Le festival Positive Education fait honneur aux femmes

Pour ce long week-end prolongé, la ville de Saint-Etienne se transforme en dancefloor à ciel ouvert.

par Patrick Thévenin
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10 Novembre 2021, 4:28pm

On vous expliquait il y a deux ans pourquoi Positive Education, qui se tient dans la petite ville de Sainté à côté de Saint-Etienne, est le meilleur festival électronique à avoir vu le jour ces dernières années. Après une édition 2020 annulée à cause de la pandémie de Covid, le festival est de retour avec un line-up haut en couleur, excitant et riche en talents. On a choisi dans cette programmation foisonnante cinq artistes femme à ne surtout pas manquer si vous aimez danser.

VAZY JULIE

Membre du collectif marseillais Metaphore Collectif, Vazy Julie, malgré son jeune âge, a déjà un beau parcours dans la scène électro avec ses passages à Positive Education ou l'indispensable web radio Rinse FM. Fan de UK breaks, de trap, de techno indus et de bass music, elle fera sautiller de concert vos petits corps en after.  

Que sais-tu de Positive Education ?

Vazy Julie : Beaucoup de choses… Un jour, je distribuerais sous le manteau la Gazette du PEF compilant toutes les anecdotes récoltées au cours des précédentes éditions, et il y en a un bon paquet croyez-moi ! Plus sérieusement, c'est à la fois un des meilleurs festivals d'Europe et un collectif d'artistes qui dessinent jour après jour le futur de la musique électronique française. C'est un phare qui clignote à toute vitesse depuis plusieurs années et attire les regards sur Saint Etienne. 

Tu y as déjà joué ?

Non jamais ! J'ai déjà participé au festival avec bien des casquettes sur ma petite tête : en tant que festivalière, en tant que community manager, en tant qu'agent, en tant que collectif invité, en tant qu'amie… mais j'ai commencé à passer derrière les platines en 2018, et je me souviens que lorsque j'ai timidement débuté Charles et Antoine (les fondateurs, ndr) m'ont soutenu, filé des sons et des tips, et surtout ils m'ont promis qu'un jour j'y jouerais. J'avoue y avoir cru moyen parce que j'ai toujours idéalisé cet événement et la programmation est d'une telle qualité chaque année que la simple idée me rendait toute chose. Ils ont tenu leur promesse, et maintenant que je me sens vraiment à l'aise avec mon projet, je suis très excitée à l'idée d'y jouer enfin.

Ça représente quoi Positive Education pour toi ?

C'est l'un des meilleurs festivals d'Europe et de loin. Pas simplement parce que la programmation est à chaque fois épatante, mais aussi parce que c'est un rendez-vous de copines et de copains très stimulant et réconfortant. Je n'ai pas raté une édition depuis ma première fois en 2017. Je connais les organisateurs et je sais qu'ils y mettent tout leur cœur et leur énergie. C'est l'histoire d'une bande d'ami.e.s partie de rien qui a réussi à monter un événement d'une telle envergure, sans concession, avec une réputation qui en ferait rougir plus d'un tant par l'aspect artistique que par l'aspect humain.

Pourquoi avoir accepté d'y jouer ?

C'était une évidence, non sans stress dès l'annonce de cette date, parce que c'est un honneur que d'enfiler une nouvelle casquette, d'avoir la chance et l'opportunité de pouvoir lire Vasy Julie sur l'affiche et représenter Metaphore Collectif, mon crew, aux côtés des boss Shlagga & Israfil a beaucoup de valeur à mes yeux. C'est aussi un honneur de placer Marseille en lettres lumineuses sur la carte de France des musiques électroniques. 

Tu vas jouer quoi ?

Mon esthétique musicale s'articule entre bass music et hybrid club, tendance hard music dernièrement. Je me cherche encore, en ce moment, j'explore pas mal l'univers tribe et trance, et j'écoute beaucoup de dubstep chelou. J'aimerais bien faire un mix de tout ça, tout en amenant une dimension lumineuse et mentale à ce que je vais proposer.

