avec les enfants terribles des cités moscovites

Pour son nouveau clip réalisé par Nicolas Davenel, le trio français KCPK nous embarque en bas des tours de béton de la capitale russe où règnent violence, sexe et pouvoir.

par VICE Staff
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01 Mars 2016, 2:55pm

KCPK : 4 lettres sibyllines qui rappellent franchement l'acronyme d'un parti soviétique déchu. Si vous ne le connaissez pas encore, KCPK est un groupe rémois aux accents soniques multiples et aux références musicales fugaces. Fabrice, l'ainé du trio, nous raconte la formation du groupe au bout du fil et nous explique : "Dans la bande, c'est moi le plus vieux. Tu vois, j'ai vu Iggy Pop quand j'avais 13 ans. Je pense que nos différences d'âge nous ont permis de balayer un grand nombre de territoires musicaux. Il nous a fallu plus d'un an et demi pour nous mettre d'accord sur le premier morceau !" Si le trio n'a de cesse de faire le grand écart entre différents répertoires, le fil rouge de sa musique tient à l'élan épique, presque martial, qui caractérise l'ensemble de ses morceaux et assure une apothéose à chaque titre.

Cette ascension, c'est Nicolas Davenel qui s'est chargé de l'interpréter en image pour leur dernier clip Who Wants It. Produit par Elias Belkeddar chez Iconoclast, le clip du jeune réalisateur reprend l'ensemble des codes du genre gangster et le transpose dans une Russie corrompue et violente. Entre les tours des cités dortoirs moscovites, des gamins s'embarquent dans un réseau de trafiquants et entament leur ascension vers les sommets d'un business qui promet sexe, argent et pouvoir. Une escalade que Davenel déroule aux rythmes des élans martiaux de KCPK. Alors qu'on s'essouffle, la nouvelle recrue de cette bande de malfrats gravit sereinement les échelons, passe des caps et réaliste sa perte triomphale sous les yeux ébahis des générations qui lui succèderont. "La boite que l'on voit circuler incarne le pouvoir. Ce qu'elle contient n'a pas d'importance. Elle est le fil rouge qui permet de passer de génération en génération et de percevoir la transmission du pouvoir." Du bas des tours où les gamins perdent leur innocence en jouant les méchants aux vastes appartements luxueux des grands bandits, le pouvoir se lègue comme un testament maudit.

Encore une fois, KCPK réalise une fine fusion entre rock, hip-hop, électro et rassemble l'ensemble des codes esthétiques qui les caractérisent. Pour ça, le groupe a eu l'intelligence de laisser carte blanche à Nicolas Davenel et au rappeur STS qui scande un ego-trip et chante son ascension jusqu'au sommet de la ville. Bref, un clip cinématographique et un titre marathonien qui ensemble, donnent le vertige et font (presque) rêver de banditisme.

Credits


Texte : Micha Barban-Dangerfield
Photographie et vidéo : Nicolas Davenel

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