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      musique Micha Barban-Dangerfield 13 juillet 2017

      de peckham au worldwide festival : 4 djs et musiciens à suivre absolument

      Bradley Zero, Henry Wu, Prequel et Nubya : ils viennent du monde entier et se sont retrouvés à Peckham, dans le sud de Londres, où ils participent au futur de la house, de la soul et du jazz. i-D les a rencontrés dans un autre sud, celui de la France, à Sète exactement lors du Worldwide festival.

      Tous les ans, le parrain de la nouvelle garde musicale internationale, Dj et présentateur Gilles Peterson pose bagages au Théâtre de la Mer pour le Worldwide Festival. Une scène antique (et légendaire) encastrée au-dessus de la houle méditerranéenne sur laquelle ont défilé les plus grands noms de la world music, du jazz et sa version acid, de la house et don pendant deep. Cette année, c'était au tour du Sun Ra Arkestra, de Dj Antal, Jonwayne, Shabaka & The Ancestors, d'Auntie Flo ou encore Sampha de mener la cérémonie. Les uns après les autres, sur une scène unique, sans jamais se faire concurrence. i-D a rencontré 4 Djs et musiciens présents au Worldwide qui, chacun à leur manière, poussent naturellement la soul, la house et le jazz à se métamorphoser et à dessiner de nouveaux horizons musicaux. La plupart d'entre eux oeuvrent dans le sud de Londres, à Peckham plus précisément, qui accueille depuis plusieurs années une des scènes musicales les plus vibrantes du moment. Ensemble, il opèrent la réunion des pôles, la rencontre des Sud. Voici 4 Djs et musiciens dont vous n'avez pas fini d'entendre parler. 

      Bradley Zero

      Est-ce que tu te souviens de ton tout premier émoi musical ? Je me souviens de la fois où, enfant, j'ai décidé d'enregistrer le titre Tainted Love sur mon lecteur de cassette Fisher Price. Il avait une couleur un peu moutarde. Je devais avoir environ 4 ou 5 ans.

      Qu'est ce qui se jouait chez toi à cette époque ? Mon père était Dj lui aussi. Il tenait un magasin de vinyles dans les années 1970. Du coup il nous faisait écouter plein de genres musicaux différents. J'adorais Steevie Wonder, David Bowie ou Joni Mitchell. De la folk seventies. Il y avait du reggae et de la soul aussi. Mes parents nous amenaient au carnaval de Leeds tous les ans avec ma grand-mère et ma mère. Ma sœur faisait partie de la parade. Je me souviens d'une année où les sound-systems jouaient Who Let The Dogs Out. C'était fou.

      Comment es-tu passé derrière les platines ? Grâce à mon père. Il m'embarquait avec lui quand il jouait. J'avais dans les 9 ans, je me posais derrière les platines avec lui et je le regardais faire. Je me demande ce que les gens devaient penser en voyant un gamin de mon âge arriver. Puis au fur et à mesure je lui ai demandé si je pouvais essayer de mixer. Et il m'a montré comment faire.

      Tu es très actif dans la scène musicale du sud de Londres. À Peckham très exactement qui vibre énormément depuis quelques années. Qu'est-ce que ce quartier représente pour toi ? Ça a été un tournant majeur. C'est la première fois que j'ai eu l'occasion de jouer les sons que je voulais. Je servais des verres dans un bar et le gérant me laissait passer des vinyles quand il n'y avait pas trop de monde. J'étais payé au minimum horaire mais je pouvais jouer la musique que je voulais. C'était une super première expérience. Je rencontrais beaucoup de monde et les gens me proposaient de venir passer des sons dans leurs bars ou clubs après mon service. Tout s'est fait très naturellement sans que j'aie besoin de me vendre.

      Qu'est devenu Peckham ? Ça a beaucoup changé. Il y a 5 ans, personne ne voulait y mettre un pied. Le quartier avait mauvaise réputation, était trop dangereux, trop éloigné. Aujourd'hui, tout le monde sort à Peckham. Le quartier est devenu incontournable. Tout se passe là-bas.

