Left: Mylena Saza. Right: Pedro Pinho

Brésil : 21 photographes à suivre

Ces artistes nous offrent un nouveau point de vue sur le Brésil d’aujourd’hui.

par Igi Ayedun
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14 Avril 2021, 10:26am

Left: Mylena Saza. Right: Pedro Pinho

Igi Ayedun est auteure et rédactrice originaire de São Paulo au Brésil. Elle a commencé sa carrière à l’âge de quinze ans, en travaillant comme archiviste pour l’une des plus grande maison d’édition au Brésil, et depuis elle a contribué à Elle, L’Officiel, Glamour, Harper’s Bazaar et plus encore. En ce moment, on peut la lire dans le récemment lancé MJOURNAL, « le premier magazine noir de mode au Brésil » ou sur FLAGCX, le réseau indépendant de communication le plus important en Amérique latine. Pour elle, « Dans une réalité très blanche et très élitiste, MJOURNAL reflète notre désir de transformer l’industrie. Je ne pense pas que nous sommes en train de créer quelque chose de nouveau, car pour moi la nouveauté vient de la scène, de la rue, avant d’arriver à nous. Mais MJOURNAL est un espace pour développer cette nouveauté, l’incarner, la structurer et ainsi la rendre visible, la célébrer et la financer ».

Igi nous présente la nouvelle scène de la photographie de mode au Brésil à travers 21 photographes à suivre.

Avec l’émergence des réseaux sociaux, la scène créative brésilienne a explosé ces dix dernières années. Oui, il y a encore des barrières importantes pour les personnes de couleur ou les communautés LGBTQIA+. Mais créer une image de mode est trop longtemps resté un privilège réservé exclusivement aux classes supérieures, celles qui ont accès à l’université, à des équipements, et qui restent bloquées, obligées de recréer une esthétique européenne.

Malheureusement au Brésil, les effets de la colonisation se font encore sentir et certains ont tendance à croire qu’une pensée doit forcément émerger du Nord. C’est collectivement très frustrant pour nous. Avant tout, il est nécessaire de reconnaitre qu’il existe toujours une classe dirigeante qui descend des colons européens au sein du Brésil. L’héritage de ces standards est déjà une oppression.

J’ai vécu à Paris, Barcelone et Londres, et j’en ai eu marre de répondre à la question « Est-ce que la mode brésilienne existe ? » comme si on ne portait pas de vêtements ou qu’on avait aucun style. La culture brésilienne est très riche : on a un ADN magique entre les indigènes d’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie. MJOURNAL a été créé pour parler des choses qui nous tiennent à coeur, présenter des artistes du Brésil, d’Amérique latine ou généralement du Sud tout en s’éloignant d’un langage de validation de classe, académique et complexe. Nous parlons d’économie, de politique de santé publique, de société, d’identité à travers l’art, le design, la mode, dans une manière simple et ouverte.

L’ambition de MJOURNAL, c’est de présenter un vision plurielle du Brésil, au delà des stéréotypes qui nous entourent, pour cultiver une manière plus démocratique de voir ce pays qui est le plus grand d’Amérique latine. Et c’est particulièrement important en ce moment si l’on considère la situation politique du pays.

La sélection qui suit reflète une génération de photographes de mode qui redéfinissent l’image de la mode brésilienne. Vous allez voir plusieurs narrations qui reflètent la réalité de l’identité brésilienne. Certains adoptent une approche documentaire sur la vie quotidienne dans les banlieues, d’autres réfléchissent à ce que signifie la masculinité aujourd’hui, ou rejettent l’esthétique dite subalterne des corps noirs. Voici 21 photographes qui ont décidé de nous regarder dans les yeux, d’aller au-delà des apparences.

Gleeson Paulino, 33, Mato Grosso do Sul 

Fernanda Liberti, 26, Rio de Janeiro

Karla Brights, 33, Quixeré, Ceará

INDIO (Victor Reiz), 24, Osasco, São Paulo 

Bruna Sussekind, 26, Rio de Janeiro 

Pedro Pinho, 29, Brasília 

Vine Ferreira, 26, Sorocaba, São Paulo 

Ivan Erick Menezes, 32, Belém, Pará 

Mylena Saza, 22, Maranhão

Helen Salomão, 26, Salvador, Bahia

Caroline Lima, 29, Salvador, Bahia 

Wallace Domingues, 25, São Gonçalo do Sapucaí, Minas Gerais

Cai Ramalho, 26, São Paulo 

Pedro Napolinário, 23, São Gonçalo, Rio de Janeiro 

Rafa Kennedy, 26, Manaus, Amazonas

Gabriela Schmidt, 31, Blumenau, Santa Catarina 

Pedro Ferreira, 24, São Paulo 

Caodenado (Jeff), 24, Votorantim, São Paulo

Edgar Azevedo, 26, Salvador, Bahia 

Brasilândia (collective), São Paulo

Mar+vin (Marcos Florentino, 27, Jaicós, Piauí + Kelvin Yule, 26, Valença, Bahia)

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