ajak deng quitte l'industrie du mannequinat qu'elle juge trop raciste

Après une décennie passée à dénoncer le racisme latent dans l'industrie de la mode, la mannequin met fin à sa carrière.

par i-D Staff
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24 Février 2016, 11:34am

Image via Instagram

Depuis qu'elle s'est faite repérer en 2008, Ajak Deng, mannequin, est une des australiennes les plus en vogue dans le monde entier. En dix ans de carrière, elle a défilé pour Dior, Louis Vuitton, Valentino, Marc Jacobs, Chloe ou Jean Paul Gaultier et posé pour les plus grands photographes. Malgré son succès, Ajak vient d'annoncer sur Instagram qu'elle ''mettait désormais fin à (s)a carrière de mannequin.''

Sur son compte, Ajak a expliqué qu'elle se retirait de l'industrie car elle ne 'supportait plus "l'hypocrisie ambiante et les faux-semblants. La vie est trop courte pour vivre ce genre de bêtises.'' Elle a également annoncé qu'elle repartirait pour l'Australie, sa terre natale pour vivre la vie qu'elle mérite. "Une vie réelle.'' 

Son agent, Stephen Bucknell, n'a pas tardé à commenter les propos d'Ajak, arguant qu'elle ne pourrait pas mener sa carrière de mannequin en Australie, étant donné le peu de place que l'industrie offre aux mannequins de couleur, là-bas : ''Les australiens bookent les filles de type caucasien, ils dépensent tout pour qu'elles s'envolent à Los Angeles mais j'attends toujours de voir débarquer des filles moins européennes.''

La famille d'Ajak a fui le Soudan pour l'Australie en 2005. Avant qu'ils ne s'installent ensemble, Ajak perdait sa mère, atteinte de Malaria, dans un camp de réfugiés au Kenya. En dix ans de mannequinat, Ajak n'a cessé de faire entendre sa voix, pointant du doigt le racisme latent et quotidien qui sévit encore, en toute impunité, dans l'industrie. En 2014, elle confiait : ''Je retourne à Melbourne, ma maison, et j'entends quelqu'un me dire 'Tu ne viens pas d'ici' et moi de répondre 'bah j'ai grandi ici. De quel droit ne suis-je pas d'ici ?''

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