Ferrari Concept

5 créateurs qui font bouger la mode berlinoise

Parce que l'aura underground de Berlin ne se résume pas aux néons de ses clubs, la preuve par 5.

par Marion Raynaud Lacroix
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22 Septembre 2017, 4:58pm

Ferrari Concept

Avec le soutien de Joon.

Berlin. Une ville, des centaines d'images, de mythes et de souvenirs : des skateparks aux afters en passant par le graff, la techno et le currywurst. À l'heure où les murs semblent revenir en force, il ne reste que quelques pierres de celui de la capitale allemande, ville d'ouverture, d'art et de contrastes. Est-ce la raison pour laquelle tant d'étrangers s'y sentent aussi facilement chez eux ? Peut-être. Façonnée par l'énergie qui la traverse, Berlin rayonne de l'amour que lui porte une génération d'enfants aimantée par son histoire et sa liberté.

Les possibles étaient grands dans l'industrie musicale, ils s'ouvrent désormais sur le monde de la mode. Les cool kids allemands n'ont attendu personne pour faire rêver : leur goût pour le sportswear, la fête, le cuir et le second degré a inspiré plus d'un artiste. Mais on ne se contente plus de puiser à Berlin l'énergie de l'ailleurs. Aujourd'hui, c'est l'endroit où se rassemblent créateurs et collectifs pour écrire une nouvelle page de l'histoire, la leur, celle de la ville et du futur de la mode. Tour d'horizon (subjectif) des paris les plus inspirants du moment.

Nhu Duong


Fille d'un maître kung fu et d'une couturière, Nhu Duong est née à Ho Chi Minh Ville et vit aujourd'hui à Berlin. De ce passé digne d'une héroïne de Wong Kar Waï, elle a gardé un attachement à la diversité et un goût pour les symboles forts. Entre empiècements, uniformes et habits de travail, la mode de Nhua Duong interroge la fonctionnalité du vêtement et son influence sur la personne qui le porte, parce que « sans être une forme directe de résistance, la mode peut au moins aider à orienter le développement de la société. »

GMBH

Fondé il y a presque un an par Serhat Isik et Benjamin A. Huseby, photographe contributeur de longue date du magazine i-D, GMBH a relevé le pari d'obtenir en moins d'un an une nomination pour le prestigieux prix LVMH. Désireux de construire un projet « qui représente Berlin mais qui puisse aussi fonctionner à l'international », ce collectif d'amis a puisé dans les clubs et chez les acteurs LGBT de la ville une vibration qui célèbre l'Europe et l'idée qu'ensemble, c'est vraiment encore mieux.

Ferrari Concept

Elevée à San Francisco, Paige Horinek vit désormais à Berlin, « donc on peut dire que Ferrari Concept a une âme berlinoise ». Modernité intemporelle, avant-garde sans âge : Ferrari Concept, c'est l'alliance des lignes pures conjuguée à la puissance de l'ironie. Doudounes matelassées, longs cuirs, zips à foison et rouge partout - parce que « le rouge est le noir des courageux ». Et la voiture alors ? « La Ferrari, c'est un peu la notion du cool qu'on a des sixties, le genre d'objectif matériel vers lequel on pouvait tendre à l'époque. Évidemment, le nom fait appel à nos sens primaires, il est sexy, hyper connu, très connoté. » Et particulièrement bien choisi.

Last Heirs

Ce jeune collectif international a choisi Berlin pour donner vie à ses créations conçues dans l'idée de « famille », d'entraide et de circulation des savoirs-faire. En délaissant les défilés au profit de présentations plus hybrides, Last Heirs se situe au carrefour de l'art et de la mode, en faisant de cette intersection son ressort même. Uniforme de travail et culture club, denim et pvc, noir et blanc versus bleu orange : les opposés n'ont pas fini de s'attirer, et nous avec.

Ottolinger

Les suisses Cosima Gedient et Christa Bösch se sont connues alors qu'elles étudiaient à Bâle. Elles ont vite réalisé qu'elles avaient plusieurs atouts en commun : leur humour, leur esthétique et leur curiosité en ont fait deux alliées à l'origine d'une des marques berlinoises les plus prometteuses du moment. Otto Linger pense la mode en phase avec le quotidien de la ville. « Nos vêtements ne sont pas des costumes et c'est très important pour nous. Un vêtement ne commence à prendre vie que quand il est porté. » Peinture, encre, déchirures : à Berlin, on vit vraiment et ça se voit.

Cet article a été rédigé par la rédaction d'i-D France sans influence de la part du sponsor.