tout le monde est libre à bruxelles (la preuve par 6)

Bruxelles, la plupart n’y sont pas nés, certains y ont grandi, d'autres ont quitté Paris pour elle. Ils sont jeunes artistes, musiciens, performeurs, danseurs, comédiens et tous parlent de Bruxelles comme on parle d’amour.

par i-D France
|
25 Octobre 2016, 10:30am

Irène Bouzin, 21 ans (ci-dessus)

Que fais tu dans la vie ?
Je suis danseuse et j'étudie les arts de la scène. Je passe mon temps en cours ou à m'entrainer avec mon groupe de danseurs. Un jeune collectif, composé de 4 artistes : Stanislas, Naim, Jonuz et moi-même. Nous étudions tous l'art et nous retrouvons dans la danse. On est comme une famille qui se retrouve pour réaliser des projets, développer notre danse, faire des battles ou voyager.

Qu'est-ce que tu écoutes en boucle en ce moment ?
J'écoute majoritairement du hip hop, de la house ou du rap. Mais mes crush musicaux sont souvent des voix féminines. De Erykah Badu à Mabel, en passant par Willow Smith, avec une touche de M.I.A.

Pourquoi Bruxelles ? Qu'est-ce que tu aimes le plus dans cette ville ?
Je me déplace souvent à travers l'Europe pour danser. Et Bruxelles est un «petit village» à proximité de grandes villes comme Amsterdam, Berlin, Paris, Londres. Ce qui permet d'avoir une certaine accessibilité avec d'autres cultures et univers artistiques. C'est ce qui a permis aux 4 personnalités du collectif de se réunir. Aucun d'entre-nous n'a les mêmes origines et pourtant c'est ce qui crée notre force et notre unité. C'est la multi-culturalité et ses influences diverses qui donnent son charme à Bruxelles.

Où sors-tu le soir ?
Notre point de rendez-vous c'est «Le Tigre», un bar qui se trouve à Flagey. C'est là-bas que notre soirée débute. Après c'est la magie bruxelloise qui opère : un bon Dj en club, une soirée underground ou de nouvelles rencontres définissent le reste de la soirée.

Si tu pouvais changer une chose dans le monde, ce serait quoi ?
Enseigner ce qu'est le travail de fourmi. Chaque brique crée l'édifice de l'avenir. C'est une responsabilité et un travail collectif.

Quelle est ta définition de la liberté ?
Etre capable de se développer et devenir la meilleure version de soi-même.

Qu'est-ce que tu comptes faire ce soir ?
Danser ou continuer à travailler sur les projets en cours. On finit par devenir accro aux efforts acharnés et au travail sans relâche. Il n'y a que cela qui paie.

Où te vois-tu dans cinq ans ?
Mon intention est de réussir à me surprendre. Je me vois dépasser les objectifs que je me suis fixés aujourd'hui, c'est ma seule prédiction.

Melissa Rondeau, 27 ans

Que fais-tu dans la vie ?
Bonne question. En vrai, je suis danseuse/performer. Je crée aussi mes pièces. Je donne des cours de danse contemporaine. Je fais de la gravure aussi, et puis je bosse dans une boutique de fringues.

Qu'est-ce que tu écoutes en boucle en ce moment ?
Kamuran Akkor - Ikimiz Bir Fidaniz

Pourquoi Bruxelles ? Qu'est-ce que tu aimes le plus dans cette ville ?
Je suis arrivée il y a 5 ans pour rejoindre mon copain de l'époque, qui est flamand. Et puis aussi parce que j'avais quelques contrats de danse en Belgique. Bruxelles est une ville de paumés. C'est une ville pour les gens qui ne savent pas d'où ils viennent et où ils vont. Les gens passent ici, ils cherchent, des fois ils trouvent et ils s'en vont. Ce qui est beau dans cette ville, c'est que tu peux vraiment disparaitre sans même quitter la ville. Moi, j'aime bien.

Où se retrouve la communauté créative de Bruxelles ?
Ca dépend ce que tu cherches parce qu'elle est vraiment partout. Des concerts au café central, au Barlok, dans les maisons des copains qui organisent des évènements, sur le scènes des théâtres alternatifs ou non, dans les ateliers, dans les studios de danse, dans les centres culturels où tu peux te retrouver à échanger tes plantes, dans la rue, dans la tête des bruxellois...

