Mais il s’y cache  plus que ce que l'on peut voir au premier regard. Cette saison, Anthony s'est tourné vers l'une des femmes centrales à l’histoire qu’il racontait : Paloma Picasso. Il a également réfléchi à la vie après la confinement à travers des tissus inattendus. Voici tout ce que vous devez savoir. OA

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Dior

Oubliez ce que vous savez, ou même pensez, de la maison Dior de Maria Grazia Chiuri. Hier, lors du premier grand défilé de la Fashion Week de Paris, la directrice de la création italienne a radicalement abandonné les robes de déesse plissées et les vestes Bar adoucies qui ont fait sa réputation depuis qu'elle a rejoint la maison il y a cinq ans. Au lieu de tout cela, le look de la saison prochaine est court, dynamique et - oserais-je dire - sexy. Les jupes qui lui sont chères et qui descendent jusqu'aux mollets ont été remplacées par des mini jupes, en cuir verni brillant, rien que ça ! Bienvenue dans le nouveau monde post-Covid de la mode parisienne. Les phéromones flottent dans l'air cette saison. Et si les masques sont de rigueur pour le public, les corps des mannequins que nous regardons sont nus, même chez Dior.

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Botter

Depuis leur irruption sur la scène lors du Grand Prix du Festival d'Hyères en 2017, Lisi Herrebrugh et Rushemy Botter de Botter ont placé l'océan au cœur de leur pratique. De nombreux clins d'œil thématiques à la vie et à la culture aquatiques ont surgit dans leurs collections au fil des années, souvent nourris par les souvenirs de Rushemy sur son lieu de naissance, l'île néerlandaise de Curaçao dans les Caraïbes. Hier, cependant, la mer a imprégné le tissu même de leur dernière collection, intitulée "Global Warning", dans un sens très littéral. En effet, la marque a collaboré pour la première fois avec Parley for the Oceans, une organisation à but non lucratif qui s'attaque au problème de la pollution plastique marine en transformant les débris en tissus. Travaillant avec leurs textiles régénérés pour environ 60% de la collection, cette saison se concentre sur des pièces qui viennent maximiser les propriétés des tissus. Des bandes de nylon robustes ont été fusionnées pour créer une chemise de rugby boxy, et le filet est venu composer un gilet en ficelle. Le duo a démontré son flair pour la confection expérimentale avec un costume en laine turquoise qui avait la texture visuelle du néoprène de plongée et une fermeture à torsion de plongée ; mais aussi des vestes matelassées recyclées à partir de nappes brodées. On a également découvert une collaboration avec les fabricants de parapluies français Piganiol, par laquelle des parapluies de stocks dormants ont été transformés en chapeaux excentriques et en anoraks subtilement drapés. Mais il n'y a pas que les vêtements dans la démarche du duo : pendant le confinement, Lisi et Rushemy ont créé une pépinière de coraux à Curaçao, l'île natale de Rushemy, dans le but de contribuer à la reconstruction des récifs endommagés de l'île. Avec 20 % des bénéfices des ventes de la collection consacrés à cette opération, Botter devient un exemple encourageant de la manière dont la mode peut aller au-delà de la simple préoccupation de son propre avenir et commencer à s'occuper activement de celui du monde. MS

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Ottolinger

Nous l'avons dit une fois, nous le répétons : la mode est en chaleur pour le printemps 2022. Tout est question de peau, de sensualité et de sexe. Nulle part ailleurs n’au autant été le cas que dans le défilé libidinal mis en scène par Christa Bosch et Cosima Gadient d'Ottolinger sur la rive gauche. Vêtue de minuscules sous-vêtements en jersey côtelé, avec une myriade de découpes et de bretelles enroulées, et de certains des plus petits shorts en denim que nous n'ayons jamais vus, cette collection s'inscrivait pleinement dans le climat de célébration corporelle fière, que nous observons si souvent en ce moment - et, notons le, c'était l'une des rares collections de ce type en Europe qui célébrait également un éventail de morphologies. Après les looks d'ouverture les plus dénudés du défilé, on a découvert une série de silhouettes en denim torsadé particulièrement mémorables, ainsi que des tops en toile d'araignée qui nécessiteront tout un un manuel d'instructions pour être enfilés (il faut travailler son look les filles !), d'impressionnantes coutures princesse, ainsi que des robes et autres pièces ornées de cablages sculpturaux. Sinueux, sexy et conceptuel - tout ce que nous voulons être l'été prochain ! MS

