ne cherchez plus, les meilleurs clips (et titres) de mai sont tous ici

La bromance AlKpote <3 Katerine, le retour surprise d’Ateyaba, le rap aquatique de Lala&ce et l’alter égo japonais de Serge Gainsbourg… ce mois de mai, voici les 19 titres qu’il ne fallait pas manquer.

Pongo - Chora

« J’ai envie de transmettre de bonnes émotions à tout le monde, que même ceux qui ne comprennent pas les paroles se sentent libres en écoutant ma musique. Libres de danser, de s'exprimer, de ne pas se sentir opprimés, de ressentir toutes les émotions possibles. » confiait Pongo à i-D en septembre dernier lors de la sortie de son premier EP « Baia ». Ex-recrue du tonitruant Buraka Som Systema - groupe portugais d’origine angolaise à qui l’on doit le retour du kuduro sur la scène internationale - Pongo mène sa carrière solo et se prépare à une tournée française cet été. En attendant, elle vient de livrer le clip de « Chora », douce invitation à rejoindre la piste de danse avant d’enchaîner sur « Tambulaya ». Et de se déchaîner.


Alkpote + Philippe Katerine - Amour

Quel est le point commun entre Alkpote et Philippe Katerine ? On doutait d’en trouver un jusqu’à ce que les deux se retrouvent invités par Lomepal pour un freestyle entré dans l’histoire de Planète Rap. Affublé d'un bob et d'un tee shirt de Noël, Philippe Katerine restait fidèle à lui-même en répétant « je ne suis pas un héros » de sa voix nasillarde tandis que l’Empereur entrecoupait ses phrases de sa ponctuation préférée – « pute » donc. On leur découvrait en partage un certain sens de l’autodérision et de la langue française. La bromance continue avec « Amour », un feat spécial fête des mères dans lequel ils partagent leur vision des femmes, dans le même pull de Noël.

Tshegue - M'Benga Bila

Le duo revient avec un nouveau maxi, Telema – un condensé d’énergie brute, de percus et de transe, tout ce qui nous séduisait déjà chez eux il y a deux ans tout pile lorsqu'on rencontrait Faty pour la première fois. Pour le clip de M'Benga Bila, Faty et Dakou déambulent dans les rues du 18 e, à la façon de Leos Carax dans son film Mauvais sang. « On a pu lire qu’avec ce clip, on avait embelli le 18e. Mais nous, on n’a rien embelli du tout, on n’a pas balayé les trottoirs avant de tourner ! C’est juste notre 18e tel qu’on le connaît, notre quotidien, notre histoire », déclaraient-ils pour i-D.


Injury Reserve - GTFU (Feat. JPEGMAFIA & Cakes da Killa)

Les rappeurs Stepa J. Groggs, Ritchie With a T et leur producteur Parker Corey forment Injury reserve, un trio qui bouleverse la scène hip-hop depuis 2015. Leur album éponyme jusqu’alors incomplet est (enfin) sorti en mai, et comprend notamment « GTFU », une collaboration prestigieuse avec Jpegmafia et Cakes da Killa. Il y a quelques semaines, le groupe a mis en place une installation proche de la performance dans une galerie de Los Angeles : 60 personnes se sont assises dans un White Cube pour écouter d’une traite le fameux album. On y voit les spectateurs s’impliquer mollement jusqu’à la sixième minute, moment où les têtes commencent enfin à balancer : c’est l’effet « GTFU », un morceau trap énergique et puissant qui s’inscrit dans la tradition du rap US et tout en assumant ses tonalités pop - un mélange hautement addictif.

Lala &ce - WET (Drippin')

Lala&ce nous avait laissé il y a tout juste deux mois avec « Serena », un son lourd et sensuel accompagné d’un clip dans lequel elle enchainait les gorgées de rhum, au calme, entourée par ses bonnes copines. La revoilà avec Wet (Drippin’), deuxième extrait de son album à paraître le 7 juin : à l’image, les palmiers entourent la piscine, la mer mouille le sable et les filles ont chaud. Dans les oreilles, la voix de Lala, circule comme un sirop sucré. Lorsque vous aurez appuyé sur repeat, vous comprendrez que c’était de la lean.

Latanya Alberto - Recognize it

On ignore à peu près tout de Latanya Alberto – si ce n’est qu’elle est (très) jeune, basée à Amsterdam et qu’elle compose elle-même sa musique. Il y a quelques mois, elle nous impressionnait déjà avec « Care Less », une balade puissante et sensuelle en préambule à son premier EP « Ruminate ». Quatre morceaux portés par une voix intense et des sentiments à fleur de peau, à ranger tout près de ceux qui font du renouveau de la scène r’n’b féminine l’un des mouvements les plus intéressants du moment.

