soma, la maison mère de la rave tartan, fête ses 25 ans

Du tartan et de la techno ! i-D a rencontré Soma Quality Recordings, le label écossais qui a découvert les Daft Punk.

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avr. 4 2017, 9:50am

Stuart McMillan et Orde Meikle n'ont pas appelé leur label Soma Quality Recordings pour rien. Depuis son lancement à Glasgow en 1991, la maison écossaise de la rave a acquis une réputation d'excellence et de constance au sein de l'industrie. Comment ? En sortant des classiques tels que Positive Education de Slam (le groupe des fondateurs du label) et en lançant les carrières de nombreux groupes, de Surgeon à Envoy en passant par Silicone Soul et un certain duo français nommé Daft Punk - ils ont en effet été lancés par le label en 1994. Vous connaissez sans doute déjà la techno écossaise, 25 ans plus tard elle s'exporte toujours autant, notamment grâce au label qui continue son travail de recherche, de qualité et de promotion avec la légendaire tente Slam du festival T in the Park. Alors qu'un coffret célébrant les 25 dernières années de Soma vient de sortir, nous avons rencontré McMillan et Meikle pour discuter du label et de la musique de Glasgow. Bienvenue dans la rave écossaise.

Comment vous-êtes vous rencontrés ?

Nous nous sommes rencontrés alors qu'on travaillait dans un bar dans l'ouest de Glasgow et qu'on se battait pour jouer nos musiques respectives. C'est comme ça qu'on a découvert nos goûts musicaux qui étaient - et qui sont toujours - étrangement similaires. Le Djing et les productions en partenariat ont découlé de cet amour pour la musique.

Existait-t-il une scène techno à Glasgow à l'époque ?

Il n'y avait pas de scène techno à Glasgow à l'époque. La plupart des clubs passaient un mélange de soul, de funk, d'électro et de house. La première fois qu'on a entendu les sons distordus de Rhythm Is Rhythm dans Nude Photo, on a compris. Ensuite on s'est intéressés aux labels de Detroit, Transmat, Metroplex, Deep Space et KMS. On a commencé Slam avec cette idée en tête, mettre en avant l'acid house de Chicago et la techno de Detroit et les habitants de Glasgow se sont de suite appropriés ces styles musicaux. Et ça continu depuis.

Quelle était votre intention en lançant le label ? Est-ce que vos objectifs sont les mêmes aujourd'hui ?

On a commencé Soma en 1991 dans l'intention de sortir de la musique électronique de qualité sans prendre en compte le potentiel commercial des groupes que l'on mettait en avant, ce que l'on essaye de poursuivre aujourd'hui. Au début nos artistes étaient tous plus ou moins locaux, mais depuis que le label a acquis une réputation internationale, le nombre d'artistes signés a lui aussi augmenté.

Parlez-nous de certaines de vos sorties préférées ?

On ne se souvient pas de toutes les sorties - il y en a plus de 3000 - donc on ne peut pas vous dire toutes nos sorties préférées. En ce qui concerne Slam, je dirais Eterna et Headstates, parce que c'est respectivement notre premier single et notre premier album. This World parce que c'était la première fois qu'on utilisait des voix. En ce qui concerne Soma, Dark Manœuvres de Envoy, Andomraxxes de Skin Trade, Alive de Daft Punk, X Track de Percy X… On pourrait y passer la journée.

Vous avez sorti la première version vinyle de Da Funk des Daft Punk. Comment les avez-vous trouvé ? Est-ce que vous avez encore des contacts avec eux ?

Nous avons rencontré Thomas et Guy à Paris après avoir joué lors d'une grosse soirée là-bas. On a gardé contact (par fax !) parce qu'ils aimaient Soma et ils nous ont demandé si on voulait entendre leurs démos. Ils nous ont envoyé une cassette et je pense que nous avons décidé de les signer avant même qu'ils aient fini leur premier morceau. Oui, nous sommes toujours en contact avec les garçons - on est allé dîner avec eux la dernière fois que nous étions à Paris - et c'est toujours sympa de les voir. Ils n'ont pas changé du tout.

Qu'est-ce que vous pensez de la scène musicale de Glasgow aujourd'hui ? Qui devrions nous écouter ?

Il y a toujours eu une scène musicale fantastique à Glasgow, mais il y a tellement de nouveaux producteurs, promoteurs et clubs qui émergent. Les plus grands artistes à Glasgow aujourd'hui sont Edit Select, Deepbass, Echoplex, Petrichor, Kode 9, Secluded et les labels comme Seventh Sign et Animal Farm.

Quelles sont les leçons les plus importantes que vous ayez apprises en étant à la tête de Soma ? Quels conseils donneriez-vous à ceux qui veulent lancer leur propre label ?

Il y a tellement de labels indépendants de musique électronique qu'il faut réussir à garder un niveau élevé et une constance dans les sorties. Beaucoup de labels ne durent pas. Il faut avant tout garder la même vision du début à la fin et ne pas essayer de plaire à tout le monde pour faire de l'argent, il faut une approche à long terme. Ne trahissez pas vos principes !

Soma25 is out now.

Credits


Texte Matthew Whitehouse
Image principale prise par les clubbeurs au Tek 2000 avec un appareil Kodak Fun Flash. Un article tiré de The Supernova Issue, No. 153, Juin 1996.