      Comment perçois-tu cette évolution ? C'est une évolution urbaine sans fin. Londres se déploie et mange ses quartiers les uns après les autres. C'est comme ça. Et les gens se déplaceront de Peckham un jour pour un autre quartier. C'est un quartier hyper excitant, le problème étant que maintenant, à force de gentrification, les prix montent et des populations se retrouvent exclues. La façon de "consommer" le quartier est différente aujourd'hui aussi. Les gens ne font que passer et viennent pour profiter de la scène locale mais donnent peu en retour, s'investissent moins. Peckham se fait un peu engloutir par l'extension de Londres et commence à pâtir des mêmes dynamiques.

      Peckham a quand réussi à éveiller un nouveau sens communautaire dans la scène musicale londonienne… Oui tout à fait. Au moment où je m'y suis installé, il s'agissait d'une communauté d'étudiants en art. Les écoles d'art du coin ont poussé les étudiants à s'organiser entre eux pour maintenir une émulation créative en dehors de l'école et survivre ensemble.

      Quand et comment as-tu décidé de lancer ton propre label ? En lançant Rhythm Section, je n'avais pas de vision sur le long terme ni d'intention précise, j'y suis allé au feeling et j'ai appris sur le tas. J'aime faire les choses dans l'instant sans trop penser aux conséquences ou à ce qu'un projet deviendra 5 ans plus tard. Je ne pensais pas du tout que le label obtiendrait autant de reconnaissance, que Rhythm Section allait aussi devenir une émission radio et que j'allais signer des artistes internationaux. J'ai agi sans penser. Je n'avais pas de buisness modèle ou quoi que ce soit. Tout s'est fait de façon très empirique. Et les choses ont marché.

      Tu viens de jouer au Worldwide. Qu'est ce qui différencie ce festival des autres selon toi ? Le simple fait qu'il n'y est qu'un acte à al fois, qu'une scène. C'est là que réside toute la magie de ce festival. Et c'est un schéma hyper rare. Ce qui est épuisant dans les festivals traditionnels, c'est leur échelle ingérable, le nombre de concerts qui y sont joués au même moment, en continu. Au Worlwide tu apprécies le travail d'un commissaire. De Gilles et sa bande. Il a dédié sa vie à la musique et les gens qui vont au Worldwide lui font pleinement confiance - ils savent qu'ils vont écouter de la très bonne musique. Je pense que le fait de ne pas avoir le choix est une très bonne chose. C'est un luxe auquel on est plus habitués. Aujourd'hui on a accès à tant de musiques qu'on en oublie de découvrir de nouvelles choses. Le public est engagé d'une tout autre façon au Wolrdwide.

      As-tu déjà pensé à composer sous ton nom ? Non pas vraiment. J'ai fait partie de plusieurs groupes de musique. Mais il y a un temps pour tout. Je ne ressens pas l'envie de produire un morceau de house médiocre - non, non, non ! Ce serait une perte de temps pour tout le monde je pense. Je préfère laisser les vrais faire et partager ce qu'ils font. On verra dans le futur pour le reste.

      Si tu pouvais jouer un morceau au monde entier tout de suite, ce serait quoi ? Je jouerais Emotion de Dennis Vovell & 15 16 17. J'ai voulu le jouer à la fin de mon set au Worldwide mais je me suis trompé de taille de vinyle. Ce serait donc l'occasion parfaite pour me rattraper.

      Nubya

      Quel a été ton premier frisson musical ? Quand j'étais plus jeune, j'étais complétement fan de Nikki Hall. J'ai découvert les grands classiques du jazz à travers les petits groupes dans lesquels je jouais. Mon premier frisson musical, c'est sans doute le jour où j'ai fait un solo. Je devais avoir douze ans et j'étais tellement timide…

      Qu'est-ce que tu écoutais à cette époque ? Beaucoup de reggae, principalement du jazz. Ma grande sœur faisait de la musique classique, donc c'était ça faisait aussi partie de ma culture musicale.

      Aujourd'hui ta musique est liée à d'autres univers, on ne peut la résumer à du jazz. Où es-tu allée puiser ces autres influences ? Le fait d'être dans des groupes m'a éveillée à d'autres instruments, notamment aux instruments à cordes. J'adore la folk. Quand j'avais 13, 14 ans j'empruntais beaucoup de CD à la bibliothèque. J'étais une vraie geek. Et je me suis passionnée pour la musique qui donne envie de danser.

