5 ovnis cinématographiques à découvrir en 2017

​Il y a des films dont on ne sort pas indemne. Des films qui échappent à l'épineuse question du genre et nous obligent à penser le cinéma comme un temple d'expérimentation. Ces 5 films nous rappellent que le cinéma n'a pas fini de se réinventer. Et qu...

par Malou Briand Rautenberg
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14 Décembre 2016, 1:55pm

Brothers of The Night, Patric Chiha, 2016

Patric Chiha a réussi à faire de son documentaire intimiste et dérangeant un véritable manifeste esthétique. Sa caméra suit une bande d'adolescents prostitués dans le Vienne d'aujourd'hui. Eclairés aux néons et trombinoscopes des bars miteux de la capitale, les kids roms de Bulgarie racontent et se la racontent face caméra, insaisissables et fiers, malgré tout. Le réalisateur de Boys Like Us continue d'analyser la sexualité trouble de personnages masculins avec Brothers of The Night, au sein duquel les contraires s'unissent : l'onirisme visuel d'un Pasolini et l'âpreté du cinéma du réel - le tout sur une bande-son enivrante, aux beats ultra-sensuels.

Black code /code noir, Louis Henderson, 2015

Ovniesque et non moins réaliste, ce film sélectionné au Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux dérange autant qu'il fascine. C'est qu'il déjoue les temporalités pour dénoncer deux événements récents, dont l'écho s'est propagé sur la toile sous le nom d'un hashtag #blacklivesmatter - le meurtre de Michael Brown et de Kajieme Powell aux États-Unis. À l'appui d'images d'archives, glanées sur internet, le réalisateur retrace l'histoire de l'esclavage et remonte jusqu'au 17ème siècle, lorsque les lois du Black Code ont été rédigées à l'intention des colonies américaines. Son but ? Prouver que ces codes, devenus algorithmes, servent la nécropolitique du gouvernement actuel, envers la population noire. Un codage que le réalisateur propose, en filigrane, de pirater pour y mettre fin.

Ickerman et Blood Machines, Raphaël Hernandez et Savitri Joly-Gonfard, 2017

Ickerman intrigue. Enfin, du moins, son teaser, lâché comme un fauve sur les réseaux sociaux il y a quelques mois. À l'origine de ce joyau futuriste, un duo de réalisateurs français (forcément un peu fous) Raphaël Hernandez et Savitri Joly-Gonfard à qui l'on doit le meilleur fan film tiré de Matrix, Kaydara. Futuriste, dans la lignée de Blade Runner et nostalgique - la bande-annonce emprunte fièrement son esthétique new wave aux années 1980 - cet embryon sci-fi risque de satisfaire notre irrépressible désir de quitter 2016 et d'accélérer le temps. En attendant sa sortie indécise, vous pouvez aider les réalisateurs à concrétiser leur tout dernier projet cinématographique, Blood Machines, en vous rendant sur Kickstarter dès à présent.

100 Years : The Movie You Will Never See, John Malkovich, 2115

Qui se souvient de Being John Malkovich ? Ce film complètement délirant orchestré par Spike Jonze dans lequel l'acteur éponyme jouait son propre rôle : soit celui d'un acteur dont on pouvait pénétrer la psyché. Personne n'a vraiment compris ce film (et ceux qui disent le contraire sont de fieffés menteurs) mais tout le monde a salué la prestation schizophrène de John Malkovich. 20 ans plus tard, l'acteur est toujours aussi créatif et ingénieux. Il est aujourd'hui à l'affiche du film le plus irritant du 21ème siècle : 100 Years : The Movie You Will Never See. Sortie prévue en salles ? le 18 novembre 2115. Le film - une histoire de science-fiction - est réalisé par Robert Rodriguez à qui l'on doit Sin City et Grindhouse. L'intention étant de : "nous questionner sur l'état du monde dans 100 ans," d'après John Malkovich. Déjà salué par Thierry Frémaux, le projet sera sans aucun doute sélectionné au festival de Cannes 2116. Prometteur, on vous l'a dit.

Jeunesse, Shanti Masud, 2015

Contempler la jeunesse. C'est l'objectif que s'est fixé Shanti Masud, réalisatrice du rêve, des fantasmes et de la tendresse. Son dernier court-métrage éponyme ne déroge pas à la règle du merveilleux. Embarqué dans un navire en pleine mer, reconstitué de toutes pièces, le spectateur participe à la conversation du capitaine Diamand (Bernard Minet, une icône de la télévision française) et du jeune matelot Luciole (interprété par Lucas Harari), deux archétypes de la candeur, pleine de fougue et d'insouciance. Ça discute amour, femmes et horizon qui file, au loin dans cet espace hors-du-temps et avec Niagara en bande-son. Un court-métrage contemplatif et nostalgique qui regarde la jeunesse comme d'autres regarderaient la mer. À découvrir sur France 2 courant 2017...

Credits


Photographie : Jeunesse, Shanti Masud

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