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Thebe Magugu

Dans la frénésie de cette rentrée de la semaine de la mode, il peut être facile de perdre de vue les choses qui comptent vraiment dans la vie. Pour sa collection Printemps-Eté 2022, Thebe Magugu a pris le temps de réfléchir à l'une des choses les plus importantes pour lui : sa famille. Sous le titre "Généalogie", Thebe s'est assis avec sa mère et sa tante pour fouiller dans les albums de famille, choisissant des moments et des souvenirs au fil des années qui ont touché une corde sensible chez lui. Il a ensuite cherché à réinterpréter les vêtements que l'on voit sur ces clichés, en relevant et en actualisant leurs caractéristiques, comme les plis exacts d'une jupe que sa grand-mère portait dans les années 50, ou les micro-mini jupes que sa mère arborait pendant sa phase de rebellion dans les années 70. Présentées au Palais de Tokyo, avec pour toile de fond leurs images de référence agrandies, ces interprétations actualisées étaient souvent plus claires en termes de couleur et de silhouette. Passées par un regard innovant, ces lignes étaient moins littérales : on peut penser au cas d'un twinset sans manches en laine lavande, qui faisait écho à une robe brumeuse de la même couleur portées dans un des clichés. Il s'agissait plutôt de traduire la qualité émotionnelle qui émanait d'une image, et non une référence visuelle figée - un sentiment de confort, d'aisance ou de fierté, par exemple. Au milieu de toutes les palabres du retour aux présentations IRL, on découvrait là une mode qui servait aussi de nourriture pour l'âme. MS

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Kenneth Ize

Ouvrir la première véritable semaine de la mode physique de Paris depuis près de deux ans n'est pas une mince affaire, et occuper cette place est un véritable honneur - c'est un signe de la confiance et du respect que vous accordent les puissances au sommet de l'industrie. Cette saison, cette place est revenue à Kenneth Ize. Après que la saison dernière se soit efforcée de trouver un espoir au milieu du mal-être qui a envahi les 18 derniers mois - elle était riche en tailleurs graphiques et en teintes plus organiques que ce que nous avions vu auparavant de la part du créateur - la saison 2022 a marqué un retour à la palette plus ouvertement optimiste pour lequel le créateur s'est fait connaître. Intitulé à juste titre "A New Dawn", il a présenté 30 looks imprégnés d'une légèreté joyeuse, qui venait soutenir la structure rigoureuse des silhouettes : Des robes colonne à bretelles en tissu aso oke blanc à rayures dorées - tissé dans l'usine qu'il a créée dans l'État d'Ilorin, au Nigeria - étaient garnies de cascades de franges ; des tricots en lurex joyeux étaient proposés dans des couleurs disco-pop ; des tuniques et combinaisons courtes à rayures tigrées flottaient dans le sillage de la démarche des mannequins. Bien qu'il s'agisse certainement du genre de collection qui ferait sourire même les rédacteurs en chef vétérans au cœur de pierre, la collection ne se limitait pas seulement à des "vêtements joyeux". Au contraire, il y avait un sentiment palpable de calme, d'assurance et de confiance dans le retour de Kenneth à des territoires esthétiques plus enjolivés, des émotions qui se reflétaient dans le rythme volontairement ralenti des modèles – le tout lors d'une performance en direct du saxophoniste londonien cktrl. MS

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Image courtesy of Kenneth ize
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Image courtesy of Kenneth ize
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Image courtesy of Kenneth ize
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Image courtesy of Kenneth ize
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Image courtesy of Kenneth ize
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Image courtesy of Kenneth ize
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Image courtesy of Kenneth ize

Marine Serre

Si pour beaucoup, cette saison est celle du retour du défilé IRL, il y a ces créateurs qui, au cours de la pandémie, ont trouvé leur niche au sein du cinéma. Parmi eux, la reine de l'éco-couture Marine Serre, de Paris, qui a produit certains des films de mode les plus méditatifs et les plus saisissants que nous ayons pu voir récemment. Ostal24, le film de 13 minutes qu'elle a projeté hier soir devant un public dans un somptueux hôtel particulier du Marais, ne fait pas exception. Offrant un aperçu immersif d'une journée dans la vie de ce qui ressemble à une commune Marine Serre, l’œuvre prouve qu'il n'est pas nécessaire de voir des mannequins défiler sur un podium pour vraiment apprécier les créations. Vêtus de tee-shirts en éponge recyclés, de blouses de laboratoire faites de nappes, de torchons hollandais brodés, et des pièces en maille stretch upcyclée – une signature de la marque –,  les membres du clan Marine Serre se sont adonnés à des actions ritualisées allant du banal - cuisine commune et yoga – à l’excentrique, comme se régaler d'une substance noire à l'aspect sinistre et se livrer à des danses extatiques.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, cela a permis de mettre en évidence les subtilités des vêtements eux-mêmes. Le décor rustique du film, par exemple, fait ressortir la beauté délicate d'une robe en dentelle, tout en mettant en relief la retenue d'un manteau en cuir cintré. Les bleus et les violets du denim en patchwork se confondent avec les orties et les roseaux se balançant au vent. C'était un témoignage non seulement des capacités de Marine en tant que designer, mais aussi en tant que bâtisseuse d’un monde. MS

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Image courtesy of Marine Serre
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Image courtesy of Marine Serre
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Image courtesy of Marine Serre
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