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c'est prouvé : l'addiction aux réseaux sociaux augmente les risques de dépression

Une nouvelle étude menée auprès d'un échantillon d'adolescents établit un lien inquiétant entre comportements dépressifs et heures passées devant un écran.

par Nicole DeMarco
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24 Juillet 2019, 4:32pm

Capture d'écran du film Ingrid goes west de Matt Spicer

Aujourd'hui, nous sommes de plus en plus conscients des effets négatifs des réseaux sociaux sur la santé mentale et beaucoup d'entre-nous tentent de réduire le temps passé à faire défiler des images sur nos écrans de téléphones. Mais ne nous leurrons pas : même avec les limites de temps d'écran proposée par certaines applications, il est toujours très facile de cliquer sans réfléchir sur le fameux « ignorer la limite ». Une nouvelle étude intitulée les « Liens entre le temps d'écran et la dépression à l'adolescence » vient de paraître dans le JAMA, journal pédiatrique et son constat est sans appel : un lien est établi entre la présence sur les réseaux sociaux et la dépression - il s'agit de l'une des études les plus complètes à ce jour sur le sujet.

Alors que beaucoup d'études et de recherches indiquent que de plus en plus d'adolescents sont dépressifs, très peu d'entre-elles analysent les liens entre le temps passé devant un écran et la détérioration de la santé mentale sur le long terme. En étudiant un échantillon de 3826 lycéens au Canada pendant 4 ans, les chercheurs ont conclu que chaque heure d'écran supplémentaire, que ce soit sur les réseaux sociaux, devant la télévision, ou plus généralement sur internet, accroit la sévérité des symptômes dépressifs - comme le sentiment de solitude, de tristesse ou de désespoir, chez les adolescents. De plus, chez les personnes interrogées, les jeunes femmes et les personnes socio-économiquement défavorisées sont plus largement touchées.

Comme on pouvait s'y attendre, le type de contenu consommé sur les écrans joue un rôle essentiel. Et certains chiffres du compte rendu sont inquiétants. En effet, le suivi de programmes de télévision représentant des corps idéalisés mène à une plus grande insatisfaction vis-à-vis de son propre corps et le fait de se comparer aux autres sur les réseaux sociaux encourage le manque de confiance en soi (quand est-ce qu'Instagram supprimera enfin ses fameux likes ?). Pour couronner le tout, de nombreuses recherches menées sur internet (avec l'aide des algorithmes) renforceraient ces sentiments dépressifs.

Cette étude est particulièrement importante : chez les adolescents, la dépression peut causer de nombreux handicaps scolaires et cognitifs, pouvant mener à l'abus de drogue, à des troubles relationnels profonds, à une estime de soi catastrophique ou au suicide. D'ici 2020, les troubles de la santé mentale, dont la dépression, seront sûrement la première cause de décès chez les jeunes. Il semble donc urgent de prendre les limites de temps d'écran un peu plus au sérieux.

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