Akiko Yano - Iroha Ni Konpeitou

S’il fallait trouver un équivalent français à Akiko Yano, ce serait peut-être Serge Gainsbourg tant on craint de trop simplement qualifier sa musique de « variété » – ce qu’elle est mais qu’elle dépasse par sa très juste utilisation de musiques traditionnelles. Saint Graal de la pop nippone des années 70 (la city pop), son chef-d’œuvre Japanese Girl de 1976 s’est récemment vu réédité par We Want Sounds Records. Devant l’engouement général, le label revient ce mois-ci avec la réédition d’un autre disque de l’ancienne compagne de Ryuichi Sakamoto, Iroha Ni Konpeitou, « l’un de ses plus funky », peut-on lire sûr Bandcamp.

Flying Lotus - More (feat. Anderson .Paak)

Ça y est, Flamagra, le sixième album du Californien Flying Lotus, est sorti. Le mois dernier, on entendait discourir David Lynch sur le premier extrait, et ce mois-ci c’est le protégé de Dr Dre, Anderson .Paak, qui décroche un clip pour son featuring. Un animé psyché dont la réalisation a été confiée à Shinichiro Watanabe, père des séries animées japonaises Cowboy Bebop ou Animatrix.

Eden Dillinger – Cypher

Le squale du rap français lâchait il y a quelques jours son nouvel opus #OFFSHORE dont il accompagnait la sortie de 6 clips coups de poings. Il n'a pas été tâche facile de n'en retenir qu'un mais le plus réussi selon nous, est celui de « cypher », dans lequel Eden Dillinger déroule son rap en noir et blanc – un truc proche du grime, ponctué par quelques sursauts lysergiques. "Yah, yah, yah, yah" scandent de petits requins en 3D. Pour ceux qui ne le savaient pas encore, Eden Dillinger a fait du requin son animal totem (une nouvelle manie chez les rappeurs ?) et en assume pleinement la symbolique. Le flow agressif, les dents acérées, la trajectoire bien tracée, le rappeur s'infiltre dans le super-ordre de son espèce, dominant et puissant. Laissez passer.

SebastiAn - Thirst

Sans aucun doute, c’est l’un des albums les plus attendus de 2019. Ce premier titre, Thirst, vient briser un silence long de huit ans, et ce dans les règles de l’art : un style familier qui a évolué, un gros cliffhanger et un clip réalisé par son pendant cinématographique, le violent et controversé Gaspar Noé. Produite par Saint Laurent (qui se paye déjà SebastiAn pour ses défilés depuis 2016), la vidéo donne vie à l’un des fantasmes préférés du réalisateur : une bagarre nocturne dans un club sordide, en plan séquence tournoyant sous des néons criards.

Blood Orange (Feat. Puff Daddy, A$AP Rocky, Tei Shi) – Hope

Vous ne pouviez pas passer à côté de ce bijou. Dans son titre « Hope », Dev Hynes, humble, se retire au second plan, derrière son piano à queue, pour laisser la part belle à un trio magique composé de Puff Daddy, ASAP Rocky et Tei Shi. Le clip, sorti il y a quelques jours est d’une perfection rare : des tableaux mouvants (pensés et réalisés par le compositeur lui –même) s’y enchainent dans une intention impressionniste : il n’y a pas de narration, d’histoire, pas de début ni de fin et pourtant, tout la beauté du monde de Dev Hynes y est dite. En boucle.

Di-Meh - Big Foot feat. Daejmiy

Le dernier projet avant l’album, c’est comme ça qu’il faut voir Fake Love, le gros quinze titres du chef de file de la scène rap helvète sorti le 10 mai dernier, forcément. Seuls les Belges Caballero & JeanJass font ici figure d’exotisme dans les featurings qui tendent davantage le mic à la propre clique de Di-Meh, celle du SuperWak, soit Varnish La Piscine, Malaka (dont on vous en disait déjà tout le bien) et Daejmiy, nouvel espoir du rap suisse qui éventre cette lourde production de Klench Poko.

Faye Webster - Flowers (feat. Father)

« Où caser cette fille », c’est la question qu’on se pose à l’écoute de Faye Webster, hésitant entre pop, indie folk, americana ou r’n’b. À 21 ans, l’artiste d’Atlanta signe son deuxième album Atlanta Millionaires Club et chope tout le monde par surprise tant par son indéniable talent de composition que par ses improbables mélanges des genres. Et c’était bien la réaction qu’elle voulait susciter, elle, l’insolente slackeuse touche-à-tout qui portera son jersey de baseball préféré pendant deux mois jusqu’à ce qu’elle en décide autrement. Ça y est, on est amoureux.

aamourocean & Panteros666 - About You

Traversée chaotique infusée d'un romantisme virginal, le morceau « About you » est le fruit d’une collaboration entre le duo Aamourocean et Panteros 666 (membre de Club Cheval). On y retrouve des paillettes et des transhumains qui échangent leurs fluides corporels dans une ambiance de réalité augmentée. Un voyage tordu et dystopique entre hardstyle et eurodance, fête foraine et raves souterraines : la bande-son idéale d’une soirée que vous rêvez de voir (très) mal tourner.