Trois artistes à ne pas manquer cette année ?

C'est super dur parce que la programmation envoie du lourd mais je dirais : Shlagga & Israfil dont je suis fan de la première heure, Katatonic Silentio et Emma DJ live, parce que je ne l'ai jamais entendu et on m'en a dit que du bien. Petit bonus : Les fils de Jacob en clôture du festival dimanche matin. Si vous ratez ça, c'est comme si vous oubliez de manger une part de gâteau le jour de votre anniversaire ! 

TO VAN KAO

Passée par la scène club de Londres avant de revenir s'installer à Paris, habituée des ondes de Rinse FM, label manager du très prometteur Paradoxe Club, proche du collectif inclusif La Créole et fashion addict cette fan de la culture cyberpunk aime les sets en forme de voyage qui font danser que ce soit à travers la techno la plus pure, l'acid-house, la bass music ou l'électro.

Que sais-tu de Positive Education ?

To Van Kao : Il s'agit de la quatrième édition d'un festival unique en son genre dans la région organisé par une belle équipe de passionné.e.s. De plus, cette édition signe le grand retour de la fête post-Covid.

Tu y as déjà joué ?

C'est la première fois que Paradoxe Club y joue. La team sera au grand complet avec Birol, Le Dom, De Grandi, Sunareht et moi-même ! On fait l'after du premier soir, autant dire qu'on est grave chaud.

Ça représente quoi Positive Education pour toi ?

C'est le festival avec une des programmations les plus intéressantes et visionnaires de la scène. Affirmée et diverse, elle met autant en valeur les talents français que la scène stéphanoise, c'est hyper stimulant. Avec la Cité du Design comme terrain de jeu et les différents Off dans la ville, le festival est un symbole fort pour la région. 

Pourquoi avoir accepté d'y jouer ?

Paradoxe Club, le label que je manage, a 5 ans cette année et on est ravi que le festival nous invite, c'est l'occasion de partager la musique que l'on aime et de célébrer cet anniversaire.

Tu vas jouer quoi ?

Surprise ! On aime mélanger plein de styles de club music mais pour ma part cela pourra aller du break à l'électro en passant par la grime !

Trois artistes à ne pas manquer cette année ?

Aho Ssan, Shygirl et Aquarian.

JENNIFER CARDINI

On ne présente plus la DJ française, héroïne des grandes heures du mythique club parisien le Pulp, boss des excellents labels Correspondant et Dischi Autunno, réclamée à corps et à cris pour ses sélections disco, techno et house érudites et irrésistibles par les meilleurs clubs et festivals autour du monde. Elle sera là pour un set suant et sensuel dont elle seule a le secret.

Que sais-tu de Positive Education ?

Jennifer Cardini : C'est à la base un classique house du duo écossais Slam sorti en 1993 sur Soma, un excellent label qui, pour l'histoire, a sorti le premier EP des légendes de la techno, les Daft Punk, en 1977 ! Depuis quelques années, c'est un des plus excitants festivals français avec une programmation à chaque fois démente.

Tu y as déjà joué ?

Non, ce sera ma première fois.

Ça représente quoi Positive Education pour toi ?

Entre le festival et le label Worst qui lui est associé, ils représentent pour moi la nouvelle génération de talents français, ils apportent énormément de créativité à leur ville et ont révélé de nombreux artistes locaux comme A Strange Wedding ou Jacques Satre. J'admire leur courage, ce n'est vraiment pas simple en France de produire un événement pareil avec la situation politique et économique actuelle, de plus j'aime l'idée que ce festival ne soit pas une fois de plus localisé à Paris, ça permet à beaucoup plus de gens de découvrir de nouveaux artistes.

Pourquoi avoir accepté d'y jouer ?

Pour toutes les raisons énoncées plus haut.

Tu vas jouer quoi ?

Venez et vous verrez, je n'ai pas l'habitude de révéler mes secrets.

Trois artistes à ne pas manquer cette année ?

