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      musique Antoine Mbemba 24 mars 2017

      columbine, rap breton et sérieuse satire

      Le collectif de Rennes sort le clip Rémi, de quoi nous tenir en haleine jusqu'à la sortie de l'album le 21 avril.


      Depuis 2014 et depuis sa banlieue de Rennes, un groupe de potes secoue le rap breton, et le rap tout court, avec une approche bien à lui. Entre la dépression ado, le white-trash et le romantisme enlevé. Plus qu'un groupe, Columbine est un collectif multidisciplinaire, au son, à la vidéo, à la prod, peut-être à l'humour, qui s'articule autour d'un duo de rappeurs, Foda C et Lujipeka. Il y a presque trois ans, sur YouTube, est certainement passé sous vos yeux le clip de Vicomte, brillante satire d'un rap de riche qui compte aujourd'hui près de trois millions de vues.

      C'étaient eux, petit pull noué sur les épaules, bouteille de Dom Pérignon dans une main, club de golf dans l'autre, qui scandaient du refrain: « Les pauvres ne savent pas, je veux bien lâcher un billet mais qu'ils ne réclament pas !» La version acidulée du Pauvres Riches de TTC, à l'époque. On y retrouvait en tout cas le même savoureux maniement du second degré, un marqueur de l'identité du groupe, qui ne s'y cantonne pas pour autant : « Charles Vicomte on le voit plus comme un personnage satirique que parodique et avec du recul c'est le seul titre dans ce genre. C'était un bon délire qu'on a voulu exploiter, pour autant ça ne reflète pas qui on est, pour comprendre la gamberge du groupe Les Prélis serait un meilleur exemple. Il y a toujours eu une part de second degré, ça fait partie de nous, mais on a toujours pris au sérieux ce qu'on fait, même dans la satire.»


      Quand nos collègues de Noisey leur demandaient en 2016
      si le nom de leur groupe faisait référence au massacre américain du lycée de Columbine en 1999, le duo répondait « Oui, mais c'est surtout une grosse référence au film Elephant. Pas pour faire une apologie de la tuerie mais plus pour le flow du film, son esthétisme et la psychologie des deux gars. C'est une ode à l'adolescence.» Difficile en effet de ne pas retrouver en eux tout ce que l'adolescence à de voltige, de provocation, d'insouciance mais aussi de pensées sombres. Tout ce qu'on pourra retrouver dans le deuxième album de Columbine, Enfants Terribles, qui sort en avril. Un album enregistré dans la même chambre que le premier, Clubbing for Columbine, sorti en janvier 2016. « Notre approche de la musique n'a pas vraiment changé. On a gardé notre spontanéité, mais on a progressé.»

      Preuve par deux, avec le premier extrait, éponyme, en février dernier, et un second, Rémi, dont le clip sort aujourd'hui, crépusculaire, campagnard, sauvage, hypnotique ; parfait écho de la mélancolie de la prod et la légèreté des flows. « On a toujours réalisé nos clips nous-même, avec nos propres moyens. C'est comme une représentation visuelle de ce que va inspirer le son. On peut toujours référer nos clips à d'autres œuvres, mais la réalisation reste intuitive et la patte Columbine est toujours là. C'est Foda qui a réalisé le clip de Rémi en imaginant les scènes, les décors, les personnages, la manière de filmer; ensuite une fois sur place on s'adapte pour réaliser ce qu'on a en tête."Ce qu'ils ont en tête, on aurait du mal à tenter un début d'analyse. On s'imagine un truc romantique et perché, suffisamment mature pour refuser de grandir trop vite. En tout cas, eux se voient enfants terribles, et sont très au clair sur ce que ça signifie :"Ça veut dire ne pas attendre qu'on vienne te chercher, mener au mieux ce que t'entreprend pendant que les autres galèrent à la fac.»

      Crédits

      Texte : Antoine Mbemba

      Photo : Melchior Tersen

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      Tags:musique, première, exclusivité, columbine, rap

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