      Dirais-tu qu'il y a un renouveau dans le jazz, que les limites du genre s'effacent ? Je ne sais pas si j'ai le sentiment de repousser les frontières. Je le fais vraiment de manière naturelle. Ce qui est positif, c'est que cet apprentissage m'a permis de découvrir le modern jazz, le be-bop, le jazz psyché , le jazz traditionnel, le blues… Quel moment magique hier avec Sun Ra Arkestra d'ailleurs, c'était fou, ce passage de blues ! Je fais partie de ce mouvement de renouveau donc je vois ce qui se passe, mais je me demande rarement si nous sommes effectivement en train de repousser les frontières de façon consciente. C'est intéressant de se poser la question mais j'ai le sentiment que les choses se font de manière plutôt instinctive et naturelle.

      Quel est ton lien avec Peckham, la scène du sud de Londres ? J'ai vécu pendant vingt ans du côté de Camden. C'est une grande partie de ma vie. Cette scène est très forte, et elle m'a beaucoup impressionnée lorsque je l'ai découverte. Je ne fais pas partie de ses membres originaux, ma mère ne me laissait pas aller à Peckham parce qu'elle jugeait que c'était trop dangereux. Quand j'y ai déménagé, que j'ai rencontré Moses Boyd, Congo Natty, ça m'a énormément influencée

      Tu es aussi Dj. Comment es-tu passée du saxo aux platines ? J'essaie de l'être ! Très honnêtement, je ne sais pas comment j'en suis arrivée là. J'ai toujours collectionné des vinyles à la maison, frénétiquement. Une grosse partie de mes bourses d'études sont parties là-dedans. Il y a quelques années, j'ai vécu avec deux DJs et j'ai voulu essayer. J'adore guider les gens par la musique, pouvoir balancer un son que personne n'a entendu depuis des années. C'est vraiment quelque chose que j'ai de plus en plus envie de faire à l'avenir. En ce moment je mixe tous les vendredis et je m'éclate !

      Quel est ton lien avec le Worldwide ? Ma première expérience, c'est lorsque Moses Boyd a été récompensé par le Worlwide Award, j'étais tellement heureuse pour lui ! Ce festival m'a amené énormément de contacts et aujourd'hui j'ai la chance d'être bookée en tant qu'artiste, c'est magique ! L'équipe est merveilleuse. Je me sens très chanceuse d'en faire partie.

      Que représente Gilles pour toi ? C'est quelqu'un qui est encourageant, qui est toujours à la recherche de nouvelles têtes, de nouveaux talents. Gilles souhaite impliquer tout le monde : les spectateurs, les dj, les producteurs, les musiciens. Il a construit un environnement magnifique pour ceux qui aiment faire de la musique et ceux qui veulent en écouter. Dans le monde de la musique, il y a de véritables piliers. Gilles en est un pour moi. Il fait partie de ces gens qui ne se reposent jamais, qui sont toujours en recherche créent de plateformes pour permettre à la musique d'évoluer.

      Quels sont tes projets après le Worldwide ? La semaine prochaine, je joue à Afropunk à Paris avec Jazz refresh. Et dans 15 jours, j'enregistre un album dans 15 jours avec Miyisha, c'est de l'afro jazz, pour sortir un single très bientôt. Je suis super excitée !

      Si tu devais jouer un seul titre ? « Tagi », de Charles Lloyd Quartet. C'est un incroyable musicien. L'air est magnifique, Charles Lloyd n'est plus tout jeune et sa présence donne au morceau une émotion folle. C'est un titre qui semble raconter une histoire. Je l'ai beaucoup écouté et je le jouerai encore longtemps. Il y a aussi « Sonrisa » de Herbie Hancock, un morceau de piano dont je ne me lasse toujours pas… Oui, je crois que ces deux morceaux me sont vraiment indispensables.

      Prequel

      Quel a été ton premier frisson musical ? L'un de mes premiers souvenirs musicaux, c'est quand ma mère enceinte, mon père, mon frère et moi sommes allés voir Alanis Morissette en 1996. Je suis presque sûr que c'était au Road Laver Arena à melbourne. Je devais avoir 9 ans et mes cousins et moi étions tous à fond sur elle. J'étais complètement fan et le concert avait lieu dans cet énorme stade où tous les gens chantaient les paroles en chœur. Il y avait une chanson où elle disait « fuck » et tout le monde hurlait « fuck », ça me semblait complètement fou !

