Les 7 looks les plus cultes de Jane Birkin

Des mini-jupes Paco Rabanne au célèbre sac qui porte son nom, la chanteuse d'origine britannique demeure la figure féminine emblématique de la fin des années 60 et des années 70.

par Zoë Kendall
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02 Avril 2020, 5:30am

Jane Birkin n’est pas seulement une des icônes culturelles parmi les plus populaires et éternelles, elle constitue aussi la figure indétrônable du style de la fin des années 60 et années 70. Pour rappel, l’actrice et mannequin anglaise, depuis naturalisée française, s'était dans un premier temps illustrée sur la scène londonienne des Swinging Sixties, durant laquelle elle joua plusieurs rôles dans des productions alternatives comme Blow-Up de Michelangelo Antonioni ou Wonderwall de Joe Massot. Mais le tournant, pour sa vie comme pour notre culture populaire, se produisit sur le plateau du film Slogan, lorsqu'elle rencontra l'un des plus grands génies du XXème siècle, Serge Gainsbourg, dont elle devint la muse et avec lequel elle s’installera à Paris pour fonder une famille tout en menant une carrière musicale prolifique. Et si la musique de Birkin, sur les paroles et les airs de Gainsbourg, demeure éternelle, c'est aussi le cas de son style.

"Brit" vivant à Paris, Jane sut imposer un style singulier, mêlant l’excentricité anglaise à l’insouciance française. Un style classieux, pour reprendre le néologisme gainsbourien, qui marque encore les esprits. Les contradictions inhérentes à sa garde robe, à la fois sage et sexy, décontractée et élégante, farouche et sensuelle, sont au coeur même de ce style si unique et convoité, dont les inspirations se font toujours ressentir dans les défilés aujourd’hui. Quand l’été arrive, le style Birkin infuse nos feeds Instagram (pensez par exemple à l'obsession passagère pour les paniers en osier en 2017). Fervente habituée des jeans et t-shirts, Jane savait faire des exceptions, toutes très remarquées, par exemple avec la fameuse mini jupe Paco Rabanne. En plus d’avoir inauguré certains des éléments les plus essentiels de la « it-girl » moderne, elle inspira la création d’un des accessoires de luxe les plus convoités : le Birkin.

i-D se penche sur les looks les plus iconiques de Jane Birkin et examine les raisons de son succès intemporel. Retour sur quelques éléments essentiels de culture générale et esthétique.

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Photo by WATFORD/Mirrorpix/Mirrorpix via Getty Images.

En séance shopping à Paris, avec un panier en osier, 1970

L’héritage vestimentaire de Jane débute avec son accessoire le plus iconique : le panier en osier. Ce fameux panier portugais, elle l’avait acheté sur un marché londonien dans les années 60. « Il ne m’a plus quitté, » raconta-t-elle à Vogue. Et c'est peu dire : le sac rustique à couvercle la suivi dans les grande-surfaces parisiennes, dans ses folles sorties avec Serge et même sur le tapis rouge du festival de Cannes (tout de même embelli pour l'occasion avec un foulard en soie). Accessoire complice, son fourre-tout tressé l’accompagna également au bistro parisien Maxim’s, où elle l’utilisait pour discrètement subtiliser les couverts en argent. L'histoire de Jane et son panier se termina pourtant en queue de cerise. Au début des années 80, son compagnon d'alors, Jacques Doillon, écrasa sauvagement le sac tant aimé de Jane alors qu’il faisait marche arrière, le détruisant pour de bon. Malgré cette fin tragique, le panier reste présent dans notre mémoire collective, grâce aux hommages témoignés par des créateurs contemporains comme Jacquemus.

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Photo by Yves LE ROUX/Gamma-Rapho via Getty Images.

A l'avant-première de Slogan, 1969

Bien avant Carrie Bradshaw et sa petite robe beige DKNY, Kendall Jenner et sa lingerie La Perla, et même avant Cher au Met Gala de 1974, il y avait Jane Birkin dans sa robe en maille. Moment déterminant dans l’histoire de la robe transparente, le look provocateur de Jane à l’avant-première de Slogan incarne le style à la fois un peu sainte-nitouche et très sexy de l’actrice. Jane expliqua par la suite à Vogue Paris : « Je n’avais pas réalisé qu’elle était si transparente. C’est l’effet du flash de l’appareil photo du photographe. Si j’avais su, je n’aurai pas mis de petite culotte ! »

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Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images.

Au Gala de l'Union des Artistes, 1969
Si le style de Jane est resté si fascinant, c’est aussi largement grâce à son charisme et sa joie de vivre. S’exprimant au sujet de son look durant les années 70 lors d'une interview avec Leandra Medine, Jane rappela qu’elle « avait l’habitude de fabriquer ses propres vêtements, c’était drôle à l’époque. » Pour preuve, ses looks excentriques-chics sur les tapis rouges. Au Gala de l’Union des Artistes de 1969, Jane porta une longue robe crochetée mise à l’envers et attachée avec une broche à hauteur du nombril. Au festival de Cannes, en 1974, elle rafistola sa robe en velour rose avec un collier de perle en guise de ceinture et, bien sûr, son fidèle panier. Ses tenues de soirées mémorables sont nombreuses, parmi lesquelles une robe Belle Époque signée Yves Saint Laurent, cette robe longue à sequins dans laquelle elle se trémoussait avec Serge chez Régine et un dos nu mémorable à l’avant-première de Wonderwall en 1969.

