courtney love a régné sur le style des années 90 comme personne

La garde-robe de Courtney Love a été vendue aux enchères le mois dernier, l’occasion de revenir sur incroyable sens du style.

par Emma Specter
|
07 Janvier 2019, 12:28pm

La garde-robe de Courtney Love faisait l'objet d'une vente aux enchères chez Heroine le mois dernier. Au grand désespoir de certains, la vente ne comptait pas ses tenues de scène période Hole, mais des looks rangés, période adulte, parmi lesquelles on pouvait retrouver des pièces signées Hedi Slimane, Marc Jacobs ou Givenchy. On était en tout cas à des années-lumière des robes vichy déchirées ou avec des Doc Martens, auxquelles on l’associe si souvent, à tort. Courtney, la veuve rock, s'est rangée et a décidé de reverser l'ensemble des bénéfices de la vente à une oeuvre de charité.

« Je crois qu’une garde-robe est une entité vivante, qui respire. Il m’arrive, par exemple, de parler à mes robes », a-t-elle confessé à Vogue. Ah, si seulement ces robes acceptaient de nous accorder une interview exclusive ! Peu de célébrités ont vu leurs tenues aussi scrutées et décortiquées que Courtney Love. Si elle privilégie aujourd’hui l’élégance, au début des années 1990, au moment de l'envol de sa carrière musicale, son style est bien plus intrépide. Grunge, kinderwhore… appelez-le comme vous voulez. Ce qui est sûr, c'est que lorsqu’elle n’est pas occupée à jeter des friandises sur Kathleen Hanna à Lollapalooza ou à balancer son poudrier sur Madonna aux MTV Awards, Love se consacre à ériger ce qu’on qualifierait aujourd’hui de « débraillage » au rang de véritable art stylistique.

Le caractère dépenaillé des tenues fétiches de Courtney – des nuisettes transparentes, du velours, des cigarettes tenues dangereusement près de ses mèches blondes ondulées, le tout complété par des mots comme « DIVA » et « SORCIÈRE » inscrits sur son corps au feutre Sharpie – est si puissant que 20 ans plus tard, les ados rebelles apprennent encore les paroles de « Celebrity Skin » et couplent leurs Docs avec de longues robes fendues. Dans un article du New Yorker célébrant les vingt ans de l’album Celebrity Skin, la journaliste Naomi Fry distingue la robe portée par Courtney aux Golden Globes de 1997 comme étant le look qui l’a « faite passer du personnage chaotique vêtu de fripes grunge à une star des tapis rouges en Versace ». Nous pensons cependant qu’il faut tout autant rendre hommage à sa période pré-Versace. Alors en hommage à l’héritage mode laissé par Love, revenons sur certains de ses looks les plus marquants.

La quintessence de la baby doll (1994) :

1544029910897-GettyImages-866653042
Photo by Ron Davis/Getty Images

Courtney arrive à un événement D.A.R.E. où est présentée la collection de Richard Tyler ainsi qu’un court-métrage de Johnny Depp (so 1994) dans un look totalement « Lovien » : une robe de baby doll froissée accessoirisée d'un poupon en laine, le mot « SORCIÈRE » écrit au rouge à lèvres sur le bras, et enfin un « élégant » ruban violet, faisant office de ceinture.

La nuisette transparente et la cigarette (1990) :

1544030090924-GettyImages-116296772
Photo by The LIFE Picture Collection/Getty Images

Personne, j’insiste, PERSONNE, ne porte la nuisette comme Courtney.

La dentelle noire et la cigarette (1995) :

1544030273306-GettyImages-85359982
Photo by Mick Hutson/Redferns

Sur cette photo, Courtney présente une attitude très Madonna, ce qui est assez ironique, compte tenu de leur animosité mutuelle. (Veuillez noter la cigarette, le collier de perles, et la broche en forme de cœur : le diable se cache dans les détails.)

Les ailes de papillon, le tube rose et le ventre de « DIVA » (1990) :

1544031403994-GettyImages-601211714
Photo via Getty Images

Au cas où vous ne le verriez pas sous sa sangle de guitare, il y a écrit « DIVA » au feutre Sharpie sur le ventre de Courtney. Cette inscription, additionnée aux ailes de papillon et à son ensemble rose, la fait tout simplement ressembler à un goûter d’anniversaire.

La soie blanche et le diadème (1995) :

1544031309520-GettyImages-116297296
Photo by Time Life Pictures/DMI/The LIFE Picture Collection/Getty Images

C’est assez amusant de voir Courtney couronnée d’un diadème et déguisée en mariée dans une tenue assortie à celle d’Amanda de Cadenet dans la mesure où les deux jeunes femmes se sont brouillées peu de temps après. (Au sujet de cette rupture amicale, Amanda commente : « Je, euh, n’ai pas vraiment grand-chose à dire à ce sujet. ») Comme le temps file, quand on se dispute !

Le soutien-gorge apparent et les créoles pailletées (1990) :

1544031466602-GettyImages-116297859
Photo via Getty Images

Courtney a toujours irradié sur scène, et une fois de plus, avec ce look – composé de froufrous, d'une robe hippie, d'un un soutien-gorge noir apparent, de créoles, et de sa frange qui lui tombe dans les yeux – elle respire le Love.

La culotte à sequins et la couronne de fleurs (1999) :

1544031193416-GettyImages-567273329
Photo by Brian Rasic/Getty Images

Ce look sonne comme le baroud d’honneur des ensembles fantastiquement débraillés de Courtney dans les années 1990. Sur cette photo, elle nous coupe une dernière fois le souffle avec cette culotte à sequins et ces collants résille roses à Glastonbury. Son ventre gribouillé au Sharpie pour couronner le tout. Après ça, les années 2000 finissent par la rattraper, et notre Courtney renaît sous la forme d’un cygne gracile en Hedi Slimane.

Le petit chapeau au buffet d'un Planet Hollywood (1990) :

1544030792859-GettyImages-116297728-1
Photo by The LIFE Picture Collection/Getty Images

La vision de Courtney se servant des œufs brouillés au buffet petit-déjeuner du Planet Hollywood est l’image que je souhaite emporter dans la tombe. Pour plus de contenu lié à Courtney Love et à la nourriture, n’hésitez pas à vous référer à son journal sur Grub Street en 2012, vous ne serez pas déçus. En voici une entrée : « Tous les jours, Hershey - le majordome que j’ai volé au Mercer Hotel avec la bénédiction d’André Balazs – me réveille avec un gant de toilette chaud pour mon visage, un massage des jambes et une assiette de mouillettes. »

Cet article a été initialement publié sur Garage.