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le moma ferme pour décoloniser ses collections

Vous en avez marre de ne voir que des œuvres d’hommes blancs morts depuis des siècles au musée ? Vous n’êtes pas les seuls.

par Roisin Lanigan
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07 Février 2019, 4:52pm

Still from William Pope.L, The Great White Way, 22 miles, 9 years, 1 street, 2001-2002

Cet été, le Museum of Modern Art, l’un des musées les plus célèbres de New York, va fermer ses portes au public pour quatre mois. Les galeries fermeront le 15 juin pour rouvrir le 21 octobre sous la forme d’un espace plus inclusif, particulièrement pour les artistes contemporains, traditionnellement négligés par le monde de l’art.

La réfection du MoMa, qui coûtera 400 millions de dollars, va permettre à l’institution de s’agrandir de près de 3 700 mètres carrés et de consacrer un espace aux œuvres de femmes et artistes de couleur. Cette rénovation sera également l’occasion pour le musée de changer le système d’exposition en place depuis son ouverture et qui classe les œuvres en fonction des disciplines. « Une nouvelle génération de curateurs découvre la richesse de notre collection, explique Glenn Lowry, le directeur du MoMa, au New York Times. Il y a des œuvres exceptionnelles créées dans le monde entier auxquelles nous devons prêter attention. Cela signifie que l’inattendu doit supplanter l’habituel. »

Si les pièces iconiques du MoMa, comme La Nuit Etoilée de van Gogh, seront toujours présentes, cette modernisation permettra aux visiteurs d'apprécier les œuvres d’artistes moins familiers du grand public. Plus précisément, la réouverture du musée sera l’occasion de deux expositions, des artistes afro-américains Pope L et Betye Saar. La refonte a pour objectif de faire découvrir au très nombreux public du musée quelque chose de différent à chaque nouvelle visite; les expositions devraient ainsi opérer une rotation et changer tous les six à neuf mois. Ce qui signifie que d’ici 2022, la galerie entière aura été réaménagée.

En plus des modifications apportées à l’espace de la galerie, la rénovation du MoMa coïncide avec un nouveau partenariat avec le Studio Museum d’Harlem. Le premier projet conjoint mettra à l’honneur l’artiste d’origine kényane Michael Armitage. « Nous ne voulons pas oublier notre mission première qui consiste à rassembler la plus importante collection moderniste, mais le musée ne mettait pas en avant d’artistes féminines, ni ce que produisent les artistes issus de minorités, reconnaît le président du MoMa Leon Black. S’ils étaient toujours des exceptions auparavant, ils doivent désormais faire partie de la société multiculturelle dans laquelle nous vivons. »

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