cosmo pyke, l'antidépresseur de la brit pop (qui tombe à point)

Skateur, mannequin et musicien, cet ado du sud de Londres a le monde à ses pieds. i-D l'a rencontré à l'occasion de la sortie de son premier EP – la bande-son de votre printemps.

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11 Avril 2017, 9:35am

Des étoiles plein les yeux et le monde à ses pieds, Cosmo Pyke est en train de devenir l'un des grands espoirs de la scène artistique londonienne. Skateur, mannequin et musicien, il fait partie de cette nouvelle génération, qui aime toucher à tout. Donnez-lui une bombe de peinture et il vous fera un chef-d'œuvre, mais sa véritable passion c'est la musique. Né et élevé à Peckham, Cosmo a le sud de Londres dans les veines. Inspiré par le monde multiculturel dans lequel il a grandi, sa musique offre un aperçu de sa vie trépidante et des rencontres qu'il a fait sur son chemin. Puis il y a ces clips. Prenez Social Sites par exemple, qu'il a tourné dans dans la maison de sa grand-mère, ou Chronic Sunshine, où on le voit faire du vélo dans son quartier et sortir avec ses potes. Au sein de la nouvelle vague d'artistes qui vendrait leur âme pour un selfie sponsorisé, Cosmo est comme une bouffée d'air pur au cours d'une belle journée ensoleillée.

Que fais-tu et pourquoi ?

Je fais de la musique pour illustrer ma vie et ma jeunesse parce que je ne m'en souviendrais certainement pas dans 20 ans ! Donc c'est un peu comme de la photographie.

À quel point est-ce que ton éducation t'a forgé ?

Mes parents ont déménagé à Peckham il y a 20 ans et m'ont eu moi et mon grand frère. Depuis mon quartier a beaucoup évolué de manière négative. Des agences immobilières et des cafés ouvrent partout alors qu'il n'y en a pas besoin. Je pense que mon éducation et le fait d'être anglo-jamaïcain m'ont rendu conscient de l'agonie du multiculturalisme que j'aime et que j'observe dans ma petite ville du sud de Londres.

Qui ou qu'est-ce qui t'inspire ?

Ma famille, mes amis, ma vie et tout ce qu'il s'y passe.

Comment décrirais-tu ton esthétique ?

Assez insouciante je pense.

Peux-tu nous parler des vidéos pour Social Sites et Chronic Sunshine ?

J'ai tourné Social Sites dans la maison de ma grand-mère avec une Bolex analogique, parce que j'adore cette esthétique. Reuben Bastienne Lewis, Amy Douglas Morris et Padraig Morrisey se sont occupé de tout donc il faudra leur poser des questions pour en savoir plus !

Concernant Chronic Sunshine, le clip était censé donner une image de moi au naturel, c'est pourquoi on a utilisé une caméra numérique et que je me balade dans mon quartier.

Que penses-tu de l'état de l'industrie artistique aujourd'hui ?

Aujourd'hui je pense que la façon dont l'industrie artistique traite les jeunes est assez pourrie. On n'a pas tous des gueules d'Instagram. Il y a plein de jeunes comme moi dans ma bande et dans tout le sud-est de Londres qui n'ont pas la chance d'être entendu simplement parce qu'ils ne se déplacent pas aux soirées modes et n'ont pas de réseaux. Dédicace à Elliott Long, Ezra Lloyd Jackson, Tara Lily Barua et plein d'autres…

Comment décrirais-tu ta génération en quatre mots ?

Emblématique, compréhensive, émotionnelle et incomprise.

Quels sont tes futurs projets ?

Des choses complètement différentes.

Quels sont tes espoirs pour le futur ?

Devenir un chanteur et compositeur à succès. Et découvrir des endroits que je n'aurais jamais cru connaître un jour.

Credits


Texte Tish Weinstock
Photographie Reuben Bastienne-Lewis

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