      Tu te souviens de l'effet physique que ça a produit sur toi ? Ça peut paraître un peu narcissique, mais enfant, chaque fois que je voyais quelqu'un sur scène, je me disais « qu'est-ce que j'aimerais que ce soit moi ! ». J'adorais faire le show donc j'ai vraiment toujours eu cette envie d'être dans la lumière. Ça me rappelle ce diagramme, où le cercle « narcissisme absolu » se confond avec celui du « manque de confiance maladif », à l'intersection des deux il y a l'art et je crois que c'est une définition qui me correspond très bien !

      Qu'est-ce que tu écoutais à cette époque ? Plein de choses différentes ! Je me rappelle écouter des trucs très commerciaux en allant à l'école et puis retrouver mon père à la maison qui écoutait beaucoup de jazz, John Coltrane, Mile Davis, Chick Korea, Herbie Hancock, Paolo Conte… J'ai attendu l'âge de 12 ou 13 pour découvrir le hip-hop et ça a complètement changé ma vie. Mon père avait offert à ma mère Killing me softly des Fugees, j'écoutais ça sans savoir que c'était du hip-hop. Puis j'ai découvert qu'il avait d'autres CD de hip hop.

      Ton père a donc exercé une forte influence sur tes goûts musicaux ? Oui, il a fait le conservatoire et a toujours fait du piano. Il nous a tous beaucoup influencés musicalement, mon petit frère connaît très bien le rap mais il a aussi appris par cœur toutes les paroles de l'album Apostrophe de Frank Zappa. Dans la voiture de mon père, on écoutait autant Zappa que Biggie !

      C'est cet éclectisme de base qui t'a amené à t'intéresser au mix ? Oui, et puis il y a aussi eu mon intérêt pour le scratch. Je me souviens avoir été marqué par le documentaire Scratch de Doug Pray. Ce film m'a complétement retourné le cerveau ! Le djing, c'était une manière d'entrer dans la musique d'une autre façon, et la possibilité de m'éclater tout seul dans ma chambre !

      Il se passe beaucoup de choses en Australie musicalement en ce moment. C'est assez fou ! Billy Davis, Hiatus Kayote, Wallace, Remi, Lance Ferguson, Hubert Clarke Jr… Je ne sais pas ce qui se passe en ce moment mais il y a un raz-de-marée de bonne musique de plein de genres différents ! C'est génial, ça me rend très fier.

      Penses-tu que c'est la fin des tribus musicales ? Dans la vie, on fonctionne toujours en groupes. Je ne sais pas vraiment, c'est comme lorsqu'on se dit que dans quelques siècles, les gens auront tous la même couleur de peau parce qu'ils se seront mélangés ! Dans un sens, c'est ce que je souhaite et en même temps non, parce que je pense que c'est important que des choses continuent à évoluer de leur côté pour pouvoir se mixer à nouveau plus tard !

      Beaucoup de genres musicaux sont en train d'évoluer du côté de Peckham (où tu joues souvent) en ce moment, notamment la scène soul jazz. Quelle est ta perception du sud de Londres ? Je n'ai jamais vu un endroit pareil ! Pour être tout à fait honnête, je n'avais jamais vu autant de couelurs de peau différentes dans un même quartier ! Melbourne est multiculturelle, mais d'une autre manière. Le sud de Londres est en ébullition constante, chacun fait ce qu'il a à faire et il n'y a aucun jugement. Je vois tous ces gens différents vivrent tranquillement ensemble, c'est inspirant. Il y a du multiculturalisme en Australie, notamment à Melbourne, mais aussi beaucoup de racisme. 

      Ce n'est pas la première fois que tu viens au Worldwide, quel est ton lien avec ce festival ? C'est ma 4ème édition ! C'est génial ! L'atmosphère, l'équipe… Le seul autre festival européen dans lequel je me suis rendu c'est Gottwood, donc une ambiance très différente ! Au Worldwide, il y a une variété de genres musicaux représentés qui est vraiment impressionnante : hier je voyais Jonwayne puis Sun Ra Arkestra ! C'est assez rare. Lorsqu'on n'a pas grandi en Europe, c'est encore plus exceptionnel d'avoir affaire à une telle diversité. Aujourd'hui je peux jouer ma musique dans un endroit pareil, c'est incroyable ! Et ils ont réussi à conserver une ambiance familiale.