Si tu pouvais changer une chose dans le monde, ce serait quoi ?
Le système politique. Classique

Quelle est ta définition de la liberté ?
Selon moi, la notion de liberté à tout à voir avec la notion d'universalité. Ça me détend. Te sentir minus face à l'immensité ça t'apprend à rester droit dans tes bottes, à ouvrir, élargir, à comprendre et respecter les lois universelles. Alors tu peux survivre et trouver ta place, ta liberté dans le système, chose inconcevable par ma nature mais je tends vers une alternative délicate : acceptation de la peur, du doute, de l'ombre. Accepter le néant c'est bien, tu ajoutes à ça un amour inconditionnel équilibré envers tous et tout ça te permet alors de créer un espace pour toi et pour les autres. C'est harmonieux, c'est chouette, et puis ça devient une réponse à tout, c'est source de vie et de création. C'est bien l'amour bordel.

Qu'est-ce que tu comptes faire ce soir ?
Je vais voir une conférence de Vandana Shiva au théâtre national sur les urgences et les défis alimentaires !

Où te vois-tu dans cinq ans ?
Dans les choux.

Leclercq Grimaud, 23 ans

Que fais tu dans la vie ?
Je crée des vêtements.

Qu'es-ce que tu écoutes en boucle en ce moment?
Les derniers morceaux de Sleigh Bells.

Pourquoi Bruxelles ? Qu'est-ce que tu aimes le plus dans cette ville ?
Parce que j'y ai grandi et pour sa taille humaine et son métissage.

Où sors-tu le soir ?
C'est difficile de trouver à Bruxelles en ce moment des soirées où l'on peut exprimer une certaine excentricité, que j'aimerai voir. Certaines soirées avaient cet esprit avant mais sont devenues trop lucratives et ont perdu l'envie de faire plaisir. Après si c'est juste pour danser, je vais au Fuse !

Où se retrouve la communauté créative de Bruxelles ?
Dans les écoles d'art ! Bruxelles en possède un bon nombre. Les étudiants fréquentent les mêmes cours théoriques, sortent dans les mêmes bars, voient les mêmes expositions et dansent aux mêmes soirées. C'est comme ça que les connections se font.

Si tu pouvais changer une chose dans le monde, ce serait quoi ?
Atténuer l'ignorance et la peur, que j'observe actuellement.

Quelle est ta définition de la liberté ?
La liberté pour moi, c'est d'arriver à faire des choses que j'aime et ce malgré les contraintes du quotidien !

Qu'est-ce que tu comptes faire ce soir ?
Coudre !

Où te vois-tu dans cinq ans ?
Ailleurs! À New York ou dans un pays inattendu.

Céleste Joly, 25 ans

Que fais tu dans la vie ?
Je fais du dessin.

Ce que tu écoutes en boucle en ce moment ?
Farflung - the Dead Sea.

Pourquoi Bruxelles ? Qu'est-ce que tu aimes le plus dans cette ville ?
Parce ce que j'aime son architecture, la mentalité des gens ici, c'est une ville à taille humaine, la bière Belge.

Où sors tu le soir ?
Au Chaff , M4, Barlok...La boutique où j'aime le plus aller est une super librairie qui s'appelle Peinture Fraîche.

Où se retrouve la communauté créative de Bruxelles ?
On peut rencontrer quelqu'un de créatif à chaque coin de rue, le boulanger peut être beaucoup plus créatif qu'un élève en école d'art. En parlant d'école d'art il y en a pas mal à Bruxelles « la Cambre, l'ERG, les Beaux-Arts ...». Bruxelles est une ville super dynamique, les vernissage fleurissent toutes les semaines, il est difficile de faire le tour de tout ce qu'il y a à voir, après il y'a des endroits chouettes comme le Wiels, Bozar, le Musée des Beaux-Arts.

Si tu pouvais changer une chose dans le monde, ce serait quoi ?
Il y a tellement de choses à changer, il est difficile d'en choisir une, je dirais le capitalisme et tous ses dommages collatéraux, le racisme, Donald Trump et Marine le Pen. Une prise de conscience collective concernant les efforts à faire pour au moins essayer de garder les ressources naturelles de notre planète.

