la techno d'irène drésel ne sonne pas comme les autres

La musicienne sort aujourd'hui le titre « Icône » en avant-première sur i-D. Un morceau de techno puissante qui garantit, comme d'habitude avec Irène Drésel, une saisissante montée.

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mai 31 2018, 10:38am

« Tu sais quand tu secoues ta tête super fort jusqu'à ce qu'un sentiment d'étourdissement se fasse sentir... Eh bien c'est un peu ça le sentiment général de ce morceau, » explique Irène Drésel. On souscrit, mais on vous rassure, c'est le bon genre d'étourdissement et celui qui vivote dans tous les morceaux de la musicienne - dont nous vous avions déjà parlé les années passées. Chacun de ses morceaux se tient comme une pièce évolutive, hypnotisante, souvent hallucinée. Entre techno ambiante, electronica, on ne sait pas trop par quels traits cerner le son d'Irène Drésel mais il étourdit et emporte, ça c'est certain. C'était le cas de « Lutka » en 2016, puis de « Rita » l’an dernier, extrait d’un EP au même nom. Depuis ? Un été de festivals, un passage sur la place de l'Hôtel de Ville de Paris pour le Fnac Live, un Printemps de Bourges, les premières parties de Rone – dont une au Zénith dans deux semaines – et un retour en 2018 avec un premier morceau « Medusa », clippé en mars, et qui vient d'être complété aujourd'hui par « Icône », « un morceau très techno et aussi assez mental, avec des sonorités minimales au début et une montée en puissance progressive. »

La musique d'Irène Drésel, il faut à la fois s'y jeter sans trop penser mais aussi l'écouter attentivement. Il s'y passe beaucoup de choses, tout le temps. « J'essaie de rester le plus authentique possible. J'écoute surtout mon for intérieur. C'est le seul juge de ma production et de la manière dont je mène ma vie en général. Quand j'ai composé ce morceau « Icône » je voyais un enchaînement de micro-mouvements car il se passe un nouvel événement toutes les quinze secondes environ. Le premier titre de l'EP s'appelle « Medusa », en référence à cette héroïne de la mythologie grecque qui changeait en pierre tous ceux qui la regardaient. Medusa nous rend aveugles, l'Icône, elle, est une image qui nous emmène vers l'imperceptible. Il y a donc toute cette symbolique du passage du visible à l'invisible dans chacun des deux titres. » Irène Drésel ne fait rien comme tout le monde. Même là où l'on pourrait voir dans l'utilisation du mot « icône » un clin d'œil pop à un terme souvent galvaudé, Irène fait référence « aux images pieuses ou aux statuettes ouvrant sur le monde de l'au-delà. On regarde une image, on la fixe, pour se connecter par la force de l'esprit avec l'effigie du saint ou du dieu représenté. C'est fou quand on y pense, non ? » Si elle n'est « ni dévote ni fanatique de quoi que ce soit », nous on embarque chaque fois dans ses sonorités sans discuter ni réfléchir, et la techno bondissante du morceau « Icône » aura une fois de plus visé juste.