Ateyaba - Job

En 2017, Ateyaba annonçait la sortie de son Album UltraViolet pour la fin de l’année ; plusieurs fois repoussé depuis, il n’est pas encore sorti. Toujours discret, le rappeur lâche sporadiquement des inédits : après « Rock with you » et « Visions » le voilà donc de retour avec « Job ». Le morceau commence sur des notes de piano installant progressivement une atmosphère nébuleuse avant que, prodigieusement portée par une production signée Ikaz Boi – fidèle collaborateur de Damso et 13 Block -, la voix du rappeur montpelliérain ne finisse par se faire entendre dans sa nonchalance assumée. Pas de clip pour illustrer ses métaphores, mais on a bien saisi le message : l’album arrive bientôt.

Pegasvs Feat. Xuli – Drinkink with My Eyes

Le 1 ER mai dernier, un titre tout frais s’est hissé à la surface de nos boites mails comme une bouée de sauvetage : celui d’un prénommé Pegasvs, compositeur français exilé à Londres, fidèle aux beats ronds et puissants d‘Azari III et adepte incorruptible du disco power des Hecules and Love Affair. Forcément, on ne pouvait qu’adorer. Pour son clip « Drinking with my Eyes », Pegasvs a invité le poète, chanteur et danseur londonien Xuli à l’accompagner dans un registre voguing et néons. C’est l’une des plus belles découvertes de ce mois <3

Bobby Oroza - Lonely Girl

Avec « Lonely girl », single onirique aux tonalités old school, le crooner finlandais Bobby Oroza explore les thèmes de la réalité virtuelle et de la mélancolie amoureuse. Dans son clip réalisé par Danny Akalepse, il invoque désespérément l’amour qui lui échappe toujours. Bobby n’arrive pas à fixer l’image de sa chimère plus d’une seconde, mais personne ne vous empêche de rejouer son calvaire pour égailler ou étayer vos moments de déprime – toujours un peu mis en scène comme chacun sait. Si vous ne résistez pas à ses charmes, sachez que « Lonely girl » fait partie de This Love, un album de 12 pistes qui nous ramène avec une douce nostalgie à l’époque du 45-tours.

Kobo – Nostalgie x Succès

Le rappeur belgo-congolais Kobo vient de passer l’épreuve du premier album : il a choisi de l’intituler Période d’Essai et pour nous c’est du tout cuit, le contrat sera renouvelé. Pour fêter ça, Kobo a fait appel aux talents du réalisateur 4ntoine Besse qui signe pour lui un clip construit en diptyque : « nostalgie x succès ». Dans le premier volet, rattrapé par ses démons en armure qui dansent sur ses rimes, Kobo revient sur une histoire d’amour échouée – « tu peux reprendre ton coeur, nous deux c’est la fin. » –que l’on comprend sacrifiée sur l’autel du succès dans la partie face du clip. « On m’a dit que le succès a un prix, tout se paye quand t’atteints la ligne d’arrivée. » Quoi qu’il en soit, Kobo esquisse un nouveau champ de possible et de sensible dans le rap belge qui avait tendance, en ce moment, à se reposer sur ses tonnes de lauriers.

Tyler, the Creator - EARFQUAKE

Vous ne le saviez peut-être pas encore, mais Tyler, the Creator interviewé par Tracee Ellis Ross est ce qui manquait à votre vie. Crescendo ironique et sentimental, le clip d’ « EARFQUAKE » égale la perfection du morceau, montrant le rappeur mettre littéralement feu à la scène. Tyler y délaisse sa fameuse « deep voice » pour explorer les aigus et donner la réplique à Playboy Carti. Le morceau inaugure une longue complainte, fil rouge de tout l’album IGOR ; et dans un élan presque épique – doublé d’un effet d’image digne d’un clip de Claude François, Tyler lance « Don’t leave, it’s my fault », refrain enjôleur qui tourne à l’obsession. On ne saurait que trop vous conseiller d’écouter – et de regarder « EARFQUAKE », qui (comme tout l’album) s’achève sans s’achever : un synthé en suspens suggère l’affliction du chanteur calciné.

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