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et si on parlait du nouveau style de justin bieber ?

À mi-chemin entre les white-trash et les férus de streetwear, les « scumbros » incarnent la tendance la plus excitante de la mode actuelle. Et Justin Bieber en est le roi.

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sept. 21 2018, 11:17am

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Si vous aviez besoin d’une preuve supplémentaire pour vous convaincre que Justin Bieber est l’homme le plus cool et le plus incroyablement bien habillé du monde, nous vous conseillons de lire (avec beaucoup de recul) ce récent article de Hadley Freeman dans The Guardian. Un texte dans lequel elle tente douloureusement de saisir le concept évolutif qu’est le streetwear et décrypte une tendance de la mode baptisée scumbro.

« Quand le Wall Street Journal a diffusé une série de photos de célébrités cochant les cases les cases de cette tendance du scumbro, écrit-elle, le prix de leurs vêtements est monté en flèche, alors même que les hommes présentés dans l’article avaient simplement l’air de s’être perdus dans la panière à linge sale d’un gamin de 14 ans. » LOL. L’image utilisée pour illustrer l’article montrait Justin Bieber portant un hoodie Vetements x Tommy Hilfiger et une casquette jaune fluo. Ce qui n’a vraiment rien de scandaleux par rapport à la tendance du moment.

« Les scumbros portent des fringues de skate oversized, trop chères pour ce qu’elles sont, comme Palace et Supreme, des t-shirts aux graphiques obscurs, des chaussures ridicules et des couvre-chefs encore plus ridicules, continue la journaliste. Mais ils portent aussi des marques de luxe, comme Gucci, Versace et Prada, en faisant bien attention de très mal les porter. » Et pourtant, ma chère Hadley, le style de Justin Bieber et le mouvement scumbro dans lequel il s’inscrit est la chose la plus excitante de la mode en ce moment.

C’est à Vanity Fair que nous devons l’avènement du terme « scumbro », l’expression menswear la plus intrigante et intéressante de la saison, au diapason du cycle frénétique de la mode. Le style a d’abord été adopté et relayé par une presse niche, puis moqué par les journaux généralistes avant d'être récupéré par les tabloïds sous le thème « regardez ces célébrités qui ne savent plus s’habiller ! » Le scumbro est un conglomérat de plusieurs tendances récentes. Mais c’est avant tout une version psychédélique du fuckboy, la mise en avant délibérée d’une mode « moche » passée au filtre du normcore et du fluo qui fait loi en 2018. Ajoutez à cela une dose correcte de LSD et vous tenez le scumbro. Une goutte de weed, une décoloration et des fringues délavées. L’icône du style scumbro est certainement Matthew McConaughey, et l’attitude de Patrick Swayze dans Point Break est une fidèle représentation de celle qu'emprunte tout membre en devenir de cette bande de cool kids dégénérés. L’équilibre entre le côté hippie de Los Angeles, le compte en banque infini et un ego de célébrité indomptable. Il y a pire.

Le scumbro se base sur ce contraste subtil entre le beau et le débraillé. C’est pourquoi Justin Bieber s’est imposé comme le leader naturel des scumbros. C’est peut-être la moustache qu’il a récemment poussée qui a consolidé cette position. Une fine moustache que l’on verrait bien sur le second rôle d’un film dont l’action se joue dans un motel américain miteux. C’est sans compter sur sa longue chevelure de surfeur bossant dans une station-service au milieu du désert.

Il fut un temps où Justin Bieber était la star au style vestimentaire le plus ennuyeux. On se demandait, en ce temps, qui pouvait lui conseiller des tenues aussi nulles. Un jean rouge avec des sneakers imprimé léopard, par exemple. Détestable. Mais heureusement, comme le font tous les gosses célèbres, Justin a commencé à partir en toupie. Il a commencé à mettre des droites aux photographes, à pisser dans un sceau en criant « Fuck Bill Clinton » et à abandonner un singe en Allemagne.

Un grand moment pour Bieber, et un grand moment pour la culture en général. Une sortie de route d’une année complète qui l’a fait passer du bébé mignon mais insupportable à une véritable popstar, adulte. Un mouvement qui s’est confirmé avec ses collaborations avec Skrillex et Diplo et des tubes imparables. Il a désormais le corps recouvert d’assez de mauvais tatouages pour que ça en devienne cool. Il est sorti avec une tonne de mannequins, dont probablement quelques Kardashian-Jenner et a passé plusieurs années à se séparer de Selena Gomez.

Il est aujourd’hui fiancé ou secrètement marié à Hailey Baldwin, a changé et a émergé – probablement pour la première fois de sa carrière – comme une véritable icône mode. La période Purpose a eu du bon, mais Justin y mettait un peu trop du sien. Toujours en quête de la nouvelle tendance, mais jamais vraiment avant-gardiste. Tout pour être vraiment mainstream. Mais les choses ont changé : aujourd’hui, c’est Bieber qui dicte l’air du temps. Et je prédis ici avec confiance que tout le monde s’habillera comme lui l’été prochain.

Il y a une quinzaine de jours, Bieber a arboré à LA un look que j’affectionne tout particulièrement. Il portait une chemise hawaienne avec des manches aux trois-quarts, un short en jean et des tongs Adidas. D’une médiocrité étrangement magnétique. Un mirage sorti des années 1990. Le genre de star qui a la capacité de transformer un basique en petite révolution mode.

Il a ensuite été aperçu en train de courir dans New-York, sans tee-shirt, portant un short rouge vif, des chaussettes jaunes et bleues, des Vans à damier blanches et rouges. Et à Londres, jouant de la guitare à Hailey Balwin devant Buckingham Palace vêtu d’un hoodie tie and dye.

Un style détendu, modeste et irrévérencieux. Trop farfelu, trop peu flatteur, trop mémorable. Facile pour le Guardian de se moquer de lui. Mais de manière décisive, on dirait que Bieber s’est libéré de l’injonction à suivre une horrible mode mainstream et qu’il a forgé son propre sentier psychédélique. Aussi cool que confortable. C’est drôle, sympa et adorable.

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