Toute la programmation est époustouflante, mais s'il faut choisir je dirais Infravision, Octa Octa & Eris Drew et Lena Willikens.

CRYSTALLMESS

Dj, productrice, plasticienne, auteure, Christelle Oyiri est une des artistes les plus fascinantes et prometteuses de la scène française. Férue d'afrofuturisme, DJ hors-pair elle mélange les genres et les styles, du jazz au hip-hop en passant avec l'électro avec une dextérité et une aisance qui ne vous laissera pas une minute de répit. 

Que sais-tu de Positive Education ?

Crystalmess : Que c'est l'un des trop rares festivals français avec un line-up aussi audacieux et surprenant. No politics, just fire ! 

Tu y as déjà joué ?

Non c'est ma toute première fois.

Ça représente quoi Positive Education pour toi ?

C'est la fusion positive entre l'envie de s'amuser et d'apprendre, c'est se donner les outils nécessaires pour progresser dans sa carrière mais aussi trouver l'équilibre et le bonheur, bref c'est un peu tout le contraire du système éducatif français ! Plus prosaïquement c'est l'occasion rêvée de s'amuser tout en découvrant de nouvelles musiques qui ouvrent des horizons sonores.

Pourquoi avoir accepté d'y jouer ?

Parce que c'était une évidence !

Tu vas jouer quoi ?

De la jungle de malade, certains de mes nouveaux tracks et du Baby Sosa.

Trois artistes à ne pas manquer cette année ?

Aho Ssan, LSDXOXO et Aquarian.

MIKA OKI

Artiste et DJ franco-japonaise au sens de l'humour bien trempé, Mika Oki travaille sur la notion de spatialité, sonore comme physique. Pilier de la radio belge Lyl radio et militante pour la place des femmes dans le milieu musical, elle nous gratifiera d'un mix de UK bass, acid, jazz et IDM, en forme de chaos, parfait pour danser jusqu'au bout de la nuit.

Que sais-tu de Positive Education ?

Mika Oki : Des cocktails trop bons, un dress code blanc, des feux d'artifices, des soirées mousse et une programmation électro swing imparable. Non je plaisante, c'est pour moi le festival le plus attractif de France, j'aime dire que c'est la "jetset" de la scène alterno-deejaying car c'est vraiment le point de gravité de la scène électronique. Je ne suis pas très fan des grands festivals électroniques, encore moins depuis la pandémie, mais je sais que l'organisation est très attentive au fait de se sentir bien et à l'aise. J'ai appris que Positive Education créait une dépendance : il parait que lorsque tu y joues une fois, tu veux y retourner chaque année.

Tu y as déjà joué ?

Non et je n'y suis même jamais allé encore. J'étais censé y jouer l'année dernière mais avec le Covid tout a été annulé et je suis très contente qu'ils aient de nouveau pensé à moi. Entre DJ's il y a souvent cette phrase qui revient : "Quoi, tu n'es jamais allé au PEF ?!?!?!"

Ça représente quoi Positive Education pour toi ?

J'aime beaucoup le côté humain de ce festival et que les organisateurs soient de vrais "ravers" et conservent leurs valeurs même sur un événement de cette ampleur. Côté programmation, ils arrivent à trouver le bon équilibre entre des grands noms de la scène et des artistes plus jeunes et aventureux tout en traversant les époques et les styles avec aisance.

Pourquoi avoir accepté d'y jouer ?

Pour l'argent évidemment (rires).

Tu vas jouer quoi ?

Ce sera un voyage dans plein de directions avec des rythmes brutaux, des séquences acid brillantes, de gros bangers et beaucoup de basses. Je vais aussi en profiter pour essayer de nouvelles techniques de mixage.

Trois artistes à ne pas manquer cette année ?

Mais il y en a trop ! Je dirais Kataonic Silentio, Zoë McPherson & Glass & A Strange Wedding pour les concerts et mon adoré NVST pour les sets de DJ. Ça va être le feu !

Positive Education à Saint-Etienne du 9 au 13 novembre.

                     
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