coucou, paul hameline lance son fanzine

Le mannequin dont le nom fait rêver la mode s'est confié à i-D à l'occasion du lancement de son fanzine "Rave new World", demain soir à Paris.

par Felix Petty
|
21 Juin 2016, 4:05pm

Paul Hameline est un mannequin qui n'endosse pas que le simple rôle de porte-manteau. Un mannequin devenu star de la mode underground parisienne, habitué des comptes Instagram des photographes Collier Shorr et Willy Vanderperre, de stylistes comme Lotta Volkova, et qui a foulé les podiums de Maison Margiela, Vetements et Prada. Mais au-delà de tout ça, Paul est un artiste qui a travaillé les imprimés pour les collection homme d'Ann Demeulemeester et continue d'explorer le collage, la vidéo et la photographie. Un gars qui n'est revenu dans sa ville, Paris, qu'après avoir été diplômé de l'ECAL, à Lausanne. Son travail absorbe le monde qui l'entoure, ses goûts musicaux et cinématographiques, de Death in June a Pier Paolo Pasolini. Il n'y a qu'à se plonger quelques instants par son hilarant compte Instagram pour saisir ses influences.

Tout cela, cette vie, cette expérience, il les a rassemblées dans son nouveau fanzine, Rave New World, dont le lancement aura lieu demain à la boutique parisienne The Broken Arm, alors que le coup de départ de la Fashion Week aura été donné. Pour Rave New World, Paul a plaqué son œil et son univers sur du papier, dans une édition (super) limitée, disponible uniquement ce dit-soir. Figurent parmi les contributeurs : Collier Schorr, Willy Vanderperre, Gosha Rubchinskiy, Peter de Potter, Pierre-Ange Carlotti, Mica Arganaraz, Anouk Rabot, Kelsey Henderson et Lea Combacal. Rave New World est le scrapbook artistique de Paul, fait du travail de ses amis, de sa communauté artistique. C'est un dialogue entre Paul et son monde, les gens qui l'inspirent et le motivent. Une sorte de journal intime par procuration, dans lequel ses amis écrivent à sa place.

Willy Vanderperre

Qu'est-ce qui t'a poussé à créer ce fanzine ?
Comme tu dois le savoir, chaque contributeur fait partie de ma vie. Tous gravitent autour de moi. Comme les aiguilles d'une montre, métaphoriquement. Les artistes présentés dans Rave New World sont tous plus ou moins liés les uns aux autres, à la manière d'un grand collectif. C'est un projet très personnel, je voulais garder une trace de cette période de ma vie. 

Le titre de ton fanzine est une référence au livre Brave New World, non ?
Ce livre m'a marqué. C'est l'un des premiers ouvrages dont l'analyse politique et sociale de la société moderne m'a parlé. Il a éclairé mon jugement critique et m'a enseigné quelques valeurs et principes que je mets encore un point d'honneur à tenir au quotidien.

Qu'est-ce que le mot 'rave' t'évoque ?
Il m'évoque un lieu sombre, embué, dans lequel il est impossible de différencier nos amis des inconnus. La musique s'empare de toi et tu peux sentir ton cœur battre à fond. Tout le monde est là pour la même raison, est animé par le même but, la même volonté. Tous ensemble, nous générons une énergie collective, nous formons une armée de sans visages.

Quel est le message derrière ton fanzine ?
Rave New World n'a pas la prétention de délivrer un message idéologique ou politique. C'est un fanzine, pas un manifeste ni un essai. Ce ne sont que 200 exemplaires, imprimés à Paris, pour mes amis et moi, pour garder une trace de ce qui a été. C'est tout. Il ne dit rien d'autre que ma mémoire. Une mémoire collective, partagée avec chacun des contributeurs du fanzine. C'est ce qui justifie le fait qu'il ne soit pas publié ni vendu avant le lancement officiel, le 22.

Collier Schorr

Qu'est-ce qu'on y trouve alors?
Mon œil et mon nom sur la quatrième de couverture ! Ce magazine ne parle pas que de moi, mais des gens qui gravitent autour de moi, mes amis et la relation que j'entretiens avec eux. Ils m'influencent, m'inspirent, me font grandir au quotidien. Donc le fanzine est 'Paul-free'. Cela dit, chaque personne qui achètera le fanzine repartira avec un poster A3 signé d'un de mes collages en édition limitée. Voilà, voilà.

Comment as-tu sélectionné ceux qui figurent dans ton zine ?
Je n'ai pas trop réfléchi, c'était assez instinctif. Chez moi, j'ai pris une feuille de papier (beaucoup plus qu'une, en vrai, héhé) et j'ai écris le nom de mes amis artistes, peintres, écrivains, photographes, stylistes, musiciens, créateurs dessus. J'ai sélectionné ceux qui figureraient dans le premier numéro de Rave New World. Je n'avais pas spécialement de critère. Mes amis sont talentueux, ils m'inspirent, ils me touchent donc ils font partie de mon zine et de mon univers. Et puisque c'est un projet bi-annuel, j'espère en ajouter au fur et à mesure !

Du coup, c'est un peu une œuvre autobiographique, non ?
Complètement. Je le décris souvent comme un journal personnel un peu schizophrène. Je m'explique. Rave New World, c'est mon journal à moi mais il est écrit par mes amis et ceux qui côtoient mon univers. Je pense que chaque personne est un immense tat de terre dont les amis, les expériences aident à modeler la forme. Je sais que chacun des contributeurs présents dans le magazine et ceux qui figureront dans le prochain ont façonné la personne que je suis aujourd'hui. Et celle que je vais devenir. 

Image via Instagram

Tu as des contributeurs préférés ? 
C'est mon bébé ce magazine. Je l'aime dans son ensemble et son entité !

As-tu des contributeurs avec qui tu rêves de collaborer ?
Non, aucun. Je ne travaille qu'avec mes amis. Donc dans un sens, c'est déjà un rêve qu'ils aient tous accepté de participer à mon projet. Je suis hyper heureux du résultat. Mais non, je ne rêve pas, je suis assez pragmatique. Je ne veux y voir que mes amis, pour la raison évidente que c'est un projet personnel. Travailler avec des gens extérieurs à ma vie effacerait ce versant intimiste du magazine.

Quels sont tes projets en cours, sinon ?
Je commence à travailler sur le prochain numéro de Rave New World. Parallèlement, je prépare un bouquin qui rassemblera mes collages et l'exposition qui suivra. 

Credits


Texte : Felix Petty

Tagged:
FASHION WEEK
Mannequin
Mode
Fanzine
paul hameline
interview mode
interview mannequin