      Il y a une dimension très humaine dans ce festival non ? Il y a un aspect émotionnel très fort. J'ai besoin de sentir la même émotion quand je crée un son et quand je l'écoute. Ce soir, je vais voir Sun Ra Arkestra et puis DJ Antal, et même si Antal n'a pas le message politique de Sun Ra, il permet aux gens de danser ensemble et de partager un moment ensemble. Je crois que c'est tout l'intérêt de la dance music.

      Henry Wu

      Quel a été ton premier frisson musical ? Probablement Craig David ou le So Solid Crew, ces univers musicaux du début des années 2000, quand j'avais 10/11 ans. Un des premiers CD que j'ai acheté c'était Oxide & Neutrino. J'aimais bien ce côté garage.

      Quand as-tu commencé à aimer le jazz ? Mon père nous faisait écouter beaucoup de musique dans la voiture, mais j'ai vraiment découvert le jazz à travers le hip-hop, en m'intéressant aux samples qui étaient utilisés. Des groupes d'acid jazz comme Jamiroquaï m'ont familiarisé avec le jazz. Mais c'est surtout grâce au hip-hop, à Ganstarr, Pete Rock, J Dilla que je suis venu au jazz.

      Tu faisais des beats hip-hop avant non ? Oui, j'ai fait beaucoup de hip-hop, je traînais toujours chez Deal Real Records sur Carnaby Street et j'adore le hip-hop anglais.

      Est-ce que la scène de Peckham a été importante dans ton héritage musical ? Oui, je pense qu'être à Londres est une chance parce qu'il s'y passe beaucoup de choses. Du grime, du garage, du hip-hop, plein de concerts… J'ai beaucoup écouté Universal Soldiers ou Frantic Frank. La scène londonienne est particulièrement riche, c'est génial d'avoir pu grandir avec ça.

      Comment décrirais-tu Peckham aujourd'hui ? C'est une scène qui vibre particulièrement fort aujourd'hui. C'est intéressant d'assister à ce changement parce que Peckham n'a pas toujours été comme ça. C'est un endroit qui a beaucoup évolué, qui regorge aujourd'hui de jeunes créatifs qui amènent leurs univers, ouvrent des boutiques. Il y a des disquaires comme Yam Records, et c'est génial de voir le quartier changer juste devant ma porte, alors qu'avant il n'y avait rien de tout ça.

      Quelle est ta relation avec le Worldwide festival ? J'ai signé un album sur le label de Gilles Peterson, Brownswood Recordings. Plus tard, il m'a invité à venir jouer au Théâtre de la Mer, on s'est toujours très bien entendus. Je passe souvent voir l'équipe à la radio aussi. C'est sans doute le meilleur festival que j'ai fait ! Il y a une atmosphère très positive. Les artistes y sont très libres et le public extrêmement réceptif. Il y a une connexion très particulière entre les gens ici. Quand tu regardes autour de toi, tu sens que les gens sont présents à 100% et hyper unis. En tant qu'artiste, ça n'a pas de prix.

      Qu'as-tu pensé du live de Sun Ra Arkestra ? C'était un moment spirituel, c'était magnifique. Le son, le cadre, les gens ! J'avais peur que le son sonne étrange dans le théâtre, mais au contraire. Et voir Marshall Allen se produire sur scène, wow. Il a 93 ans et pourtant son énergie est intacte, son amour du jazz aussi. Je pense qu'on a tous été très chanceux d'assister à un tel spectacle ce soir. C'est historique.

      Tu es à la fois musicien et DJ. Tu y vois une forme de complémentarité ? J'ai été initié à la musique par des DJ, c'est eux qui ont forgé ma culture musicale. J'aime improviser, à la fois quand je joue et quand je suis sur des platines, donc finalement j'ai une approche assez similaire du live et du djing. 

      Crédits

      Texte : Micha Barban-Dangerfield

      Photographie : Roddy Bow

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      Tags:musique, worldwide festival, sète, gilles peterson, théâtre de la mer, bradley zero, henry wu, prequel, nubya

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