ed ruscha, bruce weber et jfk : le fanzine de collages boyo s'attaque à l'amérique

Pour son numéro 4, le magazine BOYO met à l'honneur JFK Jr. L'occasion de parler avec son créateur Patrick Waugh. D'Alasdair McLellan et de l'obsession pour les nineties.

par Stuart Brumfitt
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18 Janvier 2016, 9:05am

Le nouveau numéro de BOYO vient de sortir et, plutôt que de mettre à l'honneur une seule personnalité comme à leur habitude, il se concentre sur trois Américains qui ont inspiré le créateur Patrick Waugh. JFK Junior est en couverture du magazine, l'artiste Ed Ruscha et le photographe Bruce Weber sont célébrés à la page 44 du magazine (doublée, pour un pur plaisir tactile). Waugh, qui a travaillé avec la team artistique d'Arena Homme +, Pop et i-D a déconstruit la une de BOYO ci-dessous. 

Pourquoi faire se rencontrer JFK Jr, Ed Ruscha et Bruce Weber dans ce numéro ?
Je n'arrivais pas à me décider donc j'ai choisi de ne pas choisir ! j'aime ces hommes et l'imagerie qui découle de leur personnalité. Pour cette raison, j'ai choisi le titre ''American Crush'' pour ce numéro. Les collages de Bruce Weber sont une grande inspiration pour moi. Quand j'étais directeur artistique d'Arena Homme +, ses histoires nous parvenaient toujours par collage. J'aime ce qu'elles racontent. Son livre Chop Suey est un de mes préférés. Les images sont sublimes, donc j'en ai découpé quelques unes et je les ai recollées. 

Quels sont les mots qui accompagnent les collages de JFK Jr ?
Le leitmotiv du magazine BOYO, c'est l'obsession. Les mots qui reviennent dans ce numéro sont des citations prises de chansons pop que j'aime. Elles parlent d'amour. Je n'ai jamais aimé imposer trop de mots au lecteur du magazine, mais ces quelques citations ajoutent une voix que je trouve assez décalée.

Comment est né BOYO ?
C'était un petit fanzine au départ. Je travaillais sur plusieurs trucs en même temps donc BOYO était une publication que je sortais quand j'en avais le temps, deux par an exactement. Et puis Luis Venegas a apprécié un numéro, c'est là que j'ai décidé de faire un numéro spécial Electric Youth. 

Pourquoi un magazine comme celui-là ?
La direction artistique est devenue vraiment commerciale et lisse. Sur un shoot, le client avait toujours le dernier mot et choisissait les images donc l'idée de faire de l'image et de raconter une histoire n'était plus du tout la même qu'avant. Je pense aussi que beaucoup de jeunes photographes se tournent vers les fanzines car ils n'ont pas eu la chance ou l'opportunité d'assister de grands photographes. Et puis toute une génération se fascine pour la décennie 1990 - les magazines, les campagnes de pub - parce qu'elles ont plus de gout et de texture que celles d'aujourd'hui. C'est ce que je fais aussi. 

Depuis quand pratiques-tu le collage ?
Le premier numéro de BOYO est sorti en 2006. J'étais encore à Arena Homme+. J'avais 20 ans , j'étais stagiaire et Alasdair McLellan était encore un jeune photographe qui démarrait sa carrière, c'était super de l'assister. J'étais entouré de tous ses négatifs et je me suis passionné pour la photo. C'est l'un des photographes les plus remarquables de notre génération. Et j'adorais découper ses images. Le premier numéro de BOYO était vraiment un hommage à son travail car il m'a énormément inspiré. 

Quel est ton artiste de collages favori ?
J'ai longtemps été obsédé par Linda Sterling quand j'étais à la fac. Un livre que je consultais régulièrement, très inspirant. J'ai aussi beaucoup aimé ce que les M/M ont fait avec Björk. J'ai aussi adoré leurs campagnes pour Balenciaga. J'étais très attirée par leur approche, très humaine. Comme si quelqu'un m'avait stoppé en plein élan, alors que je regardais. C'était un travail plein d'émotions, de personnalité. J'aimais ça. J'aimais aussi cette phase du travail de Matisse : "Je suis trop vieux, je ne peux plus peindre alors je fais juste faire des découpages et décorer ma maison."

Vous avez d'autres projets ?
Je veux monter une expo l'année prochaine. Je suis content, je ne l'ai jamais vraiment fait avant. Quelque chose de tactic et d'expérienciel. Je voulais la faire à Berlin, j'ai collaboré avec pas mal de personnes qui habitent là-bas. Il y a une dureté dans cette ville qui est sincère. Plus que dans une boutique vide à Dalston, tu vois ce que je veux dire ?

BOYO issue 4 est disponible sur antennebooks.com

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