Quelle est ta définition de la liberté ?
La liberté est un concept créé de toute part, je ne pourrais pas définir ce mot ! Je dirais juste qu'il faut faire attention à son voisin.

Qu'est-ce que tu comptes faire ce soir ?
Regarder un film dont j'ai cité une réplique plus haut : Alphaville, dessiner dans mes petits carnets!

Où te vois-tu dans cinq ans ?
Wouah, géographiquement à Amsterdam, Copenhague, Tokyo ....

Mika Oki, 26 ans

Que fais-tu dans la vie ?
Je suis en dernière année à la Cambre, j'y crée des installations mêlant lumière, video et son. J'organise également des expositions et performances dans la fenêtre de mon salon comme vitrine pour y présenter des pièces, des performances quand l'envie me prend.

Qu'est-ce que tu écoutes en boucle en ce moment ?
« 27 Karat Years » la dernière perle d'Henry Wu en collaboration avec Tito Wun.

Pourquoi Bruxelles ? Qu'est-ce que tu aimes le plus dans cette ville ?
Bruxelles est un melting-pot de communautés, de richesse culturelle, artistique et musicale. Les deux domaines dans lesquels je travaille. Ce qui me plait surtout c'est la qualité de vie. Avoir un grand espace dans lequel créer et vivre.

Où sors-tu le soir ?
Le Recyclart est l'endroit où j'aime le plus sortir. Lieu d'expo, salle de concerts et soirées dans une ancienne rame de métro.

Où se retrouve la communauté créative de Bruxelles ?
Je dirais St Gilles et Ixelles. Mais il y a de plus en plus d'ateliers qui ouvrent vers Anderlecht, Molenbeek et Schaerbeek pour avoir des espaces encore plus grands.

Si tu pouvais changer une chose dans le monde, ce serait quoi ?
Retirer la soif de pouvoir à l'homme.

Quelle est ta définition de la liberté ?
Arriver à vivre le plus simplement possible.

Qu'est-ce que tu comptes faire ce soir ?
Je vais au festival Influx, cinq soirs de lives électro-acoustiques diffusés dans un acousmonium, un aquarium sonore de 80 enceintes.

Où te vois-tu dans cinq ans ?
Toujours à Bruxelles... ou à Lyon si je retourne en France.

Pierre-Yves Long, 23 ans

Que fais-tu dans la vie ?
Je suis étudiant en Photographie à l'ESA le 75 et à côté je fais de la musique.

Qu'est-ce que tu écoutes en boucle en ce moment ?
Les groupes Part Time et Chrome.

Pourquoi Bruxelles et qu'est-ce que tu aimes le plus dans cette ville ?
Je suis arrivé ici il y a deux ans pour reprendre des études, un peu sur un coup de tête. Je ne connaissais pas du tout Bruxelles et j'ai tout de suite aimé l'échelle humaine de la ville. L'ambiance n'est ni trop calme ni trop nerveuse, c'est cet équilibre qui me plaît.

Où sors-tu le soir ? As-tu des endroits de prédilection ?
Là où il y a des concerts qui m'intéressent comme au Magasin 4 où au Barlok. Au Botanique et au Beursschouwburg pour les salles moins alternatives. Dans le centre il y a aussi une bonne prog au Chaff, à Madame Moustache ou encore au Café Central. J'aime beaucoup les concerts en appart à Homeplugged. Et sinon je suis principalement dans les bars de Saint-Gilles où chez mes amis.

Où se retrouve la communauté créative de Bruxelles ?
Au Brass, au Wiels, dans les galeries lors des vernissages et évidemment dans les bars.

Si tu pouvais changer une chose dans le monde, ce serait quoi ?
Que l'on prenne plus le temps de regarder ce qu'il y a autour de nous.

Quelle est ta définition de la liberté ?
Essayer de dépendre du moins de choses possibles.

Qu'est-ce que tu comptes faire ce soir ?
Faire un peu de musique puis peut être aller boire une bière.

Où te vois-tu dans cinq ans ?
Aucune idée, pourquoi pas à l'étranger.

Credits


Photographie et interviews : Margaux Nieto