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Photo by Gilbert TOURTE/Gamma-Rapho via Getty Images.

En Paco Rabanne, 1972
Couturier de nombreuses chanteuses-actrices yé-yé, mais avant tout de Françoise Hardy et de Brigitte Bardot, deux autres grandes interprètes de Serge, le designer Paco Rabanne était l’enfant terrible de la mode française, avec ses robes métalliques d’avant-garde en cotte de maille. C’est donc naturellement qu’il perçut en Jane, tout aussi excentrique, l’égérie parfaite. En effet, Rabanne fut à l'origine de certains de ses looks les plus mémorables au travers des années 70. Dans l’un de leurs portraits les plus iconiques, Jane et Serge sont revêtus de cols roulés argentés signés Paco Rabanne, qui ont plus l’air d’armures que de vêtements. De la robe, qui apparaît sur la photo ci-dessus, elle raconta à Medine : « J’ai du enlever environ 25cm de métal en dessous pour que l’on puisse voir mon short. »

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Photo by PICOT/Gamma-Rapho via Getty Images.

Rue de Verneuil, 1973
Jane lança sa carrière musicale en 1969 grâce à son duo pour le moins provocateur, Je t’aime… moi non plus que son compagnon Serge Gainsbourg avait écrit quelques temps plus tôt pour Brigitte Bardot (mais le titre enregistré ne fut pas publié, le mari jaloux de Brigitte s'y opposant). Le titre, sublimé par la voix de Jane, atteint la première place en Angleterre, mais fut interdit de diffusion dans plusieurs pays européens, dont la Suède et l'Italie, pour son contenu érotique explicite, bien que pourtant fondamentalement moral (songez à l'une de ses paroles "L'amour physique est sans issue"). Après s’être installée à Paris, Jane décida de se concentrer sur la musique plutôt que sur le cinéma.

Cette décision marqua le début d’une carrière musicale prolifique, comprenant 13 albums, dont le dernier Birkin / Gainsbourg : le symphonique est sorti en 2017. Sans même parler de ses apports majeurs aux albums de Serge, comme le cultissime et conception Histoire de Melody Nelson. Ici, nous voyons Jane photographiée dans son studio chez Serge, dans la mythique demeure de la Rue de Verneuil, à l’époque de la sortie de son premier album solo Di doo dah. Elle y porte une de ses tenues les plus emblématiques : une chemise féminine, un short en jeans, des bas noirs et des petits talons.

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Photo by Alexis DUCLOS/Gamma-Rapho via Getty Images.

En concert à Paris, 1987
Les looks des années 60 et 70 ont beau être restés dans les annales, d'autres tout aussi remarquables datent des années 80, 90 et au-delà - c’est Jane elle-même qui l’admet. Dans l'interview susmentionnée à Vogue, elle affirme : « Je trouve que je suis devenue plus intéressante à 40 ans. C’est là que j’ai commencé à porter des marcels de coton écossais, des chemises pour homme agnès b., des pantalons larges avec une petite ceinture en cuir rouge et des baskets sans lacets. » C’est cette tenue exacte, à la ceinture prêt, qu’elle porte sur la photo ci-dessus, prise lors d’un concert en 1987.

Walking Hermès, autumn/winter 00
La légende raconte que l’iconique sac Birkin de Hermès fut le résultat d’une rencontre fortuite en 1983, entre Jane et le directeur général de la maison de mode, Jean-Louis Dumas, sur un vol Paris-Londres. Au moment de s’installer sur le siège voisin de Dumas , la chanteuse plaça son sac en cuir dans le compartiment supérieur mais se renversa, faisant dégringoler toutes ses affaires dans l’allée centrale. Lorsque Jane lui expliqua qu’elle avait du mal à trouver un sac de cuir qui lui plaisait (pour remplacer son fameux panier d’osier), Dumas lui proposa d’en créer un spécialement pour elle, en dessinant même une première ébauche à l’arrière d’un sachet vomitoire. Le sac à main en question fut lancé l’année suivante et devint, comme on le sait, l’un des accessoires de luxe les plus convoités. En guise de clin d’oeil à cette anecdote improbable, la chanteuse fut invitée à défiler pour la maison française pour la collection automne/hiver 2000. Elle souriait en traversant le podium, vêtue d’une tenue qui aurait pu sortir droit de sa propre garde robe : un large t-shirt blanc, un pull en col V profond et un pantalon large, dessinés par Martin Margiela.

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