bandes à part : y/project

Toutes les semaines jusqu’à la fin de l'année, i-D vous présentera un jeune créateur entouré de sa « bande ». Y/Project, Courrèges, Paco Rabanne, Léa Peckre, Etudes Studio, Koché et Wanda Nylon : tous ont joué le jeu...

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nov. 23 2016, 8:05am

Glenn Martens a un faible pour les corsets, Marie-Antoinette, les grandes églises en ruine et les falaises d'Etretat. Un romantique comme seule la mode sait les enfanter. Formé (entre autres) par Jean-Paul Gaultier, ce fan de Galliano ne partage pas avec ses mentors la même vision de la femme. Là où on pouvait suspecter ses pères de secrètement rêver coller des corsets à des filles dans des cryptes frigorifiées - pour ne plus jamais les en sortir, elles sont si belles - Glenn Martens les fait plutôt trainer sur le trottoir, une pinte de bière à la main. Pas de frigo donc, mais plutôt des viscères. En corset mais pas corsetées - ses femmes sont libres, uniques et fières. Pas le temps pour les stéréotypes, les filles et les idées toutes faites : le monde de Y/project est un joyeux chaos. En deux ans, le créateur d'origine flamande a réussi à transformer une marque unisexe un peu austère en réjouissante orgie vestimentaire, tout en gagnant le respect de son milieu (il figurait parmi les 8 finalistes du prix LVMH 2016) et des acheteurs du monde entier.

« Glenn est très généreux. Toujours prêt pour partir à l'aventure. C'est l'ami rêvé, dont on a tous besoin. »  Stephanie

« Déjà que dans une femme, il y a tellement de femmes !, réplique Glenn dès qu'on lui fait remarquer qu'il a choisi trois filles on ne peut plus opposées. J'ai toujours pensé qu'on était tous extrêmement multiples. Surtout aujourd'hui. Pour ce shooting, j'ai choisi mes meilleures amies. Y'a une bombe anglaise d'origine indienne, une petite australienne d'origine chinoise énervée et une bonne vivante belge flamboyante. Et encore, résumer les choses comme ça c'est faire déshonneur à leurs complexités et leur richesse. » Elles, en revanche, le décrivent toutes de la même façon : loyal, bruyant et aventureux. Annabel et Rain travaillent toutes les deux au magazine Purple, elles ont rencontré Glenn il y a six ans via des amis communs. « On avait le même âge, on venait de débarquer à Paris et on avait le même sens de l'humour » se souvient Rain. Stephanie connaît Glenn depuis l'Académie d'Anvers où « forcément entre flamands » ils se sont vite rapprochés. Aujourd'hui, elle s'occupe (entres autres) des bijoux et des accessoires de la marque de son ami. 

« La marque est cool, fun et nonchalante. Y/Project, c'est un kaléidoscope de ses amis, Paris, la vie nocturne. Avec toujours une touche du Bruges médiéval en fond. » Rain

« J'ai toujours fonctionné en bande, confie le créateur. Il y a les gens autour de moi, ceux qui m'inspirent quotidiennement, avec qui je vis et je sors. Et puis il y a ceux avec qui je travaille depuis mes débuts, avant Y/Project même. Ursina Gysi, qui est styliste, Arnaud Lajeunie, photographe et Robin Meason, qui s'occupe de ma presse. Bien sûr tout cela se mélange tout le temps. Mais je ne pourrais jamais faire tout ça tout seul. Je suis très fier de mon entourage. » Il fallait le voir ce matin-là habiller ses amies, convaincre Stephanie de tenter la mini-jupe « t'as des jambes magnifiques, faut les montrer. Qu'est-ce que c'est sexy ! » ou dire à Rain en exultant « Ah ben là voilà mini boy un peu pupute avec les talons c'est parfait ça !! ». Fier comme un coq. Non, comme un lion. Un roi lion, qui règne sur sa savane. 

« J'avoue que dans cette combinaison en velours je me suis sentie irrésistible et très forte. La perfection. » Annabel

Credits


Photographie : Phil Engelhardt assisté de Gwénaëlle Trannoy
Réalisation : Xenia May Settel
Texte : Tess Lochanski
Make-up : Aya Fujita assistée de Son Semi
Hair : Sumiyo Kyoshima assistée de Hiro Niino